TRANSPORTÉ
. Alcool à 42" 500 gram.
Éther à 62" 500
Coton 15
lodure d'ammonium 5
— de cadmium. ..... 5
Bromure d'ammonium .... 5 décigr.
— de cadmium 5
Iode pur 5
Bain d'argent à 8 p. 0/0.
L'ordre qne je viens de suivre dans l'exposé des
i72 PHOTOGRAPHIE SUR COLLODION.
propriétés inhérentes à chacun de ces collocUons rend inutile toute autre explication. L'habitude d'opérer, l'expérience mettront vite le lecteur à même de tirer le meilleur parti de ces formules. Il discernera bientôt les cas où chacune d'elles doit être employée. Cet ordre lui fournit aussi le moyen de classer à la place qui leur convient tous les coUodions ([ui ne sont pas dans notre liste, et dont l'emploi lui aurait paru bon. Après les avoir expérimentés avec soin et au point de vue de leur application aux cas que nous indiquons, le praticien pourra, en les adoptant, élargir lui-même le cadre que nous avons tracé.
APPLICATION DU COLLODION SUR LA GLACE ET FORMATION DE LA COUCHE SENSIBLE
Cette opération, bien qu'elle semble facile, demande une grande attention.
Prenez votre glace de la main gauche et par l'angle gauche, et, à l'aide d'un fort blaireau, chassez la poussière qui peut y adhérer, nettoyez ainsi les deux côtés de la glace , car la poussière qui demeurerait dessous viendrait plus tard surnager sur le bain d'argent et piquerait la couche.
Versez ensuite sur le milieu de la glace une quantité suffisante de collodion pour couvrir toute sa sur-
face; inclinez en avant, puis en arrière, pour que la liqueur s'étende sur tous les points en évitant que le collodionne passe au-dessous; rejetez doucement l'excédant dans le flacon en tenant la glace par un angle et lui imprimant un mouvement de balancement. Ce mouvement, destiné à répartir le liquide également partout, ne doit pas être fait avant que l'excédant ne se soit en grande partie écoulé, car il se formerait alors des inégalités d'épaisseur donnant à la couche l'aspect d'un ciel tout moutonné de nuages. Je ne commence à remuer ma glace ({ue lorsque le coUodion en excès ne s'en échappe plus que par gouttes.
On doit, pendant cette opération, regarder la glace en transparence, afin de se rendre compte si la couche est bien uniforme et d'éviter les stries en accélérant ou en ralentissant le mouvement de la main qui remue la glace. Il se produit souvent des imperfections occasionnées par un grain de poussière, un fil de coton, une bulle d'air surtout, qui arrêtent l'écoulement du liquide, l'amoncèlent en cet endroit. Il faut alors précipiter l'opération précédente et verser immédiatement une nouvelle couche sur la première.
Ce moyen de deux couches étendues successivement est excellent aussi lorsqu'on veut obtenir un cliché très-vigoureux, ou bien encore lorsque le collodion a peu de corps et qu'on veut l'épaissir. Dans
ces deux cas, avant de mettre la seconde couche, il est nécessaire de laisser prendre un peu la première. Il faut surtout éviter de laisser le coUodion revenir sur lui-même et de retourner la glace, soit pour l'immerger dans le bain d'argent, soit après ce bain, pour la faire poser dans le châssis. Au moment d'étendre le coUodion, on doit examiner le goulot du flacon et le débarrasser des lamelles de collodion desséché qui le tapissent presque toujours, et qui, entraînées par le liquide qui les dissout à demi, viennent salir la couche.
Si, malgré toutes ces précautions, on n'était pas arrivé à obtenir une couche parfaitement unie, pure et sans défaut, il ne faudrait pas hésiter à rejeter cette glace, car, quelle que fut l'excellence des opérations ultérieures, l'image risquerait d'être défectueuse dans quelques-unes de ses parties les plus essentielles.
D'après ce que je viens de dire, on doit comprendre combien il est important de n'opérer que sur des glaces parfaitement nettes, sans poussière et sans impuretés. La suite des opérations fera sentir qu'il faut en outre que la glace soit débarrassée avec grand soin des dépôts qui se forment souvent à sa surface, et qui sont parfois très-tenaces. Voici le mode de nettoyage que j'emploie :
D'abord je prends la précaution de marquer
chaque glace par un de ses coins ; cette in arque faite au diamant m'indique le côté qui doit porter la couche de collodion. Comme dans les opérations, des réductions d'argent se produisent sur la surface nue de la glace et forment des dépôts très-difficiles à enlever ; pour éviter les dangers d'un nettoyage insuffisant, j'opère toujours sur le même côté, sur celui qui a déjà porté une épreuve.
Les glaces qui ont déjà servi doivent séjourner d'abord dans un bain d'acide nitrique. Après les avoir lavées à l'eau, on les frotte avec un mélange de tripoli et d'alcool, à l'aide d'un tampon de coton ou de papier de soie blanc; on les laisse sécher dans cet état jusqu'au moment où l'on veut s'en servir : elles se trouvent ainsi à l'abri de l'humidité qui, sans cette précaution, s'y fixerait et dont on ne les débarrasse pas toujours facilement.
Au moment d'employer la glace, vous essuyez le tripoli qui la couvre avec un tampon bien sec, vous frottez encore avec un nouveau tampon, en versant quelques gouttes d'éther sulfurique ; la projection de l'haleine vous indiquera alors s'il reste des parties impures : dans ce cas, ne craignez pas de recommencer le nettoyage en entier.
Cette opération du nettoyage est très -importante et elle est trop souvent négligée.
BAIN d'argent
Con^position du bain d'argent suivant les saisons
et la température :
En hiver.
Eau ^ 100 gram.
Azotate d'argent 10
Au printemps. — A l'automne.
Eau 100 gram.
Azotate d'argent 8
Eyi été.
Eau 100 gram.
Azotate d'argent 6
Il est important que le bain d'argent soit maintenu à une température moyenne, la préparation s'y fait bien plus régulièrement. En hiver, si l'on ne prend pas cette précaution , la couche sensible est trèslongue à se former , elle se fendille , des marbrures d'un aspect plus pâle se produisent, ces parties ne sont pas assez riclies en iodure d'argent et l'image est plus faible en cet endroit. En été, la chaleur occa-
■1 . Jp me ser.-i d'eau fie S(Mne ])our nies bains d'argent.
sionne des perturbations dans le bain d'argent, des voiles très-opaques en sont souvent la conséquence ; quelquefois les parties transparentes.de l'épreuve s'empâtent et sont comme enterrées; enfin la couche d'iodure d'argent est entièrement décomposée.
Il m'est arrivé d'avoir une décomposition telle qu'il était impossible d'obtenir la moindre apparence d'image. Je changeais complètement mes bains, qui, plus frais, donnaient d'abord de bonnes épreuves; mais, tendant à se mettre de niveau avec la température du laboratoire, ces bains ne tardaient pas à se détériorer, et, au bout de peu d'instants, les voiles survenaient avec l'aspect plombé, et l'absence absolue d'image était la conséquence finale de l'élévation de température. Ces effets se succèdent trèsrapidement et se manifestent avec une grande intensité lorsque le ciel est orageux et l'air chargé d'électricité. Il se déclare souvent des phénomènes singuliers : l'image apparaît, elle semble se bien développer, puis tout à coup elle se couvre d'un voile épais et tout disparaît dans la décomposition totale de la couche impressionnée; quelquefois l'épreuve s'empâte dans les parties transparentes, qui deviennent tellement opaques que l'image apparaît presque positive.
Le moyen d'éviter ces accidents est de réchauffer le bain d'argent en hiver, et de le tenir frais en été.
Pour réchauffer mes bains et les maintenir toujours à une température égale, je me sers d'une boîte en tôle remplie d'eau, et chauffée en dessous par une lampe à alcool ; les flacons contenant les bains reposent sur des supports percés de trous et sont baignés jusqu'au col dans l'eau maintenue à 12° environ.
En été, je me sers de la même boîte, en supprimant la lampe à alcool et refroidissant par des morceaux de glace l'eau qui baigne les flacons. Le bain, qui doit être filtré, est versé dans la cuvette à chaque épreuve.
L'expérience mille fois répétée me permet d'assurer qu'on évitera les accidents provenant des bains d'argent, si l'on met en pratique mes conseils relativement à la saison et à la température. Cette méthode, que j'ai signalée dès 1853 dans la Lumière, m'a depuis rendu de grands services, et c'est la seule jusqu'à ce jour qui me paraisse efficace.
Les bains neufs produisant des piqûres sur la couche, les bains d'argent qui ont déjà servi sont toujours préférables; aussi , lorsque l'on compose un bain neuf, il faut faire en sorte de l'additionner de bain vieux, si l'on veut obtenir immédiatement un bon résultat. On peut encore ajouter à ce bain quelques grammes de collodion ou d'alcool; mais ce dernier moyen est souvent la cause d'accidents fâcheux, car l'alcool laisse sur la glace des traces huileuses qui forment plus tard obstacle à l'action régulière du pro-
tosiilfate; les parties huileuses, ne se réduisant pas aussi promptement que les autres et restant moins vigoureuses, produisent des taches et des marbrures. Dans ce dernier cas, il faut ajouter au bain de l'acide acétique.
il est préférable de préparer quelques plaques sur le bain ; ces opérations le mettront bientôt en état de fournir de bonnes épreuves.
Les bains trop vieux, trop chargés d'iodure, piquent aussi les épreuves : ils doivent être rafraîchis; on Y ajoute de l'eau distillée, l'iodure en excès se précipite , on renforce alors le bain par de l'azotate d'argent mis en proportion dans la quantité d'eau surajoutée, et on filtre. J'ai recommandé, en parlant de l'étendage, d'éviter de laisser passer le collodion derrière la glace. Sans cette précaution, les pai^ties de la couche correspondant aux taches qu'il aurait formées ne se prépareraient pas bien et demeureraient plus transparentes ; des traces d'humidité même produisent un effet analogue. Ces phénomènes prouvent une fois de plus combien est essentiel le parfait nettoyage des glaces.
Il me reste à indiquer quel est le mode à suivre pour immerger la glace dans le bain d'argent et faciliter la formation de la couche sensible.
Je me sers d'une cuvette d'un bon tiers plus grande que la glace à immerger et portant à l'un de
ses bouts un recouvrement qui reçoit tout le liquide quand on incline la cuvette rapidement. Levez la cuvette avec la main gauche , et mettez ainsi à sec les deux tiers du fond ; posez sur ce fond, pas trop près du bord opposé au recouvrement et le coUodion en dessus, la glace que vous avez saisie de la main droite ; laissez retomber la cuvette horizontalement par un mouvement prompt, doux et régulier, de façon que le liquide vienne comme en roulant et sans temps d'arrêt recouvrir toute la glace. Évitez le remous trop violent qui tacherait votre couche, surtout si vous l'aviez mise un peu trop vite au bain. Après quelques secondes, remuez la cuvette pour déplacer le liquide sans qu'il cesse de recouvrir la plaque; au bout de trente secondes, remuez de nouveau, tantôt mettant la couche à découvert , tantôt l'inondant par un mouvement de balancement imprimé à la cuvette. Cette manœuvre a pour effet de faciliter l'évaporation de l'alcool et de l'éther, et de faire disparaître l'aspect huileux qu'a pris la couche après son immersion. Cet aspect huileux disparait bientôt en effet, et la couche , devenue blanche et un peu opaque, a acquis toute sa sensibilité. Il ne vous reste plus qu'à mettre la glace dans son châssis, après l'avoir laissée bien égoutter et avoir passé du papier de soie sur le bord inférieur, afin d'éponger le liquide qui tend à s'y accumuler et qui mouillerait
les feuillures du châssis. Il faut aussi, avant de mettre la glace préparée dans son châssis, essuyer celui-ci avec le plus grand soin en le frottant avec une éponge légèrement imprégnée d'eau gommée. En faisant subir la même opération à l'intérieur de la chambre noire, on est sûr d'éviter la poussière, car la gomme l'aura fixée et elle ne pourra plus voltiger. La glace doit être tenue à plat jusqu'au moment où on l'expose, afin d'empêcher le dessèchement de la couche vers le haut et de lui conserver plus longtemps sa sensibilité.