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LES TOMBEAUX DES ROIS DE PERSEPOLIS

diverses plateformes des palais, ont permis aux sculpteurs de reliefs achéménides de déployer toutes leurs richesses. Le plus somptueux, celui qui conduit à la salle de Xerxès, offre des bandes de reliefs de 200 mètres de long (PI. 20). Involontairement on se rappelle les reliefs orthostats des palais assyriens, mais tandis que ceux-ci nous dépeignaient la vie du souverain avec une variété réaliste, combattant ou chassant dans des paysages pris sur nature, Persépolis ne connaît que deux sujets : la garde du roi et les porteurs de tribut des provinces soumises (PI. 19 à 29). Marquant les divisions, çà et là des cyprès schématiques. L'encadrement partout identique se compose de bordures à rosettes. Répétés jusqu'à la fatigue, les gardes de corps en tenue perse, leur lance devant eux, l'arc et le carquois à l'épaule, défilent sur la bande du relief, comme l'image de l'un de ces sceaux à rouleau antiques qu'on roulerait à l'infini. Mais un sens profond s'attache à cette uniformité même: c'est la puissance militaire du roi, qui ne se peut mesurer ni compter. Les porteurs de tribut avec leurs présents, leurs chars, leurs chevaux et leurs chameaux, offrent plus de diversité (PI. 24, 26). Des dignitaires de la cour précèdent les délégations, tenant leur chef par la main, et certains personnages en se retournant rompent la monotonie. Le long des degrés les mêmes figures défilent obliquement (PI. 23). A la tenue et aux armes on distingue les différentes peuplades, ainsi les Saces avec leur bachlik caractéristique, leur pagne et leurs boucliers visiblement tressés (PI. 24, 29); un fragment conservé à Berlin montre un serviteur du palais en tenue perse (PI. 28) portant sur un plateau une outre de vin.

Sauf celui de Cyrus, les tombeaux des rois achéménides se trouvent tous à Persépolis, les quatre plus anciens au-delà du Polwar dans cette paroi de rocher qu'on a nommée à cause de ses reliefs Naksch i Rustem, c'est-à-dire les images de Rustem, le héros légendaire du Schahnameh de Firdusi, les plus récents immédiatement derrière la citadelle. Les premiers sont ceux de Darius Ier' Xerxès, Artaxerxès Ier et Darius H, les seconds d'Artaxerxès II, Artaxerxès III et le tombeau inachevé de Darius Codoman, dernier de la dynastie. La PI. 31 donne le pan nord de la paroi du Naksch i Rustem, avec au fond le Tombeau de Xerxès reconnaissable à son architecture uniforme. Les opinions varient au sujet de la construction en forme de tour qui s'élève en face de la paroi, le Kaba i Zarduscht (Kaaba de Zarathoustra). Nous n'y voyons pas un tombeau, mais leTemple officiel

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