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DU COTON- POUDRE

La mauvaise fabrication du coton-poudre est le plus souvent la cause première des insuccès. Ici la moindre négligence est fatale; il suffit en efî'et que le coton ait été touché avec des doigts imprégnés d'antres

substances, ou qu'il ait été mal lavé, pour amener dans le collodion une perturbation qui jette l'opérateur dans l'embarras et à laquelle il ne peut plus remédier.

Azotate de potasse (salpêtre) desséché et pulvérisé en poudre fine 200 gram.

Acide sulfurique du commerce. 400

Mettez ces deux substances dans un vase en verre, muni d'un couvercle fermant bien, puis mêlez-les intimement à l'aide d'un agitateur en verre; vous obtiendrez une sorte de bouillie claire.

Il ne faut pas tarder à y plonger le coton, car le mélange s'épaissirait promptement.

Plongez 15 grammes de coton cardé très-fin et mêlez promptement ce coton avec le liquide, de façon qu'il en soit complètement imprégné; faites en sorte d'éviter les bulles d'air, car, dans les parties où cet air séjourne, le coton ne serait pas mouillé par le liquide. Il est essentiel pour cela de diviser le coton par petites parties que l'on plonge successivement et qui se trouvent ainsi plus facilement et plus promptement imprégnées. Lorsque vous jugez que l'imbibition et le mélange sont parfaits, vous couvrez le vase et vous laissez reposer pendant dix minutes ou un quart

d'heure au plus : il ne faut pas que le coton fasse une masse trop dure et compacte. Retirez -le alors et plongez-le dans de l'eau ordinaire, en le triturant avec l'agitateur, afin d'aider à la dissolution des grumeaux qui s'y sont formés ; lavez-le ainsi plusieurs fois en renouvelant l'eau à chaque fois; mettez-le, en vous servant de l'agitateur, dans un dernier bain d'eau additionné de quelques gouttes d'ammoniaque. Après avoir laissé reposer votre coton dans ce dernier bain pendant douze heures environ, vous le lavez de nouveau comme la première fois, jusqu'à ce que l'eau demeure limpide. Vous terminez par un dernier lavage à l'eau distillée.

Vous épongez alors le coton dans du papier de soie très-propre, puis vous le cardez et l'étendez au soleil, en le recouvrant d'une gaze légère pour éviter la poussière qui viendrait s'y mêler. On l'enferme dans un flacon bien bouché et on le conserve à l'abri de l'humidité.

Pour vous assurer que le coton-poudre a été bien préparé, posez-en quelques parcelles sur une feuille de papier blanc et mettez-y le feu; si le coton-poudre brûle vivement et sans laisser de résidus, c'est une preuve qu'aucune partie du coton n'a échappé à l'imprégnation. Vous obtiendrez alors une dissolution complète dans le mélange d'éther et d'alcool, et, le eoUodion qui en résultera ne déposant pas, vous serez

toujours sûr de la proportion des matières qui le composent.

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