PÉRIODES TRIE
INHALES.
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Déchets de fils de bourre de soie (wastê flon Milk)
TOTAOX
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Nous avons dit déjà que Tlnde fournit une grande quantité de cocons percés et de déchets, de /tocooo à 5oo,ooo kilogrammes par an d'après les états de douane de l'Inde; c'est l'Angleterre qui en reçoit le plus.
La consommation de cocons ouverts ou percés et de déchets chez nos voisins de l'autre c6té de la Manche est si élevée et suit une telle progression qu'on apporte en Angleterre une attention parti* culière aux moyens de trouver de nouvelles sourcesd'approvisionnement de ces matières. Les Anglais sont devenus les principaux consommateurs de cocons tussah percés de l'Inde, ainsi que des autres cocons ouverts ou percés des vers demi-domestiques ou sauvages de l'Inde. C'est même l'emploi pour le peignage et la filature que, dans l'état présent. des choses, M. Thomas Wardle a eu le plus en vue, dans l'intérêt de l'Angleterre et de l'Inde, dans le cours des
(') Comparatioe tables of impcrts and exports , , , ai Mis Impérial Majesty's customs of Japon Jrmn the year tSSS to i88i, published by the Bureau of customs.
études et des travaux qu'il a accomplis sur les vers à soie de Tlnde, de sorte que M. Wardle a pu écrire, en parlant de ces cocons : «... S'ils ne peuvent pas être tirés, ils peuvent être cardés, et il y a plus de demande de fils des cocons cardés que de fils des co* cons tirés ^^\ v
L'attention que les dateurs anglais donnent à ces matières a déterminé un homme qui s'est livré avec succès en Angleterre & l'élevage de lépidoptères séricigènes sauvages, M. Alfred Wailly, à faire faire l'essai au peignage des cocons provenant de ses éducations. Ces essais, faits à Macclesfîeld, ont porté sur les cocons de quinze espèces, et des résultats intéressants ont été obtenus. Les soies peignées tirées de ces cocons peuvent être filées. Les cocons du Philosamia ridni et de VAniherœa Raylei ont fourni des barbes longues, fines, brillantes, de couleur très claire; les soies peignées de YAntlierœa Pemyi sont également d'un emploi avantageux. Les cocons du Philosamia Cynthia, de YAntherœa myliUa, du Cricula trifeneslrata , de VAUacus Allas, ceux des vers sauvages des Etat»-Unis, ont les uns et les autres des qualités différentes, mais on peut en lirer bon parti. Les derniers de ces cocons, ceux des vers nord-américains, d'ailleurs assez rares, nous inspirent des doutes sur leur valeur manufacturière.
Les cocons ouverts ou percés des vers sauvages ne peuvent manquer d'être, en France, à raison de la possibilité de leur application au peignage et à la filature, l'objet d'essais conduits avec suite. Ces essais ont été faits en Angleterre , et ont eu pour conséquence l'introduction de nouvelles matières dans quelques-unes des usines de ce pays.
Dans tous les pays où l'on récolte la soie et où l'on en fait emploi, on file les déchets qu'elle laisse. En Asie, on a conservé les anciens modes de filage à la main, à la quenouille, au rouet; en Europe et aux Etats-Unis , on file au métier.
^^' M. Thomas Wardle, cité par M. A. Wailly (iVof«f cm th9 rtarmg of nUc-producmg bombycei in tS83, p. s).
les Arabes les filaient au xii* et au xiii* siècle. Le filage est fait à la main dans plusieurs localités, entre autres à Murcie.
CHINE
On file les cocons percés, les cocons défectueux, les frisons, les bourres, etc., en Chine, dans presque toutes les provinces; nous connaissons les fils faits dans les provinces de Ching-king, de Chan-si, de Chan-toung, de Koueî-tchéou , de Sse-tchouèn, de Ho-nan, de Kiang-si, de Tché-kiang, de Kouang-toùng. lis ont tous le même défaut (et ce défaut provient du mode de préparation^^)), ils manquent de brillant. Tous les cocons ouverts du Philosamia. Cynthia, les cocons de YAttacus Atlas, ceux du Saturnia pyretarum et une partie des cocons de YAniherœa Pernyi sont filés au fuseau ou au rouet.
Le filage à la quenouille ou <iu rouet s'appelle yaitg".
Les bourres et les déchets de soie et les fils qu'on en fait sont désignés en chinois sous cinq ou six noms différents.
Les Chinois pratiquent le procédé du décreusage et celui de la fermentation , mais le procédé qui est le plus en usage est celui du décreusage. Il y a différentes façons de préparer les matières; voici comment on opère dans le Tché-kiang. Les cocons percés, doubles, piqués^ défectueux, les frisons, qui sont généralement employés pour la filature, sont battus dans de l'eau claire renouvelée plusieurs fois par jour. On les soumet ensuite à l'ébuUition dans une lessive de cendres de paille, à laquelle on ajoute, vers la fin de cette opération, un peu d'huile de dolichos. On met ensuite les cocons dans des paniers à claire-voie et oh les rince dans une eau courante. Le décreusage des cocons des vers sauvages destinés au.peignage n'est pas fait fout à fait de la même manière. La lessive faite avec des cendres de charbon de bois est un peu plus forte. On étend les cocons sur des tamis, et on les arrose de lessive froide à plusieurs reprises. On les fait passer aussi plusieurs fpis dans une chaudière contenant de la lessive chaude, on
^*) Nous voulons parler du décrcusage des cocons.
les met de nouveau sur les tamis, et on les soumet à l'action de la vapeur pendant quelques minutes; on rince à fond, on fait se* cher et Ton file- au moyen du métier ordinaire à filer le coton (^).
On procède dans le Glian-toung et en Mandchourie à peu près de la même manière. Les cocons percés de VAntherœa Pemyi, ceux de la récolte du printemps comme ceux de la récolte de Tau* tomne, une partie des cocons entiers de la récolte de Tautomnc, sont bouillis dans une dissolution de carbonate de soude et sont ensuite lavés dans de Teau bien claire. On retourne alors chaque cocon comme on le ferait d'un doigt de gant, on place une dizaine de cocons l'un sur l'autre au bout d'un petit bâton de bambou, on a une petite broche destinée à recevoir le fil, et l'on se met à tirer et a tordre l'étoupe, comme on le faisait autrefois pour le chanvre ou le lin^'^). On file aussi au rouet (^).
Nous avons mentionné précédemment les instructions sur l'éducation des vers à soie et la filature que Wan Tchou, trésorier de la province de Kiang-sou, a rédigées et a publiées en i84â. Wan Tchou s'est occupé des déchets. « Les cocons qui ne conviennent pas pour le tirage, dit-il, servent à faire de la soie d'étoupe. On fait une lessive de cendres de paille, dans laquelle on verse de l'huile odoriférante. On fait bouillir les cocons dans cette lessive, et ensuite on les rince à fond dans de l'eau courante. On réduit les cocons en étoupe, on étire et l'on nettoie cette étoupe, et on la file au rouet ^^\ »
Les fils de déchets de soie servent au tissage ^^^ Les étoffes sont très variées, faites le plus souvent, chaine et trame, de ces fils; le
(0 F.K\éin\f9àkicr,R$part,SUk, 1881, p. 58.
^') Le père dlncarville dil : «Les cocons (des vers du chêne) vuidés de leurs chrysalides et renversés sur eux-mêmes en capuchon, sont fort aisés à Gler. Il ne faut que les faire revenir dans an peu d^eau tiède, les coëfTer les uns des antres, comme on fait des dés k coudre, et puis les «nBler dans nne petite quenouille au nombre de dix h douze. . . n {Mémoirei concernant les Chinois , t. II, p. 697).
('> D' D.-B. Mac Gartee, On tome wild nlkwomu of China, 1866, p. 77. — A. Fauvcl, The tcild nlk-worme, 1877, p. 19. — J.-Alex. Man, Report, Silk, 1881 , p. 19.
(*) The Chineee Repotitory, vol. XVIII, 18/19, P* 3i3.
^*) Ces fils sont consommés entièrement en Chine. On n'en a exporté de Changhai que 9,070 kilogrammes en 1889 et que 3 10 kilogrammes en i88à.
plus grand nombre sont des toiles unies, écrues. d'une tissure serrée, appartenant au type des pongis.
On lit dans le Thièn^kong^khaî-wé : «(Dans le district de Hou) La soie qui flotte autour du cocon s'appelle sse-hnumg. On file cette bourre, et avec ces fils on tisse Tëtoffe commune appelée Hou-tchéou. 7>
Celte industrie presque ignorée est importante.