PALAIS DE PERSÉPOLIS
Fig. 2. Baldaquin du trône
Relief de la salle des Cent colonnes à Persépolis
Détail de la planche 14)
12 PALAIS DE PERSEPOL1S
égyptienne, et rehaussé de reliefs dans les embrasures. Darius fut probablement aussi l'auteur du bâtiment dit central et de la Salle aux Cent colonnes (Fig. 1, N° 8 et 9). Le groupe d'escaliers du Palais de Darius remonte à Xerxès, qui fit également édifier un palais plus vaste (Fig. 1, N° 4) et une salle d'audience dont les puissantes colonnes de 19'/2 mètres se sont en parties conservées (PI. 10; Fig. 1, N" 5). Artaxerxès III (358 à 338 avant J.-C.) fit construire à son tour un palais et l'édifice dit du S.-E. (Fig. 1,N°6 et 7).
Les reliefs des embrasures représentent tantôt des scènes du cérémonial de la cour, tantôt des épisodes symboliques des combats du Grand Roi. La PI. 13 montre Darius sur son trône avec Xerxès son successeur debout derrière lui (en réalité à côté de lui). Les détails du siège ainsi que ceux de l'estrade, supportée par les représentants des peuples soumis sur trois rangs, sont rendus avec la dernière précision. D'autres reliefs nous montrent le roi suivi de deux serviteurs l'abritant de l'ombrelle, emblème du pouvoir dans l'orient ancien, et de l'éventail, et tenant une serviette (PI. 14 et 15). Il faut considérer de près le travail du baldaquin (Fig. 2). C'est une série de bandes brodées, où des rosettes alternent avec des frises de lions ou taureaux marchant de part et d'autre du disque solaire. Le tout se termine par des franges artistement nouées. On voit au travail du sculpteur qu'il ne s'agit pas d'un tissage mécanique, mais d'une broderie à l'aiguille, car les lignes horizontales au lieu d'aller droit ondulent avec une irrégularité voulue. Les lions et les taureaux ressemblent en tous points à ceux que nous verrons figurer sur les frises émaillées de Suse (PI. 39 et 40). Très intéressante également la scène d'audience avec le souverain trônant entre les gens de sa suite et le quémandeur devant lui, dans le plus haut des six champs qui partagent verticalement la surface, les cinq quartiers étant occupés par des espaliers de gardes affrontés cinq par cinq (PI. 18).
Le roi luttant avec des bêtes et des monstres symbolise la force surnaturelle de la royauté et, d'accord avec Zoroastre, la victoire du bien sur le mal (PI. 16 et 17). Avec une majestueuse impassibilité le roi saisit de sa gauche les cornes du monstre dressé contre lui et lui pousse son glaive dans le corps, scène que la sculpture assyro-babylonienne nous a déjà rendue familière. Un certain sens symbolique s'attache sans doute à ces combats d'animaux, entre lions et taureaux par exemple, comme on en trouve plusieurs sculptés au soubassement des escaliers (PI. 20 et 21) dans des cartouches triangulaires.
Ces escaliers doubles calqués sur l'escalier principal, par où l'on accède aux