‹ L'art de la soie. Les soies (volume 2)Chapitre 152 sur 172 · ESSAIS DE FILATURE A LYON · texte numérisé non relu

ESSAIS DE FILATURE A LYON

Un triage rigoureux des cocous est la première condition à remplir pour faciliter le traitement à la filature qui demanderait des soins spéciaux.

C'est là un point sur lequel les deux filateurs auxquels nous avons confié ces cocons insistent avec raison et sur lequel Tattention du Gouvernement de Tlnde nous parait devoir être appelée.

La même observation nous a été faite par MM. Franc père et fils et Martelin, qui ont bien voulu expérimenter le lot de cocons percés ^*^.

«Pour donner chance de succès à l'importation de ces déchets ^ nous disentr-ils dans leur rapport, la première condition serait d'exiger des expéditeurs un triage très soigneusement fait des cocons clairs et des cocons foncés. Ces derniers devraient être mis à l'écart; nous les considérons comme inemployables à cause de leur couleur. Un décreusage même très énergique n'arrive pas à les blanchir suffisamment pour que les consommateurs de schappe puissent employer d'une façon sérieuse le fil obtenu.

« Rien ne s oppose par contre à l'emploi des cocons clairs. L'essai que nous en avons fait a été assez satisfaisant.

c(Au décreusage, nous avons dû faire perdre environ 3 p. loo de plus qu'aux déchets ordinaires pour arriver k avoir une matière bien préparée au peignage. Malgré cela , et bien que les cocons soient relativement clairs, cette matière a conservé une teinte terreuse peu flatteuse qui fait craindre une difficulté à prendre certaines nuances à la teinture.

c( Au peignage, nous sommes arrivés à notre rendement habituel* Les filaments sont longs et brillants, malgré leur peu de finesse résultant de l'origine des cocons. Leur souplesse est suffisante pour qu'ils se prêtent bien à la filature.

« La valeur des déchets étant des plus variables, il n'est pas possible de fixer eiactement celle qu'il faut assigner à ces cocons.

«Nous estimons que cette valeur doit être d'environ 3o p. loo inférieure à celle des cocons venus des magnaneries. Cette différence est justifiée par la perte au décreusage, la couleur du

^•î Les cocons éri.

produit et son peu de finesse. Les bons grainages européens, qui nous donnent environ 80 p. 100 de matière soyeuse propre à être travaillée et s o p. 100 de chrysalides ou autres déchets, valent en moyenne 1 o francs.

ce Les bons cocons clairs de tussah, donnant le même rendement de matière soyeuse, trouveraient sûrement acquéreurs à 3o p. 1 00 de moins , soit à 7 francs.

«D arrive à Marseille des quantités de déchets du Japon qui ne se vendent pas plus de 9 à 3 francs; le prix de 7 francs doit donc être largement assez rémunérateur pour qu'il y ait avantage à faire venir ces cocons en Europe. »

U résulte de ce rapport que l'importation des cocons percés de tussah présenterait des chances de succès très sérieuses. Les produits que MM. Franc père et fils et Martelin ont obtenus sont très beaux et trouveraient un emploi assuré dans le tissage des étoffes mélangées soie et schappe ou coton et schappe.

L'importation des cocons étouffés offrirait peut-être moins d'avantages. Les populations de l'Inde ont sur nous la supériorité d'une main-d'œuvre à très bas prix, ce qui leur permet de dévider le cocon très lentement et d'en tirer le meilleur parti possible. La valeur de la marchandise nous parait trop faible pour supporter des frais de transport considérables à raison du volume et du poids de ces cocons 9 volume et poids dans lesquels la chrysalide entre pour une grande partie.

Telles sont, Messieurs, les réponses que je vous propose de faire au Gouvernement de l'Inde, en le remerciant des envois de cocons qu'il a bien voulu soumettre à notre examen.

Lecture faite de ce rapport, la Chambre décide qu'il sera adressé à M. le Ministre de l'agriculture et du commerce, avec prière de vouloir bien le transmettre à M. le Ministre pour l'Inde à Londres.

Des échantillons des produits obtenus, soit des cocons étouffés, soit des cocons percés, seront joints au présent rapport.

RAPPORT SUR LES SOIES DES VERS SAUVAGES DE TINDE ET SUR LEUR EMPLOI DANS ^INDUSTRIE,

MBMBII DU JUIT IRTBRRATIOHAL DB L^RPOSITIOH UNIVBII8BLLB DB 1878.

{traduction.)

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