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deniers.
grammes.
grammes.
5,3oo
65o i,5oo
fr. e.
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J. Porter, Report, SUh, 1881, p. i^ et i5o.
Nous avons du Tclié-kîang d'autres vers sauvages, que nous avons reçus de M. Klein wâchter et de M. Kopsch :
Le pi-chou Uan, du département de Hou-tchéou-fou , ver de l'arbre pi ou pé, qu'on dit être un cyprès ^*^;
Le siang-chou tsan, ver du siang, et le siang est XEvonymus bungeana de Maximowicz^^^; ce lépidoptère, qui appartient à la famille des Lasiocampidées, n'a été recueilli qu'à Sin-chili, dans le Tché-kiang;
Le Ue-tèng-chou tsan, trouvé h Sia-chih, dans le département de Uang-tcfaéou, sur une vigne, qui parait être le Vitis Jlexuosa de Thunberg.
Enfin il y a dans la province de Tché*kiang trois arrondissements du département de Hou-tchéou-fou , ceux de Tchang-hing, de Ngan-ki-tchéou et de Hia-foung, où les vers à soie sauvages abondent. Cette région montagneuse est à peu près déserte et très peu sûre. Avant l'insurrection des Taï-ping, ces montagnes étaient prises h loyer par des gens qui y récoltaient les cocons des vers sauvages.
Nous ne connaissons les espèces répandues dans la péninsule indo-chinoise que par les récits de voyageurs, et un d'eux, le capitaine W. Gill, rapporte quelle a été sa surprise de voir dans la Birmanie, non loin de Bhamo, des myriades de lépidoptères, parmi lesquels de nombreux papillons de Saturniides ^^K
Des Saturniides et des Bombycides de l'Afrique, de l'Australie et de l'Amérique du Sud, dont plus de cent cinquante espèces ont été décrites, nous n'avons que des cocons dont la valeur industrielle est inconnue.
Isidore Hedde a rapporté du Cap de Bonne-Espérance un ver
(') Est-ce un cyprès? On ne connaît que le CupressuM funebris dans le Tclié-kiang. Le pi ou pé est probablement un Pinuê ou un Abieê.
^*^ Le même nom de aiang (avec le même caractère) sert à designer deux espèces de chêne, le Quercu$ bungeana de Forbes ol le Quei'cu» êcirata de Th»id);^r|j.
^'^î The River of golden sand, The nairalive of njaurney through China and Ea»lern Tibei to Bunnah, j88o, t. Il, p. '^97.
sauvage qui vit sur le Prolea argentea, arbuste très abondant; on tire (lu cocon de ce ver une soie te brillante et d'un aspect métallique f*^».
On a recueilli des cocons de plus d'une sorte sur la côte occidentale d'Afrique, et ces cocons sont presque tous contenus dans une poche ou sous un abri. La poche ou l'abri est garni d'une bourre épaisse qui est, dans certains cas, très serrée et pour ainsi dire feutrée. L'abri commun est l'œuvre commune des chenilles qu'il doit recevoir, et celles-ci font ensuite chacune son cocon, qui est groupé et rangé de différentes façons, toujours dans un ordre symétrique. Les cocons sont comme irradiés. Une de ces chenilles, une espèce du genre Anaphe et de la famille des Arctiidées, qui vit sur le tamarinier dans la région du haut Sénégal, construit un cocon ovoïde, de grosseur moyenne, jaunâtre ou roussâtre; les cocons (de 3o à 35 millimètres sur i5 à âo) sont groupés ensemble au nombre de vingt à vingt-cinq, très serrés, et sont entourés d'une bourre légère. On trouve, dans la contrée qui s'étend le long du golfe de Guinée, une autre espèce dont l'existence en société au dernier âge est encore mieux marquée, elle appartient aussi au genre Anaphe. Les exemplaires provenant de Porto-Novo, sur la c6te des Esclaves, et d'Assinie, à l'extrémité de la côte d'Or, sont à peu près semblables. Le cocon a la forme d'une gaine ou d'un doigt; il est petit, allongé, de 3o à 36 millimètres de long sur 8 à 1 0 millimètres de large, et sa couleur varie du blanc au brun roussâtre; il est ouvert. Ces cocons sont rangés symétriquement dans la poche et sont serrés les uns contre les autres. La poche, soyeuse, d'un tissu serré, garnie de bourre, a de la à i5 centimètres de diamètre.
Ces poches et ces cocons de la côte occidentale d'Afrique n'ont encore été soumis à aucun essai. Ils peuvent avoir quelque valeur comme matière première pour le peignage; toutefois les fibres paraissent ôtre faibles.
On a signalé, en Australie: YAniherœa Hehm de While, au
^^^ Deêcription méthodique dei produit* divers recueilUâ dans un voyage en Chine, p. 17.
cocon brun; le Dsydœmona Plulo de Westwood, au cocon brun clair (qu'on retrouve dans le Venezuela), et un lépidoptère de la famille des Liparidées, le Chelepierix Collesi de Gray [Satumia Laplacei de Feisthamel) , dont le cocon est gros et blanchâtre.
Plusieurs Saturniides du genre Copaxa sont dans rAmériquedu Sud, en Afrique et en Australie ^^^
Nous ne connaissons des produits des vers sauvages sud-améri-cains qu'un cocon et que deux poches soyeuses. Le cocon , semblable à celui du ver du mûrier, mais beaucoup plus gros, est entouré d'une bourre assez grossière et blanc jaunâtre; la soie est blanche, brillante et 6ne. Ce cocon a été recueilli dans la province de Casanaré (?) de la Nouvelle-Grenade^'-^. Au Chili, on trouve dans les forêts voisines de Santiago des poches soyeuses, d'un blanc sale, qu'une cordelette lient suspendues aux branches; elles ont 17 centimètres de long et 7 centimètres de large, et l'on assure que les (ilamonls sont de la même nature que ceux du Bombyx mori La bave est formée de deux brins. Ces poches sont certainement destinées à abriter de nombreux cocons, comme les poches du même genre qui ne sont pas rares â Madagascar et sur la côte occidentale d'Afrique, et elles sont l'œuvre commune des chenilles qui tissent plus tard les cocons ^^\ On a découvert dans les Cordillièrcs, sur le territoire de San Salvador, des cocons qui sont probablement des poches semblables à celles dont nous venons de parler. La longueur est, dit-on, de 3o à 76 centimètres de long, et le fil qu'on en a tiré serait «très doux, élastique et assez tenace. On rapporte que les brins sont cylindriques et translucides, et se ra])prochent de la soie tussah de l'Inde pour la couleur et la qualité.
Enfin M. Targioni-Tozzetti a fait mention de poches faites au Mexique chacune par plusieurs lépidoptères, et dont les fibres
(') Un Copaxa, ie Copaxa phœdtua, de Drury, grande espèce qui parait peu éloignée des Antherœa et qui est propre à l^Afrique, ne construit [las de cocon de soie; la larve pénètre dans la terre pour y accomplir sc^ métamorphoses.
^^) Loiseleur-Deslonijchamps, Nouvelles coruidération» sur les vers à soie, 1889, p. laS et 199.
^^' Bulletin des soies et des soieries, q6 juillet 188/î.
seraient la soie viiskea qu'on mettait en oeuvre dans ce [>ays avant la conquête''^
Nous ne terminerons pas ce chapitre sans revenir sur le ver h ■ soie que les anciens ont connu et dont ils ont mis la soie en œuvre. Nous avons déjà Fait mention de cette espèce, décrite par Arislole et par Pline, et qui est très probablement, on peut mémo dire certainement, le Pachypaia atus de Drury'^', classé dans la famille des Lasiocampidées.
Piichypata olat (larie) <''.
Celte espèce est à l'état sauvage, en Turquie, en Grèce'*', dans
''' Rtlaiione tapra la mla raoagha, p. i3 <?t ti,
C On ilonoe souvent i cette espèce le nom de Latiocanpa otai.
I*) Le clnuin a été fail d'après ane clienitle souillée et par luile un peu déformée; la clienille rampanl n'a pas le» pallts aussi liaulpa et aussi raidcs.
'*) Pamphilc, qui la première fîla en Grèce 11 soie d'une chenille indigène, demeurait, suivant Aristole, dans l'ilc de Cas, et, au dire de Pline, dans l'Ile de Céos. Le FticliifpaMa alUM a clé découvert sur le littorat de l'Asie Mineure qui est le plus rapproché de l'Ile de Cos, et il serait aussi dans t'ile de Zéa, une des (:fclades(le Cëos des anciens), d'après co qui a été rapporté au consul de France i Sjra. M. Pe- Ijehaki, agent consulaire de Franc« à Relimo. dans l'ile de Crète, a trouvé un beau cocon de ce ver au pied d'un cbéne, dans la terre, au mili<>u des racines; ce cocon est plus épais à la partie eupéricuri'.
quelques-unes des îles de rArchipei , les unes turques et les autres grecques, en Sicile^^^, dans l'Italie méridionale, dans la Dalmatie et dans les Balkans. Elle est assez rare. Elle vit sur le cyprès, le lentisque, le frêne et le chêne.
Cornalia a publié en 186 5 tout ce qu'on savait de son temps sur cet insecte ^^\ et de nouvelles observations ne paraissent pas avoir été faites depuis lors. Vincenzo Correale est le seul qui a étudié les mœurs de ce lépidoptère nocturne; il a fait son étude, en 1867, près de Gotrone, dans la Galabre.
Le Pachypasa otus vit neuf mois; il est sous la forme de chenille du milieu de novembre jusqu'en juillet de l'année suivante, tantôt broutant les feuilles, tantôt faisant une mue et s'assoupissant; il demeure dans l'engourdissement pendant tout l'hiver. La larva se réveille à la (in de mars, achève son développement et ses mues; la croissance s'arrête à la (in de juin, et l'insecte construit alors son coron.
La chenille est grande et velue; elle ne mange que la nuit.
Les cocons sont assez grands, ovoïdes , allongés . ouverts. Il sont de 70 à 85 millimètres de grand diamètre et de 35 à ào millimètres de petit diamètre. Leur couleur est blanc grisâtre, blanc rosé ou blanc jaunâtre.
Ces cocons sont entourés de peu de bourre.
La tissure du cocon du Pachypasa otus est plus lâche et moins régulière qu'elle ne l'est dans le cocon du Bombyx mori. La bai^e ne se dévide pas facilement; elle ne se dévide pas non plus uniformément, elle vient souvent par paquets, par costes,
La bave est formée de deux brins égaux et cylindriques.
Elle a été mesurée par plusieurs observateurs.
^*) Le Pachypasa olu$ a été recueilli en Sicile, aux environs de Païenne, â Castelbueno, à Gonalo, à Saint-Anastasc, à Vensinia, etc.
^*) E. Cornalia, Del bruco del lentitco ( Lasiocanipa otus, Drtiry), dans les Atti délia Società italiana di ictenzi nalurali, vol. VIll, i865, p. 186 à 199, pi. 9.
grès qui les entoure est d*un bleu pâle^'^. » Ce grès est tout à fait différent de celui que s<5crète le Bombyx morî; il est comme mucilagineux. Il est répandu abondamment et irrégulièrement dans la masse du cocon.
La bave, décreusëe au Laboratoire d'étude. de la soie h Lyon, a donné de 65 à 67 p. 100 de grès. Cette perte de 65 à 67 p. 100 s^applique au cocon entier. La perte pour le cocon entier (^blaze comprise) est de 3 â p. 100 chez le ver du mArier du Cambodge, de 35 p. 100 chez le Bombyx atracanensîs de la Birmanie et de ào p. 100 chez le Rondotia menciana^^K Les cocons de ces espèces ont la plus forte proportion de gris. La soie grège de l'Europe, du Levant ou de la Chine, décreusée, perd, en moyenne, 21 i/3 p. 100 de grès. Cette proportion représente la perte pour la soie provenant des vestes intérieures du cocon.
La tissure du cocon n'a pas la régularité de celle du cocon du ver du mûrier; cela vient de ce que la chenille donne moins d'épaisseur aux parois abritées et en donne plus aux parois à découvert.
Cornalia rapporte que le cocon, après avoir été bouilli dans une lessive, a été dévidé à la main très facilement; les cocons pesaient chacun de 80 centigrammes à 1 gramme. Un cocon vide trouvé près de Retimo, dans l'ile de Crète, pèse 9 grammes et demi.
La bave a paru à M. Targioni-Tozzelti trop faible pour pouvoir supporter les procédés ordinaires du tirage, de l'ouvraison et de la teinture; M. Moore est du même avis. Les essais faits au Laboratoire d'étude de la soie ont confirmé cette opinion ^^). Quand on dévide le cocon , si la bave se présente simple, elle se casse promptement, et, si elle vient en paquets, les baves sont si enchevêtrées qu'on ne peut pas les séparer. Ce qui se produit au tirage s'explique, d'une part, par la façon irrégulière dont le cocon a été construit , irrégularité voulue par l'insecte , qui , comme nous venons
(') Lellrc de M. Thomas Wardic du 18 mai i885.
(^^ Essais faits au Laboratoire d^élude de la soie de Lyon.
(^) On n^a en encore qu'un très pelil nombre de cocons, cocons 1res secs el en mauvais élal. Cornalia, qui a constaté le facile dévidage de la bave, a disposé probablement de cocons frais , meilleurs et pcul-^lre moins chaînés de grès.
de le dire, a placé un plus grand nombre de vestes ou couches de bave aux endroits les plus exposés, et, d'autre part, par l'abondance du gris et sa grande solubilité.
La bave du Pachypasa otus ne peut pas être tirée, du moins par un procédé industriel. Les cocons sont de ceux qui doivent être réservés pour le peignage. Autrefois on en tirait parti de cette manière. Pline a dit : «Les coques jetées dans Teau s'amollissent, puis on les file au fuseau.» Les baves étant fines» on filait à un titre assez fin, et l'on faisait de cette soie des étoffes légères.
Le Pachypasa otus n'a en réalité qu'un intérêt historique. Il vit encore aux mêmes lieux et sur les mêmes arbres où Aristote et Pline l'ont signalé. Son identité avec la chenille dont les anciens Grecs ont filé la soie ne parait pas douteuse^').
Quelques-uns des vers dont nous avons parlé plus haut, le Philosamxa Cynlhia et le Philosamia ricinl, VAntherœa myliita, VAniherœa Pemyi et YAnlherœa yama mai, ont été acclimatés dans différents pays^^^ et l'acclimatation a même été si complète que le Philosamia Cyniliia, par exemple, existe à présent à l'état sauvage sur l'ailante sur plusieurs points de la France, et en particulier aux environs de Paris. Cette espèce a donné lieu h un grand nombre d'entreprises d'élevage ^^K On fait à présent des éducations de YAntherœa Pemyi en plein bois et entièrement à l'air libre,
t^) Einiiio Gornaiia , Del bruco del kntûco , 1 865 (dëjà cité). — Ad. Tar^poni-TozzelU , Relazione intorno ai lavori délia stazione di Entomologia agrai'ia di Fireme per Vanno iSjS {Annali del Minûterio di agricoltura, indtutria e comtnercio, 1876, vol. LXXXIV, p. /Î3 et â/i). — Luîgi Failla-Fedaldi ^ Petitet wmvelles entomologiques , vol. II, p. i83 cl 186, 1 5 novembre 1877. — L. Demaison, Recherches tw la soie que les anciens tiraient de Vile de Cas, i88â. M. Demaison a vu, le premier, dans le Pachypasa otus, la chenille de Tile do Cos. — La soie de l'île de Cos (dans le Bulletin des soies et des tôleries du 9 3 mai i885).
<^) L^bisloire de celle acclimatation a été écrite plusieurs fois; nous nous bornerons à renvoyer aux rapports du Jury des insectes utiles, faits : Tun, à la suite de TËxposition universelle de 1867, par M. Emile Blanchard (Rapports, t. XII, p. &o3 à /ii6); Tautre, à la suite de TËxposilion universelle de 1878, pnr MM. Balbiani et Maillo (p. 1 à la).
^') Un ouvrage, rempli de faits, a été consacré au ver de Tailantc en vue d'en faire Tobjel d*une exploitation régulière; il est intitulé .* L'ailante et son Bombyx, par Henri Givelet, 1866.
en France, dans les dëparlements de Meurthe-et-Moseile , de Seîneet-Oise et du Gantai , et nous avons dit plus haut le développement que l'élevage de ce ver a pris dans le Guipuzcoa, en Espagne.
Nous n'avons pas à nous occuper ici des croisements qui ont été faits, ni des hybrides des Aniherœa mylitta et Antherœa yama mai, des Antherœa Roylei et Anilierœa Pemyi, des PhUosamia Cynthxa et Philosamta rieini, dont on regarde l'acquisition comme assurée. Ces essais n'ont jusqu'à présent aucune portée industrielle ^^\
Nous ne voulons pas non plus nous engager dans l'examen de variétés ou de races indiennes, entretenues dans cet état de demidomesticité qui est le seul mode pratique d'élevage, races qui ne sont peut-être que des hybrides ^Aniherœa ou de PhUoMfnia.
L'élevage d'une vingtaine d'espèces ou de variétés de lépidoptères séricigènes, asiatiques ou américains, en lieux clos ou h l'air libre, a été entrepris depuis plusieurs années en Angleterre par M. Alfred Wailly. Ces insectes sont nourris avec les feuilles d'arbres ou d'arbustes d'Europe. M. A. Wailly a rendu compte chaque année des résultats de ces éducations ^'^K
(') Nous n^avons fait que mentionner ces diverses entreprises dont on connaît Je sort. Nous nous bornerons à rappeler le langage que Sully a tenu à Henri IV, dans des circonstances où les projets du roi présentaient plus d^espoîr de succès : «Sa Majesté doibt mettre en considération qn^aulant qu*il y a de divers climats, régions et contrées, autant semble-t-il que Dieu les ait voulu diversement faire abonder en certaines propriétez, commodités, denrées, matières, arts et métiers spéciaux et particuliers, afin que par le commerce et trafic des choses, dont les uns ont abondance et les autres disette, la fréquentation, conversation et société humaine soit entretenue entre les nations, tant éloignées puissent-elles être les unes des autres» {CEconomieê royales y 1. 1, chap. XXV, p. 180 et 181 ).
^*^ Les comptes rendus de ces éducations ont été insérés dans le Bulletin de la Société d'acclimatation et dans le Journal de la Société des Arts de Londres.
232l SOIES DES VERS SAUVAGES.
teux que ceux pour la soie du ver du mArier» sont tout à fait industriels, et le prix n'en est pas trop élevé ^'^.
Le blanchimenl n*est pas absolu » du moins en faisant usage du procédé qui est entré dans la pratique. On donne à la soie un blanc qui est suffisant pour appliquer ensuite les couleurs, même les plus claires, mais on n'obtient pas la véritable blancheur. Nous parlons plus loin du marinage.
Nous avons demandé à notre collègue M. Thomas Wardle, qui a fait, comme nous l'avons dit, tant de travaux remarquables sur les soies des vers sauvages de l'Inde, une étude des applications qu'on fait aujourd'hui de ces soies en Angleterre, et, dans ce mémoire qu'on trouvera dans l'Appendice, M. Wardle a présenté des explications qui forment un très utile complément de nos remarques.
La ténacité et l'élasticité sont deux qualités précieuses dans bien des emplois. D'après Persoz père, quelle que soit la finesse, tandis que la ténacité est représentée par i pour les soies des vers du mûrier de l'Asie (de la Chine, de l'Inde ou du Levant), et par 3.6 pour les soies des vers du mûrier de la France, elle l'est par 3.9 pour les soies de plusieurs espèces de vers sauvages. Quant à l'élasticité, également d'après les expériences de Persoz père, si on l'exprime par 1 pour les soies de l'Asie, on l'exprime par i.5 pour les soies de la France et par 1 .8 pour les soies des vers sauvages. Gela n'infirme pas ce que nous avons dit plus haut : a finesse égale, la soie du ver du mûrier est plus tenace et plus élastique.
Cette force plus grande de la soie des vers sauvages, et en particulier de la soie de ÏAntlierœa myliua, de VAntlwrœa assama et de YAntlierœa Pernyi, provient très probablement de la structure de la bave qui, au lieu d'être formée de deux fibres ou hrim, l'un et l'autre entiers, d'une seule coulée, est formée de deux brins, dont chacun parait âtre un faisceau de plus de vingt fibrilles. Nous montrerons plus loin, dans le chapitre VIII, quelle est, d'après M. Blanc, préparateur à la Faculté des sciences de Lyon, la cause de la striatton de la bave des Saturniides.
(') Le décreusage, quelque loin qu^on Tait poussé, u*a pas suflî pour que la suie f^roQc ou le fil de bourre de soie ait pu prendre toute sorte de teinture.
Le tableau suivant met les faits ci-dessus en lumière ; il présente les résultats d'essais qui furent faits, en 1860, avec le sérimètre de Froment, par notre ami Persoz père, qui a laissé un nom honoré dans la science et dans l'industrie ^'^ :