GEMMES ET BIJOUX SASSAN1DES
grecque
L'admirable coupe d'or de Khusrau II (PI. 144) provenant de St. Denis n'est pas seulement un
échantillon remarquable du talent des orfèvres sassanides et la pièce la plus rare qui nous reste du trésor d'un roi ami du faste, le médaillon du centre, ceint de trois rangs de rosettes en verre de couleur, nous offre, taillée dans le cristal de roche, l'image du souverain surson trône, qui est l'exacte reproduction du relief de Schapur et probablement le portrait de
Fig. 17. Hyacinthe, gemme perso- (agrandie deux fois) Buste de Sapor 1er (242 à 272) avec inscription Musée, Gotha
Sapor Ier. Un fermail d'or rehaussé de hyacinthes rouge foncé et portant en pehlevi le nom d'Ardaschir Ier donne une idée de l'art des orfèvres de la haute époque. Cette pièce rare fut retrouvée à Mayence, ce qui ferait croire qu elle y fut apportée par un soldat romain revenu du front perse.
Le merveilleux grenat oriental conservé à Gotha représentant une tête d'homme barbu coiffé du diadème et vêtu d'une toge est censé, d'après une inscription en pehlevi probablement apocryphe, nous donner le portrait
Fig. 1S. Moulage d'une
gemme sassanide
Buste d'un Grand- mage
Sect. isl. des Musées,
Berlin
CERAMIQUE SASSANIDE
de Sapor Ie' (Fig. 17). Nous penserions plutôt, avec Adolphe Furtwaengler, qu'il s'agit d'un travail grec plus ancien, sur lequel le prince sassanide aurait fait graver son nom. On a également avancé sans preuves suffisantes qu'il s'agirait du roi des Parthes Mithradates I" (174 à 136 avant J. G). Par contre, les deux belles pierres de la PI. 145 et Fig. 18 représentant de hauts fonctionnaires, "L'intendant du magasin de l'Iran" et "Le grand-mage de Mesene" portent indéniablement l'empreinte du style sassanide.
Pour la céramique, nous en serons réduits aux suppositions, tant que des fouilles systématiques des sédiments sassanides ne nous auront pas apporté des documents plus sûrs. Cet émail épais d'un bleu vert qui caractérise les débris extraits des ruines partho-sassanides dans la région du Tigre et de l'Euphrate, se trouve principalement sur des vases à anses, dont la décoration consiste en rubans dentelés, rosettes et médaillons (PI. 148 et 149).
Le plus ancien des deux vases de provenance syrienne reproduits ici accuse des formes strictes empreintes des modèles antiques, l'autre plus récent des contours plus libres et dégagés.
On peut en rapprocher un beau vase non-émaillé découvert à Kashgar dans le Turkestan chinois et conservé au Musée ethnographique de Berlin (Fig. 19). La noblesse de ses formes et sa décoration à palmettes et médaillons antiques meublés de masques de lions et de figures bacchiques témoignent de l'influence du classique jusqu'au centre de l'Asie.
Un intérêt spécial s'attache au vase remarquable de la collection Kelekian (PI. 147) émaillé de bleu turquoise, parce que le sujet du décor, traité en relief,
Fig. 19. Cruche de Kashgar dans le Turkestan oriental (h. 45 cm.) Musée ethnographique, Berlin