‹ L'art de la soie. Les soies (volume 2)Chapitre 23 sur 172 · CONSOMMATION · texte numérisé non relu

CONSOMMATION

de

cocons perréfl

H de ddchets

de soie ('J.

Année 1866

De 1867 à 1869.

De 1870 à 1872.

Périodes I De 1873 à 1875.

triennales. \ De 1876 à 1878.

De 1879 i 1881.

De 1882 41884.

Années { 1883

liilogT.

646,000 1,1 58,000 i,5i3,ooo 1,5^7,000 1.1 15, 000 9,1 34,000 9,6o3,ooo 1,957,000 9,83o,ooo

DécnETS

proTenant do

monlinage

et du tissage des

soies gr%et

eoDsomméM en

Angleterre l').

kilogr.

66,000 io3,ooo

TOTAL

kilogr.

(') Les quantités exportées étant déduites des quantités importées et étant ramenées au poids net.

(^ Les décbeta au moulinage et au tissage sont de 1 i/s à 11 1/9 p. 100 du poids de la soie grège. En tenant compte des soies tissées sans avoir été oavrées, nous avons adopté le taa\ moyen de 5 i/a p. 100 et nous i^avons appliqué à toutes les soies consommées en Angleterre.

La consommation des déchets de toute sorte ayant été, de 1879 h i88â, d*environ 3,4oo,ooo kilogrammes, on peut se rendre compte du produit en (ils. Le rendement en filature aurait été , à raison de 3 kilogrammes de matière brute pour 1 kilogramme de fils, de 800,000 kilogrammes de fils, et aurait atteint jusqu'à 1 million de kilogrammes. Ce dernier chiffre n'est-il pas trop élevé ? Cependant nous avons adopté le rendement de 3 kilogrammes de matière pour 1 kilogramme de fils, quoiqu'on n'emploie en général en Angleterre que des déchets de belle qualité.

Notre collègue M. E. Widmer, qui est bien renseigné sur la production anglaise , estime qu'il faut compter sur une consommation moyenne de a, 600, 000 kilogrammes de matières brutes et sur un rendement de 4o p. 100 sur le poids brut, ce qui donnerait un produit moyen de 8& 0,000 kilogrammes.

Les filalciirs anglais font principalement des fils de fantaisie et les font de toutes qualités ^^); ce sont les numéros fins, du n° i/io au n** 5200, de deux fils, qui forment le fond de la production. Les Anglais font avec de belles bourres blanches de Chine des fils audessus du n*" âoo, pour lesquels leur supériorité n'est pas conteslée. Si Ton estime à 800,000 kilogrammes le produit des filatures, on peut dire que 380,000 kilogrammes servent à faire la peluche. Les fils doublés sont destinés à la fabrication des tissus élastiques, les cannettes au tissage d'articles écossais, les cordonnets a la fabrication des soies à coudre, d'autres cordonnets et les fantaisies blanches h celle des dentelles.

La mode a mis récemment en faveur les tulles et les dentelles de soie; on en a fait, à Saint-Pierre-lès-Calais, on 1881, pour pros de 76 millions de francs, et, en i88â, pour 60 millions. Le fond de tulle de la dentelle est de soie grège; la fleur ou l'ornement est fait de fil de déchets de soie : de cordonnet de schappe . pour le <lessin et de fantaisie blanche pour le fond. La fantaisie blanclie est le produit défrisons blancs de Chine ou de Brousse et de bourre de soie de Chine, décreusés à fond. Avec les organes si délicats du métier à tulle, il faut se servir d'un fil lisse, uni, sans duvet, sans nœuds, fin, en même temps brillant, et les Anglais ont été longtemps les seuls qui pussent faire un tel fil. Les manufacturiers français sont parvenus, il y a peu de temps, dans cette filature, à un degré de perfection qui n'est guère éloigné de celui des Anglais.

Les mécaniciens anglais ont une réputation bien établie pour la construction des métiers à filer la fantaisie ou la schappe; grâce à eux, les filatures anglaises sont admirablement outillées. Le travail est d'ailleurs conduit dans ces usines avec une grande habileté.

On s'est occupé avec beaucoup de zèle et de persévérance de se procurer en plus grande abondance et à plus bas prix les matières nécessaires, et c'est aussi pour répondre aux besoins des manu-

^') MM. John Hadwei) cl fils, d^HalifaXt avaient présonlé, à TEsposilion de 1878, des fiis de/ontaûiV, simples, doubles, relors, (ont à fait supérieurs; ils occupent, dit-on, plus de i,5oo ouvriors.

factures anglaises que M. Thomas Wardle a entrepris ses études sur les soies des vers sauvages de Tlnde. On a vu , à TExposicion universelle de 1 878 , les premiers résultats de ces essais, qui ont porté d'abord sur les tussalu On n'a pas oublié celte suite d'échantillons de peignés écrus ou cuits, de barbes de toutes les longueurs, de (ils en long et de fils en court. Ces essais ont été poursuivis; ils ont été entrepris dans la plupart des usines, et l'on peut regarder comme un fait acquis l'emploi régulier, en Angleterre, des cocons et des déchets de la soie des vers sauvages (de Yérié, du tussah, de Yandouri et des autres espèces de vers) dans la filature de la scliappe et de fantaisie. Chaque manufacturier garde le secret des matières qu'il emploie et du parti qu'il en tire^^l La demande en est active, les prix ont monté, mais il n'est pas possible de connaître quelle est aujourd'hui la part de ces nouveaux matériaux dans l'importation.

Quand nous parlerons des tissus, nous signalerons les articles (peluches, velours, étoffes pour Tameublement, tapis, passementerie) qu'on a faits en Angleterre avec les fils de fantaisie ou de schappe provenant de cocons des vers à demi domestiques ou sauvages de l'Inde, mélangés ou non avec la soie ouvrée; ces fils ont des qualités dignes d'attention.

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