CÉRAMIQUE SASSANIDE
ressort directement au répertoire des formes partho-sassanides. L'attitude du cavalier est celle qu'il aurait dans les reliefs sassanides (PI. 73) ou celle de la terre cuite reproduite plus haut (PI. 54). La tête ailée au-dessous s'inspire du bas- antique.
Quant à la céramique non-émaillée, elle fut de tous temps de grand usage au pays des deux fleuves. C'est elle qui produisait ces grandes cruches dont la masse poreuse conservait le liquide frais. Mais il est tout aussi difficile d'assigner des origines à ces poteries dont la décoration emploie diverses techniques, entrelacs, empreintes, échopage, barbotine. Tout au plus trouve-t-on certains points de repère dans ces médaillons à figure également usités chez les lapidaires sassanides. La cruche à eau du British Muséum (PI. 150) décorée à la barbotine présente alternativement et à l'état d'esquisses des oiseaux et des figures féminines par rangées de quatre reliées entre elles par des rubans. Des fragments d'un vase analogue recueillis à Tekrit sur le Tigre et à Samara se trouvent au Musée Kaiser-Friedrich à Berlin. Il est hors de doute que ces figures appartiennent au cycle de l'ancien orient et reproduisent d'anciennes divinités orientales, Ninmach ou Ishtar, prises sur un modèle de la période parthe, car c'est alors que la divinité auparavant nue fut habillée d'un vêtement à manches. Ainsi ce vase remonte fort probablement au moins à la haute époque préislamique. Mais ce n'est que plus tard, sous l'Islam, que la céramique à la barbotine, dont les origines plongent dans l'antiquité orientale, devait prendre son plein développement dans la vallée du Tigre.
Nous regrettons de n'avoir pu tenir compte en ce dernier chapitre des précieuses découvertes que Pézard vient de publier sur la céramique au début de l'Islam (voir page 59).