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LE PLUS CERTAIN DES PROCÉDÉS SECS ET LE PLUS FACILE DANS LA PRATIQUE

De tous les procédés secs que nous avons expérimentés, celui que nous décrivons ici est sans contredit le plus simple et le plus facile ; on a vu par les notes qui précèdent que tous les procédés secs sont loin de posséder cette qualité si essentielle dans la pratique. Avec ce collodion sec on obtiendra promptement et sûrement un succès complet. Nous ne prétendons point avoir inventé ce procédé : il ressemble beaucoup à celui de M. Dupuis. Nous donnons seulement les détails pratiques de l'opération et les résultats de notre propre expérience. Tous les collodions peuvent être employés et l'opérateur n'a point à changer ses formules habituelles.

La glace collodionnée comme à l'ordinaire est sensibilisée sur le bain suivant :

Eau distillée 100 gram.

Azotate d'argent fondu blanc . . 6 Acide acétique cristal lisablc. . . i

On la laisse s'égoutter un instant, puis on la plonge dans un bain d'eau distillée, la face collodionnée en dessus ; on l'y laisse en l'agitant jusqu'à ce qu'elle ait perdu l'as^ pect huileux." On fait couler à sa surface un filet d'eau distillée qui achève de la débarrasser de toute trace de nitrate libre. Cette dernière précaution est indispensable si l'on veut éviter les taches et les marbrures au moment du développement. Enfin on laisse encore égoutter la couche, et avant qu'elle soit sèche on la recouvre de la solution suivante :

Eau distillée. ...... jOO gram.

Dextrine . 7

Essence de girofie ... i goutte.

Versez une petite quantité de cette solution à l'angle opposé au pouce, faites couler doucement et -régulièrement le liquide de façon qu'il chasse devant lui les dernières traces d'eau restées sur la glace; versez de nouveau et plus abondamment la solution en imprimant à la glace un mouvement destiné à la bonne répartition du liquide et à l'imprégnation de la couche de collodion ; rejetez l'excédant, et faites enfin égoutter à l'abri de la lumière et de la poussière.

L'opération est terminée. Les glaces se conserveront ainsi plusieurs jours sans perdre leur sensibilité, et après leur avoir fait subir l'action de la lumière, on peut attendre plusieurs jours encore pour le développement de l'image.

Ce développement se fait à l'acide pyrogallique:

Eau distillée. . . .

Acide pyrogallique

iOO gram.

2 décigr.

Solution saturée de sulfate de cuivre 2 gram. Acide acétique cristallisable .... 2

Pour développer l'image, il faut laver la couche dans un bain d'eau distillée, puis verser la solution révélatrice. On rejette cette solution et l'on baigne la couche dans une mince nappe d'une solution d'argent à 3 p. O/q qui couvre le fond d'une cuvette. On fait cette dernière opération à l'aide d'un crochet. L'image apparaîtra immédiatement au contact de la solution d'argent. En lui faisant subir de nouveau et alternativement ces deux opérations, on la conduira bientôt à toute la vigueur qu'on désire.

La fixation se fait comme pour les procédés au collodion humide, ainsi que le reste des opérations. L'exposition à la lumière doit être environ le double.

Pour obtenir la solution de dextrine, on fait dissoudre cette substance dans un vase, en n'y mêlant que progressivement la quantité d'eau indiquée, et en agitant continuellement avec une baguette de verre.

Cette solution se conservera fort longtemps; elle devra être filtrée avec soin au moment de l'emploi.

LABORATOIRE RiVÉLATEUR DE M. TITUS ALBITES

Cet appareil se compose d'une boîte quadrangulaire en bois, partagée en deux parties par une cloison horizontale; l'espace supérieur constitue l'ancienne chambre

noire munie de son objectif et de son châssis; dans l'espace inférieur se trouvent à la fois le bain d'argent et le bain de protosulfate de fer. Le premier est contenu dans une cuvette verticale placée immédiatement au-dessous du châssis et dans le même plan que lui. Le second est contenu dans une cuvette placée antérieurement; un plan incliné permet d'y faire tomber la glace après l'impression lumineuse; cette cuvette est munie d'un cou-' vercle qui se rabat après l'introduction de la glace et qui permet de la retirer de l'appareil et de l'apporter sans danger dans un lieu à demi-obscur où elle subira les dernières opérations de fixation à l'hyposulfite.

On place donc la glace dépolie dans le châssis, et après avoir mis au point, on substitue à cette glace la plaque collodionnée. On rabat le volet du châssis, on ferme les autres issues, l'obscurité est dès lors absolue dans l'intérieur de l'appareil.

Au moyen d'une poulie et d'une petite corde qu'on détache, on fait tomber la glace collodionnée dans le bain d'argent, on l'agite, on la relève. Elle est sensibilisée. On fait agir la lumière.

Une lame mince et opaque de caoutchouc, qui garnit le volet du châssis, permet à l'opérateur de saisir la glace par son bord supérieur et de la faire glisser sur le plan incliné qui la conduit dans Je bain révélateur.

Toute l'opération jusqu'à la fixation a donc été faite dans l'obscurité.

Nous ne reviendrons pas ici sur les avantages qui résultent de l'emploi immédiat de la plaque au sortir du bain d'argent et sur les conditions que doivent remplir les appareils laboratoires. Nous en avons dit assez ailleurs

pour que le lecteur apprécie dans quelle mesure l'appareil que nous venons d'indiquer remplit le but.

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