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IMAGES VITRIFIABLES OBTENUES PAR LES SELS MÉTALLIQUES

Pour les dessins obtenus à l'aide du collodiOn, de l'albumine, de la gélatine, et par les procédés ordinaires des sels d'argent, je développe l'image à l'azotate d'argent jusqu'à ce que les demi-teintes soient empâtées et disparues, et que les grands noirs soient recouverts d'un épais dépôt qui oiïre l'aspect d'un bas-relief.

L'épreuve est mise ensuite au moufle d'émailleur; les matières organiques disparaissent par l'action d'une chaleur convenable; le feu a dépouillé l'épreuve et lui a rendu toute sa finesse.

- J'opère sur des fonds blancs, ou sur des fonds noirs ou colorés.

Sur la porcelaine teintée, sur le verre coloré, sur l'émail brun ou noir, les blancs de l'image sont formés par le dépôt de métal réduit qui a pris un très-grand éclat au feu, les noirs par le subjectile lui-même.

Sur la porcelaine et l'émail blancs, sur le verre transparent, les noirs sont formés par le dépôt métallique.

Je traite l'image obtenue avec les sels d'argent par la dissolution d'autres sels à base de métal, tels que l'or, l'étain, le chrome ; j'en augmente ainsi l'épaisseur et j'en modifie la coloration. Les différents métaux m'ont donné tous, au sortir du moufle, un même caractère de vigueur avec un brillant particuher, semi-métallique.

La coloralion seule a différé; les sels d'or et les sels d'éiain font varier les tons du violet bleu au violet rose.

Une très-mince couche d'un fondant approprié, trèsfusible et préalablement vitrifié sur la porcelaine, fixe ces images à la manière de la dorure et de l'argenture. Sur le verre et l'émail, la fusion du dessous remplit le même office.

Pour les dessins qui sont produits par la réaction de la lumière isur les sels de chrome, je procède à la formation de la couche photogénique par une dissolution de gélatine saturée de bichromate de potasse ; l'image apparaît faiblement dessinée dans un bain d'eau. Le sel de chrome, non décomposé par la lumière, se dissout, et non pas la gélatine. Le subjectile n'est point mis à nù dans les blancs, et, comme la gélatine forme des combinaisons colorées avec certains coi'ps, on peut profiter de cette circonstance pour obtenir du même cliché une épreuve positive ou négative en agissant sur le chrome ou sur la gélatine seuls. La gélatine peut alors se teindre de couleurs très-diverses et donner même des images polychromes dans les nuances les plus éclatantes du vert, du bleu, du carmin. Cette teinture des épreuves héliographiques forme un ensemble de procédés qui serait l'objet d'explications spéciales ; elles sortiraient du cadre que je me suis tracé. Je reviens donc à l'objet de ce mémoire.

Si la gélatine qui demeure dans les blancs ne devait pas se trouver teinte par les dissolutions des sels métalliques qu'on veut faire réagir sur le bichromate qui forme les noirs, on obtiendrait directement des effets analogues à ceux que j'ai décrits à propos des procédés

aux sels d'argent; mais cette combinaison, qui a presque toujours lieu, vient salir les blancs et empêche ainsi de profiter de l'éclat si précieux du subjectile sur lequel on opère.

Les images sur porcelaine tirent tout leur charme de la netteté des blancs.

J'emploie donc un autre moyen qui me permet d'obtenir une grande pureté.

Dès que l'épreuve est dépouillée à l'eau distillée, je la soumets dans le moufle à une chaleur qui détruit la gélatine. Le dépôt métallique demeure seul à la surface du subjectile. C'est alors que je projette sur ce dépôt différents sels qui s'y combinent et forment des composés colorés et vitrifiables.

Les sels d'argent et de plomb donnent des tons jaunes, les sels d'étain et d'or produisent des violets d'or et des pourpres d'or. Cette coloration ne se développe qu'à la cuisson et sous une couche de fondant approprié, qu'on superpose ici au dépôt métallique; l'image n'a pas alors l'apparence métallique, elle présente l'aspect d'une peinture sur porcelaine.

Ces procédés, qui ont fait l'objet de mes recherches, exigent une grande adresse dans les manipulations; ils restreignent forcément la coloration dans des limites peu étendues.

(Extrait d'un mémoire présenté à l'Académie des sciences avec des spécimens à l'appui par M. Lafon de Camarsac, 1855.)

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