‹ L'art de la soie. Les soies (volume 2)Chapitre 14 sur 172 · II. ih · texte numérisé non relu

II. ih

IHPimcaiE WATIORALI.

Î2t0 SOIES DES VERS SAUVAGES.

neuses tirant sur le rosc^. Elle vit sur plusieurs espèces d'arbres, entre autres sur le laurier-rose [Nerium oleandery Le papillon a i3 centimètres d'envergure. Le cocon est, suivant le père Cambouë, «à tissu double en treillis, très fort, de couleur jaunâtre, mesurant environ 60 millimètres sur 3o^^U.

Une autre espèce se rapprochant assez du Caligula mraka se trouve sur le laurier-rose et sur le littoral de Tamatave. La chenille est noire; sa robe est semée de taches jaunes et garnie de proéminences épineuses jaunes et rosées. Le cocon, à peu près semblable à celui du mraha, est plus petit; la couleur est plus foncée et la soie est plus fine (le père Camboué).

Nous avons eu une assez grande quantité de cocons de Madagascar, qui ont été construits par un de ces deux Calcula : ils avaient de /i5 à 5o millimètres sur s5 à 3o millimètres; ils étaient bruns, brillants, réticulés, et présentaient un double ou triple filet très fin.

D'autres vers à soie sont assez nombreux à Madagascar. On trouve le Bombyx (?) Radama de Coquerel sur YlnUta madagaS" cariensts, le Mimosa lehhek, le Carica papaya , et le Bombyx (?) Diego sur le Mimosa lebbek. Rochon appelle la poche soyeuse de ces espèces andé saraha dans la relation de son voyage.

Chacune de ces espèces construit une grande poche soyeuse, suspendue à une branche d'arbre, qui sert d'abri commun aux chenilles et qui renferme les cocons. Ceux-ci sont placés au milieu d'une bourre grossière. La poche est de couleur brune, la bourre et les cocons sont d'un blanc jaunâtre. Le Bombyx (?) Diego file une soie plus blanche et plus fine que le Bombyx (?) Radama. Les cocons sont petits, ovoïdes, mais un peu aplatis, tant ils sont serrés les uns contre les autres. On en trouve depuis quarante jusqu'à deux cents dans une seule poche ^^l

(') Le père Camboué, Bulletin de la Société d'acclimatation, p. 870 et 371.

W Quoique M. Ch. Coquerel ait décrit deux fois, en i855 et en 1866, ces deux espèces, on ne les connaît pas encore d^une façon certaine. M. Coquerel a dit que le papillon du Bombyx (?) Radama a, mâle de 58 à 60 millimètres d'envergure, femelle de 79 à 75 millimèlres; que le papillon du Bombyx (?) Diego a, mâle de 5o à 59 millimètres, femelle do G8 à 70 millimètres.

Les cocons du Borocera cajani, du Bombyx (?) Radama et du Bombyx (?) Diego sont (après qu'on les n fait bouillir dans une eau melc'o de cendres) peignés et filés à la quenouille^'). La soie en est grise et extrêmement nerveuse; elle sert à tisser, à Madagascar, ces pièces étroites, appelées lambas-landy, d*un prix élevé, renommées pour leur longue durée ('-).

Les indigènes de certaines peuplades, à Madagascar, préparent les cocons du Borocera cajani de la même façon qu'on prépare, en Europe, les bourres ou les déchets destinés à faire la scliappe : ils écrasent les cocons, les mouillent, les enterrent et les laissent fermenter en terre; ils les soumettent ensuite à Tébullition dans une lessive de cendres, les lavent à l'eau courante, les mettent dans une autre eau alcaline, les lavent de nouveau, les peignent et les filent au fuseau ^^). On voit que, à Madagascar, on rouit et l'on décreuse à la fois l'étoupe de soie provenant des cocons.

A Natal, le Bombyx (^ panda do Boisduval vit en communauté comme le Bombyx (?) Radama, et la poche contient presque toujours une centaine de cocons. La bourre qui enveloppe ces cocons et celle qu'on en tire sont filées à la quenouille ^^).

Nous passerons rapidement sur les vers non décrits.

Des vers sauvages (le guz et lo jez) abondent au Kourdistan, dans les monts Bohtan et le mont Kaîmakbi; les femmes peignent les cocons, les filent à la quenouille et tissent cette soie^^^

C'est aussi h la quenouille qu'on file la soie des vers sauvages du pays de Berdha, en Arménie.

Un ver à soie sauvage, encore inconnu et devenu rare, existe dans l'île de Chypre. «Il y a vingt-cinq ans, dit lo consul de Franco

(') Les procédés de filage et de lissage en usage à Madagascar, procédés primilirs, ont été décrits par les pères de la Vaissièrc et Abiiial dans leur ouvrage inlilulé : Vingt an» à Madagascar.

(*) Le rév. James Sibrce jeune fait mention de ces vers à soie et de rinaltcrahililé de la soie d^iD d^eux, mais sans entrer dans des détails {The greal A/rican island, Chapler$on Madagascar, 1880, p. 59 et 60).

^-^^ Fleuriok de Ijangle, Ch. Coquerel.

tȔ D' Cil. Coquerel, i855, p. 3o.

^*^ Tnylor, Report on the Irade af Diarbekir nnd Kurdistan.

à Larnaca, M. de Gastillon-Saint-Viclor, on exportait de l'ile de Chypre une qualité particulière de soie, assez grossière, mais qui était recherchée pour la fabrication de tissus pour lesquels il fallait faire emploi de fds ayant une grande force de résistance. Cette soie provenait d'un Bombyx (?) indigène, dont la chenille, de grande taille el vigoureuse, construisait un cocon gros, ovoïde, très dur et de couleur jaune. Ces cocons étaient d*uu dévidage facile, mais ils avaient l'inconvénient de laisser un déchet de bourre assez considérable ... La quantité de bonne soie obtenue atteignait toujours et dépassait même souvent i kilogramme de fil pour & kilogrammes de cocons étouffés. Cette chenille a été complètement détruite lors de la maladie des vers à soie qui a sévi dans l'ile; on ne la retrouve plus que dans quelques villages situés dans la partie montagneuse de l'tle. v

Plusieurs espèces sont japonaises. Ouékaki-Mourikoni en a fait mention en termes généraux : ?^ Il y a d'autres vers fileurs de soie, dit-il, qui se nourrissent des feuilles d'autres arbres (que le mûrier et le chêne) ou de plantes herbacées, aucun d'eux n'étant semblable au ver du mûrier ?? (p. tiU).

Une de ces espèces, le hang, est attirée par l'armoise. Une autre, le mitzouki ou milzottfftii kaîko, ver bivoltin, h quatre mues, qui porte le nom de l'arbre qu'il ne quitte pas, produit une soie de couleur jaune foncé ou brun clair, brillante, moins fine et moins nerveuse que la soie du ver du mûrier. Cette espèce fut découverte en 1878, et l'on en fit tout de suite partout la recherche; depuis une dizaine d'années, on fait usage de cette soie, qui est tantôt tirée à la bassine, et tantôt peignée et filée ^^l

Il semble qu'il y ait au Japon deux espèces de ver à soie vivant sur le miisougui. On a vu en effet précédemment qu'une espèce, appelée icJio san, se nourrit des feuilles du mitwugui {llex roiun(la)y du kirvada (^Pliellodendron amurense) et du tcho {^Ailantus

(^) George J.-L. Hodgos, Rapport sur le commerce et les industries de Kagocfaima, 1875. — Detcription of ihe nlkworm hreedinfr in Japan, publie en 1876 parie Yoêonkakari (International Exhibition of iSjO, Officiai catalogue of thê Japanetê iectùm, p. 190).

glandulom). Le cocon de cette espèce est ouvert, oblong, pointu à chaque extrémité, de couleur blond clairon gris cendré clair; il est généralement construit sur une feuille dont les bords sont repliés. Les cocons du tcho son ne sont certainement pas tirés à la bassine. M. Frédéric Moore, qui n'a pu examiner que la chenille et le cocon, incline à penser que le iciw son est un PhUosamia (peutêtre le PhUosamia Pryeri).

On a, de la province de Ghan-toung, en Chine, et de Madagascar, des cocons réticulés assez gros, dont on n'a pas encore obtenu la chenille et le papillon ^^).

Les Aztèques, au temps de la conquête du Mexique par les Espagnols, fdaient la soie de cocons de chenilles autres que lever à soie d'Europe ; les Espagnols remarquèrent cette soie sur les marchés ^''^). Plusieurs Saturniides ont élé observées au Mexique, entre autres le Telea polyplien^us et des Aliacus : d*un de ces Aitacus, très commun, à cocon ouvert, on tire une soie gris de lin, brillante et forte. On faisait aussi dans ce pays, avant la conquête, des tissus avec une soie qui provenait de grandes poches faites par des chenilles en communautés^'; ces chenilles étaient probablement, dit-on, celles de VEucheira 80ciaUs^'^\

L'tle Luçon, dans l'archipel des Philippines, a aussi des vers à soie sauvages. Nous en avons vu, en i8/î5, h Manille, apportés de Bocaoué, dans la province de Boulacan, qui mangeaient la feuille de Yalanguilan^^^ {VVnona odoraûmma de Blanco).

La Chine, d'après les livres chinois, possède des vers sauvages (ileurs de soie dont quelques-uns ne sont pas encore connus.

^') Gc'8 cocons réliculës de Madagascar sont d*un brun rougoâtrc clair, el ont 55 millimèlres sur 3o.

<*^ W.-H. PrescoU, Conquest of Mexico, vol. I, p. i4i.

^') Il esl certain qu'on trouve au Mexique de grandes poches de soie assez épaisses qu^on appelle tela de maiz; ces poches sont garnies d\me bourre qui ressemble à de la ouate de coton. Le Bombyx paidii de Salle construit de ces poches ou nids.

(*) Targioni-Tozzetti , Relazione, 1867, p. i3. — Le genre Eucheira, de la famille des Piérinées, est voisin du genre Caloiticta.

^^} Alanguilan ou ilang-Uang (P.-Fr. Manuel Blanco, Flot'a de Filipimu, i8/i5, p. 395 et 3a6).

On lit dans Tancicn dictionnaire Eul-^a ^'^ :

R Le tchéou-you ou tchou kièn (cocon de 1 arbre tchou). 11 se nourrit des feuilles de Tarbre tchou.

ccLe tse kièn (cocon de Tarbre tse). Il mange les feuilles de l'arbre Ue.

«Le huan kièn (cocon de Tarbre louan). Il mange les feuilles de l'arbre louan,

«Le hai^ ou siao làèn (cocon de la plante siao). Il se nourrit des feuilles de la plante siao. Ce ver ressemble au tsan (le tsan ou siang se nourrit de feuilles de marier, c'est le ver à soie ordinaire). 7)

Dans l'état présent de nos connaissances, le tchou est YAilanlus glandtUosa; ce ver à soie est donc le Phihsamia Cynihia dont nous avons déjà parlé. Le tse est probablement le Zizyphus lotus. Le huan est le Kœkeutera paniculala, et le siao parait être VArtemisia anniui.

On ne connaît pas encore les vers à soie qui vivent sur le Kœlreutera paniculata et sur YArteniisia annua. La première de ces plantes est, d'après M. F.-B. Forbes, dans la région dePé-king, dans le Chan-toung et dans le Kan-souh, au sud du Hoang-ho. VArtemisia annua se trouve dans un rayon beaucoup plus étendu , puisqu'on l'a observé dans la région orientale, depuis Pé-king et le Chan-toung jusqu'à Formosc et Hong-kong; on a remarqué que ses feuilles sont souvent rongées par une chenille.

L'auteur du Thièn-khong-khài-wi, Soung Ying-sîng, nous apprend qu'il y a des vers sauvages dans plusieurs des provinces de la Chine. 11 ne donne pas les noms de ces vers. Il indique toutefois qu'ils sont en plus grand nombre à Thsing-tchéou, à Y-chouï, etc.; dans ce dernier cas, c'est de VAniherœa Pemyi qu'il s'agit, car ce ver à soie est très répandu dans ces circonscriptions (du Chan-toung).

Le pays des Oïgours est, suivant des auteurs chinois, favorable

(» Traduction de M. le D' Brctâchncider. — Stanislas Julien a ciUS ce passage dans le Résumé des principaux traités chinois sur Véducation des vers à soie ( p. 89 ) , mais sa Iradiiclion, qui paiail n^avoir pas été faite diaprés Pédilion orijjinale de VEul-ya, n'est pas fout à fait «'xarl**.

à réducalion des vers à soie, el des vers y sont nourris à l'air libre, probablement à Yélal de demi-domesticité. L'auteur de la relation d'un voyage fait dans ce pays (le pays de Kao-tchang), de 981 ù 983, dont Stanislas Julien a donné la traduction, dit : <(Dans cette contrée, il y a des vers à soie sauvages qui vivent sur la plante kou-clièn; leur soie sert h faire des étoffes ^^\ n Sta* nisias Julien a traduit kou^chèn par Colutea, mais le kou-chèn parait être une plante de la famille des légumineuses ^^l

L'empereur Kang-hi ^^) prenait soin de tenir note des faits qui avaient arrêté son attention lors de ses voyages dans l'empire. Une de ses observations, qui nous a été conservée par les missionnaires de Pé-king, porte sur une espèce de ver à soie : t^Les mahométans qui sont au nord-ouest de la Chine, a écrit l'empereur Kang-hi, élèvent des vers à soie d'une espèce différente des noires : ces vers sont plus gros de la moitié, et la soie qu'ils filent est beaucoup plus forte et a une plus longue durée. Quarante fds de vers à soie sullisent pour un fil a mettre en œuvre, au lieu qu'il en faut quatre-vingts dans la province de Tché-kiang d'où nous vient notre plus belle soie ^'^\ jj

Isidore Hedde a trouvé des vers sauvages sur le yang-tao qu'il dit être un peuplier ^^^ Cette chenille et cet arbre sont jusqu'à présent inconnus.

Une lasiocampidée, le Gastropnclin anfrusilpcnnis de VValker, a été découverte dans le Tché-kiang par M. Ko|)sch. Le papillon est roux; il a 7 centimètres d'envergure.

On aura remarqué qu'il n'y a dans la langue chinoise que deux caractères ou mots servant à désigner les vers à soie. Simifr (l'ancien nom) et isan désignent le ver à soie ordinaire qui se nourrit de feuilles de mûrier. II semble donc que les autres lé|)idoptères séricigènes n'ont pas eu, en Chine, pendant un très long temps,

^'' Stanislas Julien, Mélaiifrca de Qvoip-aphie asiatique, p. 91 cl 1 13.

(') Le kou-c)ièn csl une plante de la famille des légumineuses, diaprés le dessin du Tehi-tDou-minfr-chi-iou-hao. (l'est a;i Japon, stiivanl le D*^ Brelsciineider, le Sophora anguali/oUa,

^^^ L'empereur Clièii|j-lsonj(}n (Kang-hi) a rqjiié de iGfi'i à 1733. ^

*^ Mémoires voncet-nant /i'« Chinois, t. IV, i77«), p. ■'j7'î.

'^' Descrijftion des pmduils dtvt'is , vU\ y p. ir»S.

de valeur d'utilUiî, puisque, dans une langue aussi riche en mois consacrds aux choses de la soie, aucun nom particulier n'a été formé pour distinguer le ver à soie du chêne, par exemple.

Les vers à soie sont connus sous le nom de Tarbre sur lequel ils vivent, le mot tsati (ver à soie) étant toujours le nom générique. On dit le ver à soie de Tailanle, le ver h soie du chêne, etc. Nous avons dit déjà que des vers différents portent le même nom, parce qu'ils se nourrissent de feuilles du même arbre; c'est ainsi qu'il y a plusieurs tchang-cliou isan, vers à soie du camphrier.

Nous devons à M. F. Klcinwâchter et à M. H. Kopsch l'annonce de la découverte et l'envoi de plusieurs vers sauvages autres que les précédents, vers qui n'ont pas encore été déterminés et qui sont probablement nouveaux.

Nous signalerons d'abord trois espèces de chenilles qui ne sont pas des fileuses de soie proprement dites. L'abri qu'elles construisent n'est pas un cocon, c'est un étui ou fourreau fait, soit seulement de feuilles repliées, soit de feuilles et de brindilles de bois, et qui est tapissé à l'intérieur d'une couche serrée de soie ou de bourre de soie. M. Frédéric Moore regarde ces fourreaux soyeux comme étant construits par des chenilles de la famille des Psychidées. Le professeur J.-O. Westwood a écrit un mémoire sur les lépidoptères du genre Oiketicus (des Psychidées), qui vivent sur différents arbres en Australie, dans l'Inde, à Geylan, dans les Indes occidentales ('). La chenille, après avoir fait un étui de feuilles ou de débris de la tige de la plante, le garnit de soie en dedans; elle l'occupe et le porte avec elle sur l'arbre dont elle mange les feuilles; elle y reste en se retournant pour s'y transformer en chrysalide, et s'enveloppe d'une coque légère d'une soie douce, fine, blanc jaunâtre ou blanc grisâtre. Le papillon femelle est aptère, le papillon mâle vient le féconder dans la même gaine. M. Moore a décrit des Psychidées de l'île de Ceylan ^'-l

(0 Proceedings of the Zoological Society of London, part XXII, 1 85à , p. a 1 9 à 9/1 3 , pi. xxYiv à XXXVII. — Voir les cocons de VOiketiciu Satmdergii, de la Nouvelle-Galles du Sud, et de VOikeiicui Templeiomiy de Ceylan.

^'^ \éEumeia Cramerii el le Bambahna coruorta (Tlie Leptdf^jHera ofCrylon, vol. II).

Nous avons reçu de la Chine, de la province de Tché-kîang, trois espèces de Psychidées : le yang-^hou tsan, le paî^hou t$an et le tchoun-chou isan^^\ Ces espèces n'oflrent pas d'intérêt, à ce qu'il nous semble, au point de vue de la soie.

Le yang-chou tsan (ver de l'arbre y(ing) vit sur un saule , le yang, qui est le Salix pentandra, suivant M. le D' Hance. Il a été re-^ cueilli dans plusieurs localités du Tché-kiang. La gaine est garnie a l'extérieur de feuilles et de huit à dix petits brins de bois rangés symétriquement et parallèlement. Elle a de 3o à 38 millimètres de long sur 8 à lo millimètres de large, et elle est munie d'un cordon de soie très court. Le poids est de âo centigrammes.

Le tchoun-chou tsan (ver de l'arbre Ichoun) fait un étui moins pauvre en soie que le précédent étui. Il a été trouvé k Lou-tou. Le cocon, très petit, est une gaine soyeuse entourée de feuilles, tapissée de soie, que la larve traîne et dans laquelle elle opère plus tard sa métamorphose. L'arbre khoun est le Cedrela sinensis, le tchéoU'lchoun est VAilantus glandulosa.

Le paï-cliou tsan (ver de l'arbre pal) est une autre psychidée, du genre Eumeta, d'après M. Moore, qu'on a rapportée de Nan-sin ou Nan-sun ; elle était sur l'arbre paî qui n'a pas été déterminé (on dit que c'est un saule).

Nous ferons une mention spéciale d'une chenille envoyée de Ning-po, en 1882 , par M. Kleinwiichter sous le nom de pèli-yangchou tsan (ver à soie de Yarhre pèh-yang) et que M. Moore pense appartenir à la famille des Ennomidées (dans la classe des Géométridées) et probablement au genre Selenia, La chenille dont il s'agit est une véritable fileuse de soie. Nous ne la connaissons que par son cocon. La construction de ce cocon est singulière. Le cocon est réellement tissé de la même façon que le cocon du ver du mûrier, avec cette différence qu'il est entièrement recouvert d'une feuille ou de feuilles repliées et faisant en quelque sorte partie du tissu, tant elles sont retenues par des liens de soie et imprégnées de grès. Le cocon a de 35 à ââ millimètres

^') M. W.-B. Pryer a si^rnolé une espèce d'Oikelicut comme abondante à Ghançiiaî. M. Kopsch nous a informé que VOiketieuM SaundersH ou une espèce vobiue se Irouvc dans le Tché-kiang sur le cyprès et sur d*aulros arbres.

de grand diamètre et de 8 à i & millimètres de petit diamètre. La bave qui forme le tissu du cocon a j^ de pouce anglais, c'est-à-dire i3 millièmes de millimètre de largeur, tandis que la bave du Bombyx mon d'Italie a a & millièmes. La bave du pèk-yang-chou tsan est formée de deux brins cylûidriques et lisses comme celle du Bombyx mori. Cette coque ou ce cocon, à double enveloppe, pèse de 5o à 60 centigrammes; il est presque entièrement rempli d'une soie, ou plutôt d'une bourre ou ouate de soie, de couleur jaune, jaune brun, brun clair ou brun roussâtre, dans laquelle repose la chrysalide. Cette bourre ou ouate se compose d'une bave molle, faible, très fine, ayant ^ de pouce anglais (6 millièmes de millimètre) de largeur. La bave du Bombyx mori est quatre fois plus grosse. M. Thomas Wardle a fait au microscope cet examen des cocons du pèh-^ang-chou tsan qui fait connaître des faits tout à fait nouveaux^^^ ce Les parois du cocon, dit M. Wardle, sont tissées avec une fibre continue; l'intérieur du même cocon est presque entièrement rempli d'une bourre jaune, formée de fibres de moitié plus fines, courtes, dans lesquelles on trouve quelques fragments d'une sorte de membrane tachetée et de rares petits morceaux irréguliers d'une matière qui ressemble à de la pierre. Toutefois la plus grande partie de la bourre est tout de fibres courtes. 9) L'arbre pèli-yang^-^ est : suivant les uns, le saule blanc, le S(dix pcntandrn; suivant les autres, un peuplier. L'émissaire chinois a découvert celte espèce dans plusieurs localités des départements de Hang-tchéou-fou, de Kia-hing-fou et de Houtchéou-fou, dans le Tché-kiang; il l'a observée surtout dans les cimetières. Les papillons sont très agiles, volent dans toutes les directions et se posent sur le premier arbre venu. Lia femelle pond ses œufs au haut des arbres. M. Kleinwàchter nous a fait remarquer qu'on ne lire pas parti de ces cocons dans le Tchékiang, mais, d'après lui, les cocons du pèli-yang-chou tsan sont recueillis sur les arbres, en janvier et en février, par des gens de Sou-lchéou-fou, et leur produit sert à faire des pongis^'^K Nous

^'J Lcllrc de M. Thomas Wardle du 99 mars i88/i.

^^) Les saules cl les peupliers sont dosi|;iiés eu Cliiiie sous le nom {rônérique deyang.

'*' IiHtn' t\('. M. KltMuwachlor duU'i' de \iiJ|»-po dti r) juillet iS83.

avons reçu des pongis et des toiles qu'on disait faits de cette soie et dont la matière première était tout autre. La soie était en très grande partie, sinon même tout entière , la soie de VAntherœa Pernyi. Les Chinois» interrogés de nouveau sur ce sujet, ont été moins aflSrmatifs, et ont déclaré que la soie du pèk-yang-chou tsan, du jwh-^èn tsan, mêlée à la soie d'autres vers sauvages ne se nourrissant pas de feuilles de mûrier, était employée, à Ghang-haî, à faire des tissus ^^\ Gela est encore incertain. Les cocons paraissent être trop peu nombreux, leur soie ou leur bourre est trop courte, trop molle, trop fine et en trop petite quantité pour qu'on puisse en faire usage dans l'industrie.

Nous avons reçu de M. Kleinwâchter une autre espèce de tchounchou têan (ver de l'arbre tchoun). Elle avait été recueillie, comme la première, à Lou-tou, dans le département de Hou-tchéou-fou, sur l'arbre tclioun. Ce n'était plus une psychidée; c'était un lépidoptère ayant construit un véritable cocon, petit, régulier, qui est recouvert entièrement d'une feuille. Le cocon a 3o millimètres de long sur 112 millimètres de large; il pèse de la à i5 centigrammes. Il est à parois minces, mou, formé de fibres brillantes imprégnées degr^*.

Un ver h soie d'une espèce particulière vit-il à l'état sauvage sur le khé (le Cudrania irilobd) ? La question n'a pas été résolue. AI. Kleinwâchter nous a envoyé, sous le nom de tché-chou tsan, une petite chenille presque noire qui avait été recueillie sur un de ces arbrisseaux dans le département de Hou-tchéou-fou. Cette chenille ressemble à celle des Ocinara^^ et lisse un cocon pointu à l'un des bouts. M. Kopsch ne croit pas à l'existence d'un ver sauvage du tché.

Nous savons par le Tchi'VDOu-ming''chi''toU'kao que des vers à soie se nourrissent des feuilles du camphrier, et ce camphrier est, d'après les exemplaires que M. le D"^ Hance et M. Franchet ont examinés, le Cinnamomum camphora de Nées et Ëbermeicr.

Les vers sauvages du camphrier ont échappé pendant plu-

^') LcUrc de M. Kieinwàcblor du 3 mars 188/i.

<-) ffLa clicnillc du tché-chou tMn est prubahienicnl celle d*uii Ocinaran (Frédéric MooFP, i8S5).

sieurs années aux recherches. Le père Armand David avait pris sur cet arbre les cocons réticulés d'un Caligula. Le Satumia pyre^ tonim dont nous avons déjà parlé vit aussi sur le camphrier. Les Chinois disent que la soie des vers du camphrier est particulièrement propre h faire des lignes pour la pèche et des cordes pour les instruments de musique.

Il est certain que le camphrier attire plusieurs espèces de vers à soie. On signale celles-ci dans l'ile de Formose, dans les provinces de Kiang-si, de Ngan-hoeï, de Tché-kiang, de Fo-kièn et de Kouang-toung, et on leur donne les noms de tcliang-tchong tsan, de Ichang'cliou Isan, de Nan-chou tsan, de ^Vi tsan, etc.

Le tcluing est certainement le camphrier.

Or nous avons reçu de M. Kleinwàchter et de M. Kopsch des renseignements sur quatre espèces vivant sur le icliatig.

En premier lieu, une de ces chenilles, que nous n'avons pas encore eue, est semblable, disent les uns, h celle qui vit à Tétat sauvage sur le mûrier; elle est un peu différente, suivant les autres. Elle serait dans le Kiang-sou et le Tché-kiang. M. Kleinwàchter, qui nous avait communiqué des renseignements qui confirmaient les précédents ^^^, nous a assuré, après avoir fait une nouvelle enquête, qu'il n'existe pas dans le Tché-kiang de ver h soie ne se nourrissant que des feuilles du camphrier; les chenilles et les papillons trouvés sur cet arbre y étaient venus, disait-on, accidentellement. Les Chinois supposaient que dos papillons du ver sauvage (lu mûrier avaient été portés par le vent sur des camphriers et y avaient déposé leurs œufs^'-^^

M. Kopsch s'est livré h un examen attentif, et a découvert que trois espèces au moins, appelées tchang-cliou tsan, vivent à l'état sauvage sur le camphrier dans le Tché-kiang. Nous en avons parlé précédemment. Une d'elles, le Philosamia Walkeri, ne quitte pas les environs de Yang-lou, dans le département de Hou^tchéoufou, et est aussi à Ning-po^^^. Les autres espèces sont de la famille des Sphingidées (une de ces Sphingidécs est le Cliœrocampa japo-

^') Mémorandum du 3o mars i88a.

^>) Lettre de M. Kleinwàchter du 9 juillet i883.

(^) Voirl. II, p. lo/i.

ESPÈCES DIVERSEa

nica)\ elles viennent de Chàn-lièn, dans le Hou-tehéou-fou, et de Ning-po. Le papillon est brun et a 4 centimètres d'envergure.

Un des émissaires chinois a dit d'un de ces tchang-cliou tsan trouvé dans le département de Hou-tchéou-fou que les chenilles se refusent ù manger dans l'intérieur les feuilles même sur de grandes branches coupées, qu'il faut absolument les mettre à l'air libre sur les arbres pour les élever, que les cocons sont faits au milieu de feuilles, qu'ils sont d'abord blancs, et qu'ils deviennent d'un gris cendré au bout de quatre ou cinq jours, que les papillons volent au loin et qu'on ne sait ou ils vont déposer leurs œufs.

Parmi les échantillons de soies réunis par les soins des commissaires des douanes maritimes chinoises, il y a plusieurs de ces soies filées dans le Kouang-toung et provenant de vers du Liquidambar fonnosana et du camphrier que nous ne connaissons pas. La soie du ver du LiquiJambar formosana [chcn-hsiang sse?) est récoltée dans le Kao-tchéou-fou; on en fait des tissus pour vêtements de deuil. Le ver du camphrier [yèh tsan) des environs de Patchoî sert surtout à faire du poil de iMessine, du fil pour la pêche et pour les instruments de musique. Aux monts Lo-féou et dans presque toutes les parties du Kouang-toung, on rencontre les vers sauvages du camphrier [tin tsan) et l'on en tire une soie grossière ^^l Le yèli sse (soie de vers sauvages) qu'on vend à Canton est peut-être le produit de ces vers.

YSH SSB.

CODLEUR.

GOlRDnAGE.

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