II. i
mi
Les bourres, les déchets, les cocons percés ou défectueux , et même, dans quelques localités, les bons cocons, sont peignés et sont filés au rouet.
Le major (alors capitaine) G. Goussmaker a rendu compte, en 1877, des essais de filature — nous disons filature [ipinning) et non pas tirage — des cocons du tustah entiers, essais qu'il avait fait faire dans une des filatures de Bombay ^'l
Le tussah n a pas laissé de trace dans l'histoire. Indigène dans l'Inde, il a fourni aux Indiens, même dans les anciens temps, comme le ver du chêne aux Ghinois, une matière d'une récolte abondante, facile, dont ils ont fait leurs vêtements. Il n'est pas douteux que YAntherœa mylitta était connu dans l'Inde longtemps avant le Bombyx mori et les congénères de celui-ci, et certainement le tussah a commencé par être, également comme la soie du ver du chêne, une soie filée à la quenouille.
Dans tous les cas, nous pensons que c'est la soie du tussali dont les Indiens ont fait usage pour se vêtir dans les temps les plus reculés ^^^. Nous pensons que le tussah est originaire de l'Inde, indigène dans l'Inde, que sa soie a été longtemps la seule connue et la seule employée. Aujourd'hui même, quand on pénètre dans l'intérieur, dans les parties du pays dans lesquelles on n'observe pas encore les effets de la civilisation européenne, on constate que les habillements des gens des classes moyennes ne sont pas faits avec la soie du Bombyx du mûrier, quoique cette soie récoltée au Bengale soit connue et puisse être obtenue facilement, et que ces habillements sont faits de soie tussah. L'auteur du Mémorandum on silk in India, M. Louis Liotard, est de cet avis, et Topinion d'un homme aussi expérimenté a un grand poids.
Nous avons cité plus haut ce que Tavernier a dit, vers i65o, du ver à soie de l'Assam, qui devait être YAntherœa assama, G.-E.
escaped — are quile capable of being reeled off, and a large loss of silk is Ihus obviated.7) Nous arons dit plus haut qu^on a tire à Teuropéenne dans Tlnde des cocons tHMsah percés par le papillon.
^') Rapport du 5 février 1877, p. a et 9.
^') «Avec la soie tuiêah les Indiens ont fait leurs vétcmenis de temps immémorial ?» (W. Milbnrn, Oriental commerce, vol. Il, p. 9/1/1).
ANTHER/EA MYLITTA. 195
Rumpf (Rumphius) a décrit, quelques années après, vers 1680, non pas YAntherœa mylilta, mais une espèce voisine, YAntherœa Rumphii de Felder, qu'il avait trouvée dans IMle d'Amboine sur le Sonneratia acida.
Au commencement de ce siècle (en 1806), Michel Atkinson, qui résidait à Jongypore, appela l'attention sur le ^u«sa^.(r>4n2A^i9a mylttia); le D' Buchanan, qui écrivait de 1807 à 181 4, fit connaître le mode d'élevage, dans le Bhagulpore, de ce ver à soie et la façon dont on en tirait la soie. Perrottet fit, à Pondichéry, des éducations conduites avec beaucoup de soin. Il en faisait quatre dans les années pluvieuses. Il constata que, nourri avec la feuille du Terminalta catappa, YAntherœa myliUa donne les meilleurs cocons; il obtint, par l'élevage à l'air libre, des cocons riches en soie, du dévidage le plus facile et dont la soie était élastique et très brillante. Depuis lors, les études sur ce sujet se sont succédé, et elles sont résumées dans deux mémoires pleins d'intérêt : l'un , daté de i858, est dû au D' (maintenant sir George) Birdwood^^^ et l'autre que nous avons cité souvent, daté de 187s, est dft à M. J. Geoghegan.
Malgré les efforts que le Gouvernement de l'Inde a faits pour être renseigné sur le degré d'importance de la production du tussah, il n'a pas encore pu le représenter par des chiffres; la production est certainement très grande. Il est cependant nécessaire, en vue des entreprises qu'on veut fonder sur la production de cette soie, de se rendre compte des quantités qu'on en obtient. Quand nous étions à Pondichéry, en i8Aâ, Perrottet, qui s'occupait à cette époque, comme nous venons de le dire, de l'élevage du tussah, tant h l'air libre qu'en captivité ^^^ estimait que, dans l'Inde, on tirait des cocons de ce ver une quantité de soie à peu près égale à la moitié du produit des récoltes de cocons du ver du mûrier. Ce dernier produit, en soie grège, était, dans l'opinion de Per-
(*) Le mémoire de sir George Birdwood a éié inséré dans le Rapport annuel du musée central du Gouvernement à Bombay et a été publié de nouveau par M. Thomas Wardle( ffond&oofc, p. 71 à 76).
^^) Perrottet faisait ses éducations, à Pondicbéry, en nourrissant les vers avec îos feuilles du ZhyphuB jujuha , du Terminalta catappa et du Terminalia tomenlona.
rottet, de près de i,5oo,ooo kilogrammes (^). Ainsi, il y a une quarantaine d'années, d'après celte estimation, dénuée d'ailleurs de preuves, le produit en soie tussah aurait été de 760,000 kilogrammes. En considérant sur quelle immense étendue de territoire YAntherœa mylilia et ses congénères sont répandus, si Ton songe que, dans presque toutes les provinces, on tisse le tussali et Ton en fait des vêtements, le chiffre ci-dessus ne paraîtra pas exagéré. En Chine, le ver du chêne, bien moins commun, donne environ 1,980,000 kilogrammes de soie. En réduisant la récolte â 10 millions de kilogrammes de cocons (à 600,000 kilogrammes de soie), peut-être ne sommes-nous pas éloigné de la réalité?
Quelle que soit la production, le tussah joue un rôle important dans l'économie industrielle de l'Inde ^^).
Nous ne disons rien de YAntherœa mylitUi de la Chine; il a été observé dans ce pays, mais il y est très rare. On l'a trouvé aussi en Corée.
t') .On a va pltisbautqae nous estimions celte production, poar Tëpoque présente, à 800,000 kilogrammes.
(*) Voir sur le tuisah : Boitard, Traité de la culture du mûrier et de l'éducation de» ver» à »oie, i8d8,p. lAgà i5i. — Loiselenr-Deslongehamps, Mûrier» et ver» à ioie, f 83d , p. 61 à 68 , et Nouvelle» comidéraûen» »ur le» ver» à »oie, 1 839, p. 1 1 9 à 1 96.
— A. Gobin, Mûrier» et ver» à »oie, iS'jk , p. a66 à 9A9. — J. Geoghegan, Silk in India, i" édition, p. iio à 119. — Rapports des fonctionnaires de la division de Chola Nagpore, 1878. — O'Connor et A.-O. Hume, Notes sur la soie Ut»»ah, 1875.
— Note du Gouvernement de Tlnde, novembre 1875. — Rapport du D' G. Bidie, Madras, i5 aoât 1876. — Rapports du major G. Goussmaker, 5 février 1877 et 7 avril 1879. — Gommunicalion du commissaire en cbef de TAssam, 6 juin 1879.
— Thomas Wardie, The tvild »ilk» of India, 1 880 , p. 1 6 à 99 , et Handbook , p. 1 3 à 67.
IKPËinRR niVRR5ÏRS
198 SOlËiS DES VERS SAUVAGES.
blanche et fine, beaucoup plus gros que les cocons ordinaires. En regardant sur les feuilles, j'aperçus les insectes qui les produisoient. Quelques-uns filoient encore. Cétoient des chenilles noirâtres, plus grandes que le ver à soie. . . ^^\r) Ces chenilles étaient probablement celles du Pachypasa otus.
Nous signalerons, parmi les Bombycidcs, quelques Ocvmra et un Trilocha qui sont propres à l'Inde. VOcinara lactea de Hutton et YOdnara Moorei de Hutton sont des vers polyvoltins qui produisent, le premier un petit cocon jaune soufre, et le second un petit cocon blanc; la soie est fine et élastique ^^). Ces cocons sont construits chacun sur une feuille à demi repliée. On a trouvé ces Ociî&ra sur le Ficus venosa, dans l'Himalaya, au nord-ouest, à Mussouri^'^^ Il y A d'autres Octnara : VOcinara comma de Hutton, dans la vallée de Déhra Doun et au-dessous de Mussouri; YOcinara diaphana de Moore, dans les monts Khasia, dont la flore est la [dus riche de Tlnde, peut-être de toute l'Asie; YOcinara lida de Moore, à Mussouri et à Java; YOcinara dilecttda de Walcker^^^ à Java. Le brin de soie des Ocinara est cylindrique et lisse; il est plus fin que le brin du Rondotia déjà si fin. Le Trilocha varions de Moore a été découvert dans des localités éloignées les unes des autres, aux environs de Calcutta, de Kanara, dans l'Assam, etc., le plus souvent sur le Fictts religiosa, le Ficus indica, le Trophis aspera, YAriocarpus integrifolia; il offre peu d'intérêt. Le cocon est très petit ^^\
Si l'on s'en rapporte à M. Stack et aux autres observateurs, il y aurait, dans l'Assam, trois vers à soie sauvages du nom de dio mouga. Deux seraient des Antlierœa; un serait le Theaphila reli-
(') Savary, Letlrentur la Grèce, 1788, p. aa.
(^) Voir Thomas Hutton , On the reversion and resloration of ihe »ilkworm ( Thê TranMaetions qfihe Entomological Society of London, 3* série, t. Il, p. 396 à 3do). — La chenille de VOcinara lactea est dessinée sur la planche xix, fig. 6.
^') VOcinara Moorei vit aussi sur le figuier sauvage.
'*^ On trouvera le dessin de VOcinara dilectula dans le Catalogue o/the Lepidopterouê imecti o/the Eaet ïndia Muséum, vol. II, p. 3 81, pi. xviii, n* 6.
^^) Frédéric Moore, The Lepidoptera qf Ceylon, vol. Il, p. i36, pi. cxxxiii, n* 1. — Le dessin de la chenille est aussi dans les Transactions of the Entomological Society of London, 3' série, t. II, pi. xix, fig. 1 et 9.
giosœ, qui vit dans le Gatchar sur le Ficus indien et sur le Ficus religiosa.
Un ver qu'on dit être indigène à Geylan et qui vit le plus souvent sur un arbre appelé kahata est élevé à l'air libre sur le cannelier à Deltota, à Dimbula, à Moratuwa et à Colombo. La soie obtenue est grise , peu brillante et assez grosse. On trouve aussi à Geylan des cocons d'un blanc rosé très clair ou d'un gris cendré pâle 9 dont la soie est très tenace.
Geux des vers à soie qui suivent et qui ont été décrits appartiennent à diverses familles; ce sont surtout des Saturniides. Quant aux autres vers, la plupart d'entre eux sont à peine connus. Nous avons écarté ceux pour lesquels les observations n'avaient pas un degré de certitude suffisant.
Vamlouri ou ampotoni de l'Assam est le Cricula trifenesirata de Helfer^*). Il porte le nom de l'arbre sur lequel on le voitfréquem-
Crieula trtfeneiUrata (larve).
ment dans l'Assam, le manguier. Il est très commun dans les trois Présidences de l'Inde, surtout dans l'Assam, la Birmanie anglaise, l'Inde centrale et le Gourg. Il vit partout sur le soutn [Machilus odoratissima) j dans l'Assam sur le manguier, le théier sauvage et
(*) Th. Uonfield et F. Moore, A Catalogue of Lepidopterous in$eeU.,,, p. 38â et 385. — Saturnia Zukika de Westwood. — Il y a des oooons dont les mailles du rteau sook larges et ouvertes, et d'autres cocoos dont le tissu est asses serré pour qu'il paraisse à peine réticule; Hutton était porté à croire à rexisteoce de deux espèces (Note$on hdian Bombyddae, p. 6). M. Stack a signalé Teiislence, dans TAssam, d'une variété de Tamloun, plus petite, appelée bieha, vivant sur le manguier, et ne se rencontrant, d^ailleurs assez rarement, que dans les jongles du Kamroup, au pied de TUimalaya.
le M«m, dans le Gourg presque toujours sur le Carofa arhorea^'\ dans la Birmanie anglaise sur ÏAtMcardium orientaU, le Teirantha-a lawifolia, ÏEugenia Jrutieoia, le Semiearpus panduraluê, le manguier, etc. On trouve le Crieula trifmab-aia h Java sur le ting gttiong(^^Hitiumjavanum), le ^Uos (Canon'um commune) el l'tt^* {^IHangifera ingat ).
Crictda IrjfnMilrafd (racon).
La chenille a une robe élégante, ornée de bandes transversales avec des points nombreux jaune d'or et des mamelons ou oceUi carmin; le fond esl brun violacé au deuxième et au troisième âge, noir au quatrième et au cinquième ùge'^'. Cette chenille esl couverte de poils dont le contact est très irritant.
Crieula ti-i/iatttrata (mâle).
Le cocon du Crieula trifeneitrala a ordinairement de U i/a
I" lUppoKdu D' G. Bidie, Madrw, i5 août 1876.
<'' Od trouvera la descriptioD de la chenille du Crieula Irj/nwttrala par M. F. Mwre et M. W.-P. Kirby daas Xoltt on nlk-pntdncing bombycet narti m 188^1, par H. Airred Wailly, p. 6.
à 5 ceDtîmèlres sur i 1/9 à a centimètres; il est ovoïde, irrégulier, tantôt réticulé et tantôt percé de trous. Il est jaune d'or, et la bmie est brillante; ou dirait que le cocon a été lissé avec un (il d'or métallique. Les cocons sont entourés d'une bourre légère et rare; ils sont souvent adhérents les uns aux autres, formant des groupes de quatre à sii cocons et même bien davantage. Le cocon contient peu de soie et ne [>eut être dévidé. On le peigne, et la bourre qu'on obtient est (ilée au fuseau. Il semblait que ce cocon
Cricula tr^enalrala (femelle).
si pauvre en soie devait être sans valeur commerciale, mais on le récolte en si grande quantité'') qu'il est devenu une des matières premières de la filature de la tehappe en Angleterre. On fait de Rangoun (en Birmanie) des envois de ces cocons en Angleterre, au prix de 3 francs à 5 fr. 5o cent, le kilogramme'^'.
<'> Le D'G. Bidia (Ripport du i5 août 1876) et le nwjor G. Counmiker (R«ppori du 7 ivril 1879) ont constata l'eilréme abondance de ce» cocons, le premier dam le Coarg mëridioDal (Prétidence de Madras), le tecond dam les jonfrte* de Eanara, au nord (Pr^ilmce de Bombay). Us ont aignald la réunion des cbenille« ea grand nombre lur un même arbre. Il y a, dans la Birmanie an^aiie, det arbres lur cbacun desquels on récolte jusqu'à i maund (37 kilogr. 3a5) de cocons (E. Slack).
'" Il vient de la Birmanie anglaise, dil-01), une soie grège de belle couleur jaune (d'rm jaune plus vif que U codeur du U soie du ver du marier), qu'on a attribuée au Criçula trijtaalrala. Cette allribulion n'est pas eucle; U soie du Oinla.fsl
On trouve dans l'Hazaribagh une espèce de Cricula qui parait vivre en communauté. Nous avons reçu de M. L. Liotard une brnnche portant une véritable grappe de cocons. La branche, ses petits rameaux et quelques feuilles sont recouverts d'un tissu de soie qui a eu pour objet de les consolider et de prévenir leur rupture sous le poids des cocons. Les cocons groupés, juxtaposés, serrés les uns contre les autres, tous dans le même sens (verticalement), sont enfermés dans une enveloppe mince et claire. Ils sont oblongs, pointus aux deux extrémités, à tissure pleine et non réticulaire. La bave est jaune d'or et très brillante ; elle a un éclat métallique. La grappe que nous avons sous les yeux contient plus de trente cocons; elle a 9 centimètres de long sur un diamètre de près de 5 centimètres. Les cocons ont de 3/ià 38 millimètres sur 1 0 à 1 3 millimètres ^^\
Les cocons des Cricula, du Cricula trifenestraia et du Cricula indéterminé ont été examinés au Laboratoire. La hâve a une structure particulière ; elle est plate et fortement striée ; de plus elle présente de distance en distance des parties renflées, qui ont quelque ressemblance avec les nœuds le long d'un roseau. La bave dii Cricula indéterminé a 65 millièmes de millimètre aux parties renflées, et /î 5 ou A 6 millièmes dans l'intervalle. La bave du Cri-euh trifenestrata, non décreusée, a 65 millièmes de millimètre à la surface du cocon ^^\
Dans la famille nombreuse des Copaxa, nous ne citerons que le Copaxa canneUa de Walcker^^^ du Brésil, dont la soie est de coideur cannelle.
On trouve dans l'Himalaya, au Sikkim et dans l'Assam, plusieurs Loepa, assez pauvres en soie. Un d'eux, le Lœpa sivalica de Hutton, a un cocon long, pointu et ouvert, de couleur gris verdâtre foncé. Le Lœpa miranda d'Âktinson» assez répandu dans le Darjiling, donne une soie dont on peut tirer parti.
Unijoure filée au fuseau, mais il y a une race du Bombyx arracaneniU qui tisse des noooDS d^un beau jaune d^or. Ces mêmes cocons jaunes du Bombyx arracanênsU, percés, sont employés en Europe dans des filatures de $chapp9.
t') Cette espèce de Cricula n*a pas encore été déterminée.
(*) J. Dusuzeau, Lettres (mars 1886).
^^) Cest le Salttmia canneUa de Boisduvai.
ESPÈGKS DIVERSES. 203
Le Caliguùt construit un cocon <\m fornic un (Itet à mailles ouvertes plus ou moins larges. On (ire de ces cocons peu de soie, cl cependant on ne les laisse pas sans emploi. On les peigne, et la bourre est filée au fuseau.
Une espèce, le Catigula Simla de Westwood, vil dans l'Himalaya, BU nord-ouest, sur le noyer, le Satix bahyîonica, le poirier sauvage, le poirier, etc. Le cocon est de couleur foncée; ïl est quelquefois presque noir. On peut faire usage de la soie qui est |>eignéc et filée au rooel. Le Califfuh tkibeta de Westwood est très commun à Mussouri, mangeant les feuilles de YAndromeda ovalifoUa, du poirier sauvage, d'un Cydoiiia, etc.
(ialigula Simla (femdle).
Une autre espèce, japonaise, appelée chiraga àayu ou chintga mouchi, Ec Caligula japonica de Moore '", se nourrit des feuilles du camphrier et du châtaignier ; elle était représentée iï l'Exposition de 1878, dans le département du Japon, parle cocon entier, le
<'' A.-G. Biiller, lUuaraliont of typicei tptcimau of LtpidopUra htttrocrm tnlkt eottteliin oj Ihe BritUh Mnteiim, Pailll, 187S, (>. lO, |il. )lil, li" j.
cocon peigné, le RI de soie et des lîssus épais de couleur sombre. La bave du Gd^ula japomeo qui a vécu à l'état sauvage est grossière; celle de ce ver élevé en demi-doniesticité est assez fiae. Oo tire souvent, de lu chenille , de la soie pour faire des fils pour la pèche'". Le cocon est gros, réticulé, à larges mailles ouvertes, de couleur brune (du brun foncé au bran clair). La bourre provenant des cocons est courte, elle est tantôt blonde ou grise, tantôt
rousse ou brune. La bave est plate, les brinâ étant soudés par les côtés; elle n'est pas striée. M. Wardie en a mesuré la (inesse : la 6titw rousse a i5.& millièmes de millimètre de diamètre, et la bave gris clair u 16. A millièmes; la finesse est à peu près égale dans toute la longueur '^).
L'abbé Armand David a recueilli , en Chine, dans les provinces
<'> DncripUan af iht tillcKorm hretâing in Japon, pti6(ttW iif tht YoiaHlukari, 187 G.
l*) C'est ëvidemmetil par erreur que l'auteur du nla)ogue japooiû de l'Exponlion de 1876 a ^it que U aoie du chiraga mouelii est tirée [i 11 btMÎne) et qu'die est ■mu filée au fuaeau. Le cocon de ce ver, qui est ud vénlaUe filet, ne peut pat être dévide. Od lit dam ce catalogue que te chtri^a mouehi se aourrit drs feuilles duchllaignier, qu'il est, au Japon, à l'état sauvaf^e el élevé auni en iloine«licité, et qae la 6a» de soie est fine (/nlanulMMii' ExUbitie» 0/ iSjG. Offiàal eMdogm of ikt Jaf9»tt ttrtioit , p. 1 1 0 }■
de Kiang-si , de Tché-kiang et de Sse-tchouèn , deâ cocons à jours 00 à mailles de CaUgtda,
Les Rinaea ont aussi le cocon réticule ; ce cocon est sans valeur industrielle. Les Neoriê, dispersés dans l'Himalaya et dans l'Asie centrale, nous paraissent devoir être négligés. Le cocon du ^eo*rU HuUani de Moore, d'un brun clair, d'une texture lâche ayant quelque ressemblance avec un filet, est recueilli dans le Panjab, aux environs de Sinda et de Mussouri. Le cocon vert du Rhodia newara de Moore, du Nipal, est peu commun.
Le Tdea polyphemus de Cramer» ver annuel, pullule dans les bois aux États-Unis, dans les états du nord et dans ceux du sud, ainsi qu'au Canada et au Mexique. On l'a recueilli sur une douzaine d'arbres différents : sur le chêne , l'érable , le cerisier et le prunier sauvages, le pommier, le coignassier, le saule pleureur, l'orme, etc. Le papillon a lA centimètres d'envergure. Le cocon, bien con* struit, ovoïde ^^^ fermé, enveloppé de feuilles, est riche en soie; il est de couleur cannelle claire, chamois ou crème, quelquefois avec des reflets métalliques. La soie est tantôt blonde ou d'un jaune brunâtre clair, d'un gris cendré pâle, presque blanche, fine, tenace et brillante. On a fait aux Etats-Unis des éducations du Telea polyphemus en plein air.
On connaît dans le Natal une quinzaine d'espèces de Saturniides, entre antres Y Argeina mimosœ de Boisduval, qui ne s'abrite que sous le feuillage léger d'un Mimosa, et dont le cocon, gros et épais, fournit une soie très nerveuse et d'un gris argenté.
Le Tropœa luna de Linné est propre aux états du sud des Etats- Unis, surtout à la Floride, à la Caroline du Sud et à la Louisiane. C'est le lÀquidambar styraeifoUa, le noyer, le prunier, qui l'attirent le plus. La soie est grise, brillante et assez fine. Le Tropœa Artemis de Bremer est au Mexique , et le Tropœa gnoma de Hûbner, au Japon.
Parmi les Saiumia, nous citerons le Salumia pyrelomm de Westwood. Cette chenille , de moyenne grandeur, a le corps rayé dans la longueur de raies d'un bleu turquoise éclatant alternant
(*> Les eocons ont de 35 A 65 millimètres sur 90 A 3o.
avec des raies d'un jaune serin ; elle est couverte de poils jaunes hérissés. Le cocon est ovoïde, très allongé, pointu, ouvert, entouré d'une bourre de couleur brun foncé. La soie est gris d'argent ou gris brunâtre, très tenace. Nous connaissons le ver, son cocon et la soie, grâce à l'obligeance de M. Frédéric Koch, de Canton.
On trouve le Satumia pyretorum, à l'état sauvage, dans l'tle de Haî-nan^^) et dans la partie continentale du Kouang-toung, principalement dans le département de Kao-tchéou-fou. Il est abondant sur la montagne Si-chiao chan, dans le Kouang-toung ^^^ M. A. Lay, chargé du commissariat des douanes â Kioung-tchéou , Ta signalé comme vivant à l'état sauvage dans l'intérieur de l'île de Haï-nan ^^\
Ce ver vit principalement sur le Liquidambar formoêona de Hance (X^Jèng)^ ainsi que sur le camphrier ^^).
On obtient de ce Saturma une quantité de cocons assez grande, puisqu'on en estime le produit en soie a 3o,ooo kilogrammes. Cette soie est grossière et d'une très grande ténacité. Mais on tire surtout des glandes de ce ver la matière soyeuse dont on fait les fils à pèche, et c'est cela qui est la cause de la recherche qu'on fait de cette chenille. M. J.-L. Chalmers a décrit le procédé d'extraction de la matière soyeuse et la fabrication des lignes pour la pèche qui sont pratiqués à Pakhoï et dans les arrondissements voisins (^); d'après M. A. Lay, on fait environ 7,900 kilogrammes par an de ces fils pour la pêche.
(0 Uoe aalro esp^ de ver sauvage a été observée dans I*ile de Haî-nan. G^est peulêtre le ver qui se nourrit des feuilles du chan-K ou châtaignier sanvage et qui est mentionaé dans le Nan^ym-fi-ki comme répandu dans le district de Wèng-tcbang (D' Bretscbncider, On Chme$e nUctoorm treet, p. 7).
(*) Si-chiao chan ou Saî-chu chan (Sampson , Notei and queries on China atid lapant vol. ] II et IV. — Seeman , Journal ofBotany, vol. V, p. 1 1 1 ).
(') lUportySilk, iSSi, p.i55.
(*) Voir: G.-G. Stuhlmann, Report, 1877. — A. Lay, Report, SUk, 1881, p. iSf).
— J.-L. Ghalmers, Report, Silk, 1881, p. i56 et 167. — D' Bretschneider, On Chinêse tiUcworm treea, p. 7. — Rapport de M. de Bemières, vice-commissaire des douanes à Ganton, 188a. — Lettre de M. Frédéric Koch, Ganton, le aSaoût 1889.
— Nous avons reçu, sous le nom de tchang-chou ttan (ver à soie du camphrier), des eiemplairos du Saiumia pyretorum recueillis sur le camphrier dans le Kouang-toung.
W Report, Silk, 1881, p. i56el 167.
On a exporté de Kioiing-tchéou : en 1881, 93,718 kilogr.; en i88q, A, 993 kilogr., et^ en 188/i, 5,384 kilogr. de soie de ces vers sauvages; en 1881, s, 646 kilogr.; en 1889, 1,770 kilogr., et, en 188/i, s,3oo kilogr. de lignes à pécher.
La récolte des cocons, ou plutôt la cueillette des chenilles, est Fohjet d'un monopole pour lequel une redevance est payée à rÉtat.
Le Saiumia pyretorum est aussi dans l'Inde : dans le Darjiling, dans le Gatchar, au nord-est.
D'autres Saiumia vivent à l'état sauvage dans l'Himalaya; M. Frédéric Moore les a décrits. Nous n'en avons pas vu les cocons. Le Saiumia ihibeta de Westvv^ood paraît n'avoir été trouvé que dans le Thibet. Baden H. Powell a signalé danslePanjab une espèce sauvage, indigène, qui mange les feuilles ou plutôt les tiges du camel Aom, [Alhagi maurorum ou Alhagi camelorum) ^^\
Le Saiumia pyretorum n'est pas le seul ver à soie qui vive sur le Liquidambar formosana. M. le D' Hance nous a appris qu'on trouve à £-mouî ou Hia-mèn sur cet arbre une chenille verte très grande dont on tire aussi la matière soyeuse, matière très résistante, pour en faire des fds à pèche et des cordes d'instruments de musique. Ce ver à soie a été aussi rencontré aux environs de Haî-ting, non loin du fleuve Loung-kiang, dans le Fokièn.
Il y a beaucoup d'autres espèces de vers fileurs de soie dont la détermination scientifique n'est pas définitive, ou qui n'ont pas été décrites.
Parmi les premières, nous n'omettrons pas les vers à soie de Madagascar ^^\
(1) Handhook of the économie productê qfthe Punjab, vol. 1, p. 176.
^^ D*^ Gh. Coquerel, Sur les Bombyx qui produitent la $oie à Madagascar {Bulletin de la Société d'accUmalalion , t" série , t. II , 1 85 5 , p. a 5 a 3 a ). — Le père Joueu , Note sur diverses espèces de vers à soie de Madagascar (Bulletin de la Société d'acclimatation, 1" série, t. Vil, 1860, p. 55o et 55 1). — AiigiisleVinson, Du vers à soie de Madagascar ou ver à soie de Vambrevade (Bulletin de la Société d'acclimatation , 1" série, t. X, i863, p. 5o6 à 5is). — D' Gh. Goquerel, Des différentes espèces de Bombyx qui donnent la soie à Madagascar (Annales de la Société entomohgique de France, k' s^rie.