DE LA TEINTURE
Les matières colorantes avec lesquelles les soies sauvages se combinent le plus facilement sont les matières artificielles d^vées de l'aniline et de la naphtaline , les composés azoîques et diazoiques et les autres produits tirés du goudron. On les applique sur la soie sauvage de la même façon que sur la soie ordinaire ; mais il convient d'opérer à une température plus élevée et d'employer une plus grande quantité de matière colorante.
Les matières colorantes végétales, avec ou sans les mordants usuels , agissent plus faiblement sur les soies des vers sauvages. Les couleurs que ces matières donnent, quoique peu nourries et éclatantes, sont cependant en général assez bonnes.
^') Ce prix n*a pas été dëcerné, et la quettion a M remiae au conconn poor le jugemeDt être rendu en 1886. L^eau oxygénée, étant employée à présent pour le bbnehiment des plumes, des cheveux, etc., est produite en grande quantité, et le prix en a diminué. (N. R.)
Il est inutile d'entrer dans le détail des procédés, car, d'après ce que j'ai dit, tout teinturier saura bien comment teindre les soies sauvages plus on moins blanchies.
DE L'IIIPBESSION.
Depuis que, grâce aui perfectionnements du tirage (redù^)^ de la filature {^jnmUng) et du moulinage des soies des vers sauvages» on a réussi à tisser ces soies pour en faire des étoffes de toute sorte pour la consommation européenne (étoffes dont je parierai dans le chapitre suivant) , on s'est demandé si l'on ne pourrait pas décorer ces tissus , au moyen de l'impression , de dessins en toutes couleurs.
Il y a bien des années que mon attention s'est portée pour la première fois sur cette partie du travail, et j'éprouve quelque satisfaction à rappeler mes succès dans l'impression sur ces tissus d'une gamme des couleurs les plus variées. Je crois qu'il serait difficile d'obtenir de meilleurs résultats. Je suis donc arrivé, à une époque déjà éloignée, à imprimer sur les tissus de soie sauvage des dessins de toutes couleurs aussi bien que sur les tissus faits de soie ordinaire du Bombyx du mûrier.
Les méthodes d'impression sont à peu près les mêmes que celles qu'on emploie pour les autres soies.
Les tissus de soie tus$ah prennent très bien , comme on l'a vu plus haut, les couleurs d'aniline, surtout sur fond blanchi. Je me borne à dire qu'on se sert des matières épaississantes ordinaires, et qu'on peut imprimer de la façon habituelle soit à la main , soit à la machine.
Outre les couleurs d'aniline et les autres couleurs tirées du goudron, je mentionnerai aussi les matières colorantes dont on faisait usage autrefois. Toutefois la soie tus$ah prend ces dernières couleurs avec moins de facilité et les retient avec moins de force , entre autres le bleu au prussiate, les couleurs tirées des divers bois de teinture, de la cochenille, etc.
Je n*ai pas besoin de donner plus d'explications sur la manière d'appliquer les matières tinctoriales par l'impression ; c'est ce que sait faire tout imprimeur expérimenté.
Les tissas de soie tussali, tant ceui qui ont été tissés dans Tlnde ou en Chine par les indigènes que ceux qui ont été fabriqués en Europe, retiennent la matière colorante brune de la soie avec plus de force que les fils eux-mêmes, et cette matière résiste même à Faction du procédé par le bioiyde de barium ou l'eau oxygénée. Quand on veut imprimer des tissus de soie tussah, il est plus nécessaire de blanchir les tissus qu'il ne Test de blanchir la soie qui doit être teinte en fil, car, si le tissu n'a pas été blanchi, les couleurs imprimées se présentent d'une façon peu satisfaisante.
Les tissus de soie sauvage imprimés servent pour tentures d'ameublement, rideaux, portières, housses de meubles, ainsi que pour robes; ils sont d'un effet charmant, et les soieries de tussah avec dessins Pompadour ont été récemment fort h la mode en Angleterre.