INDE
La filature à la mécanique a été établie dans l'Inde. On file au métier, à Bombay, les cocons percés, piqués, tachés, etc., et les déchets au tirage ; on fait emploi de toutes sortes de cocons. Les fils sont consommés, à Bombay même, dans les ateliers de tissage.
Des essais d'élevage de vers à soie ont été poursuivis assez longtemps dans le Connecticut à la fin du dernier siècle et dans
le premier quart du siècle présent. Les cocons défectueux, les bourres et les déchets ne restèrent pas sans emploi. Les femmes et les filles des fermiers les peignaient et les filaient, et, les mélangeant avec des fils de laine ou de lin, en tissaient une étoiïe assez commune, mais épaisse et très solide. A Mansfeld seulement, on faisait en i8â5 de ces étoffes pour 70,000 francs environ ^^^
La filature à la mécanique a été introduite vers i856 aux États-Unis ; elle fut établie en premier lieu à South-Manchester, dans le Connecticut. Il n'y avait encore en 187/i quune filature (elle était aussi dans le Connecticut); on en compte 6 aujourd'hui (i883).
M. P. Regnard, délégué de la Chambre de commerce de Saint- Etienne à l'Exposition de Philadelphie , a décrit une de ces filatures, la plus ancienne. On y mettait eu œuvre, par jour, en 1876, 800 kilogrammes de bourres de soie du Japon et de cocons percés; on y faisait des fils de scltappe ^^K
Dans quatre des dernières années, de 1877 ^ 1883, l'importation des cocons percés et des déchets a été, en moyenne, par an, de â,35o halles d'une valeur de 3,85o,ooo francs.
On faisait , d'après Tlie Silk Associaiion of America :
En 187/i 66,^00 kilogrammes de ces iils.
En 1875 71,300
Eu 1877 79,3oo
En 1882 98,000
M. W.-C. Wyckoff a donné l'aperçu suivant de la valeur des fils produits ^^) :
('^ L.-P. Brockett, The nUc mduttry in America, p. loâ.
^^ Rapport sur les rubans et les velours, les soies brutes et les soies ouvrées, à VExposition universelle de t8j6, p. 3/i, 35 et Uo,
^') Report m the silk manufacturing industry of the United States {Census, s 880),
H BOTUIIB, Mft Al.
En 1874 et en 1875 ai8,aoo francs.
De 1876 à 1878 36/1,900
En 1879 85i,4oo
En 1880 1,147,600
Nous ne connaissons pas la production actuelle des filatures aux Etats-Unis; il est probable qu'elle a pris un notable accroissement. Ce qui est certain, c'est que les filateurs américains procèdent pour leurs approvisionnements de matières premières, comme le font les mouliniers, les retordeurs et les fabricants d'étoffes pour les soies grèges; ils établissent des rapports directs avec les producteurs dans les différents pays.
Lors de l'enquête de 1860, un des (ilateurs présenta au Conseil supérieur du commerce une note rédigée de concert avec plusieurs de ses confrères. Nous y lisons qu'il y avait alors en France as filatures, contenant 69,699 broches et produisant 468,000 kilogrammes de fils. Les noms des chefs de ces as filaturcs ont été consignés dans cette note^^^
La vérité était que, h cette époque, nous avions s5 filatures, et que M. Langevin, le filateur dont nous venons de parler, n'avait pas fait mention de celles dont les propriétaires n'avaient pas fait cause commune avec lui. Ces 3 filatures contenaient 18, 356 broches et produisaient 181,000 kilogrammes de fils; une d'elles était celle de MM. Dobler, Warnery et Morlot, de Lyon, la plus grande et la mieux outillée. Nos a 5 filatures disposaient donc, en 1860, de 87,948 broches; leur produit était de 649, aso kilogrammes de fils simples.
La cession de l'Alsace nous a fait perdre 8 filatures. Il nous restait, en 187a , i5 filatures dans lesquelles on pouvait obtenir, en temps ordinaire, avec 90,000 broches, 700,000 kilogrammes;
Enquête. Trailé de commerce avec VAngleUrre, t. V, 1861, p. & 8s el 683.
mais, dans l'année 1879 , la consommation avait pris un td développement qu'il fallut organiser le travail de nuit dans plusieurs usines, et qu'on arriva à livrer plus de 900,000 kilogrammes^^).
En 1878, les fdateurs de déchets de soie se présentèrent au. Sénat, devant la Commission d'enquête sur les souffrances du commerce et de l'industrie, et déclarèrent qu'ils avaient ccà peine 60,000 broches 7), et que la production était réduite à 600,000 kilogrammes ^^^
M. Widmer, qui a écrit en 1878 une note, laquelle a été insérée dans le catalogue de l'Exposition universelle , adonné le chiffre de 76,000 broches ^^^
Le rapporteur de la Commission du tarif général des douanes à la Chambre des députés, écrivant à la fin de 1879; indiqua le chiffre de 66,000 broches.
Toutefois, h peu de temps de là, en mai 1880, un mémoire était publié à Lyon sur le tarif de la bourre de soie filée, et nous y avons trouvé un état nominatif de i5 filatures, contenant 87,800 broches, dans lequel état n'étaient pas comprises â filatures ayant 6,280 broches. D'où il suit que, à cette époque, en 1880, les filateurs auraient disposé de 93,55o broches (broches de retordage non comprises). Dans le même temps, la Chambre syndicale des fabricants de soies de Paris admettait le chiffre de 91,100 broches, produisant 770,000 kilogrammes, et notre collègue à la Commission permanente des valeurs de douane, M. D. Armandy, était d'avis que nous avions, également en 1880, 95,000 broches donnant 800,000 kilogrammes ^^^
Nous avons eu sous les yeux l'estimation suivante de la production en 1879 *
Fils simples, cannettes 1 &o,ooo kilogr.
Cordonnets sS i ,000
Fils de échappe doubles 3a5,ooo
Total 696,000
(') Vinduslrie de la soie, 3* édition, p. 61. t^) SénaL Commission ^enquête, 1878, p. 190 el laS.
^^^ «La France a quinze fiialures de ces matières toutes très bien outillées et réunissant environ 76,000 brodicsn {Catalogue officiel, t. Il, p. 997).
^^) Nous lijwnj, dans une lettre datée d'août 1877, qu'il y avait à cette époque
31â FILS DE DÉCHETS DE SOIE.
Produit moyen, par broche et par an, 8 kilogr. 35o, soit 83,000 broches en pleine activité.
La finesse moyenne des fils qu'on fait en France n'est plus la même qu'il y a quelques années.
Quand la fabrique de foulards imprimés consommait la plus grande partie des fils de bourre de soie, le taux moyen de la finesse était représenté par le n"^ 80; mais on faisait aussi à cette époque des fils fins, du n"" ââo et au-dessus. A présent, on emploie généralement des fils supérieurs aux n"^ 70, 80, 90, etc. Le tissage des foulards est très restreint. On fait usage, pour les tissus teints en pièces, de fils dont la finesse varie du n* 100 au n"" 160, et, pour les velours, de fils à deux bouts du n"* a 00 ou à peu près. Les tulles et les dentelles sont faits aussi avec des fils fins. Le numéro moyen serait, d'après les uns, le n"^ 1 10; d'après les autres, le n"^ i/io. Nous estimons que le taux moyen est uo peu au-dessus du n"" 110.
M. Bindschedler, de Thann, annonçait, en 1860, un produit de i5 kilogrammes pour le n"" 70, de 12 kilogrammes pour le n"" 80, de 9 kilogrammes pour le n"" 100, fils simples en bng^^l On comptait, dans les dernières années, que le rendement moyen était de 8 kilogr. ooo à 9 kilogrammes de fil simple par broche et par an. Le taux moyen de la finesse était* entre le n"* 80 et le n"" 1 00. Nous avons aujourd'hui une finesse plus grande, ainsi que nous venons de le dire, et cependant le produit est plus élevé. Gela est dû au perfectionnement des métiers; on a signalé notamment le fait que les constructeurs de métiers ont généralement adopté le système des broches américaines à anneaux pour les métiers à filer la schappe, comme pour ceux à filer le coton, et il résulte de l'application de ce système une augmentation de la vitesse. Bref, on s'accorde à dire que la production actuelle est de 9 kilogr. 5oo à 10 kilogrammes de fil simple par broche et par an (en supposant douze heures de travail par jour).
On a vu plus haut les diverses estimations de la force produc-
16 filalures, avec 80.000 broches, qui, va la mévente des fils, ne donoaieal que f)5o,ooo kilogrammes environ.
^') Enquête, Traité de commerce avec V Angleterre, t. V, p. 699.
FILATURE À LA MÉGANIQUE. 315
tivc de cette manufacture à certaines époques. Les filateurs de bourre de soie entendus par le Sénat ont exposé que leur industrie avait été à son apogée en 1870, et que, depuis 1878, elle n'a fait que décliner.
La filature française est, en réalité, dans une autre situation. Tel établissement, qui avait, en 1867, 6,700 broches, en avait 8,5oo en 1878; tel autre en avait t,8oo en 1871 et 7,000 en
Ce qui est certain, c'est qu'il y a, en ce moment (i883), i3 filatures : 6 avec décreusage ou schappage et peignage, 3 avec peignage , à sans peignage.
Ces filatures contiennent 89,9/jo broches. Leur production normale est de 8^0,000 à 85o,ooo kilogrammes de fils. La plupart des fils sont filés eti Umg. On file aussi en court dans quelques établissements. La filature en coupé a pour ainsi dire disparu.
Les 89,9/10 broches sont des broches de filature.
Le nombre des broches de retordage a beaucoup augmenté dans les dernières années, et il est d'un peu plus de 3o,ooo.
Un de nos manufacturiers les plus distingués , M. Widmer, notre collègue dans la Commission permanente des valeurs de douane^ qui a été administrateur délégué de la Société de la filature d'Amilly, nous a donné une estimation de la production (en juin i883), qui n'est pas en désaccord avec l'estimation précédente établie d'après des renseignements puisés à diverses sources.
Fils simples, cannettes, au numéro moyen de 1 âo. 1 60,000 kilogr.
Cordonnets, au numéro moyen de 60 3oo,ooo
Fils de schappe doubles , au numéro moyen de 1^0. 36o,ooo
Total 890,000
M. Widmer admet un rendement moyen de 9 kilogr. 5 00 par broche et un numéro moyen de 107.
Nous n'avons parlé que des filatures de schappe ou de fantaisie, mais il faut y ajouter les filatures de bourrettes.
Autrefois il y avait, principalement dans les départements du
Rhône et de la Loire, une quantité de petits Glcurs de ces déchets. Presque tous ces fileurs ont abandonné leur industrie. Nous avons expliqué précédemment que la préparation des déchets de peignage a été l'objet de perfectionnements, et que, grâce à de nouvelles peigneuses, on tirait de ces bas produits un bien meilleur parti.
Dans le temps où les fils de bourrettes étaient le plus demandés et oîi Ton en vendait d'assez grandes quantités en Italie et en Angleterre, il y avait 7 filatures avec is,ooo broches. On ne compte plus que 5 établissements qui produisent de 5oo,ooo à Goo,ôoo kilogrammes de fils. Ces fils, dans les n"^ 10 à Ao, simples, doublés ou retors, servent à faire des tissus h gargousses, des étoffes pour l'ameublement et même pour vêtements.
Cette petite industrie des bourrettes, fils et tissus, très prospère pendant plusieurs années, et notamment à l'époque de l'Exposition de 1878, a aujourd'hui très peu d'importance et d'activité.
On n'a aucune idée, qu'on puisse dire vraisemblable, de la production des déchets en France. Ce n'est pas faute d'estimations; mais les estimations, du moins celles que nous avons obtenues, présentent des différences si grandes entre elles que nous avons renoncé h les reproduire, quelle que soit l'autorité de leurs auteurs. II était difiicile de faire des calculs permettant de juger de l'importance de cette production, et, à dire vrai, peu de personnes ont consenti à nous guider et à nous aider dans cette recherche. Cependant nous ne l'avons pas abandonnée. Nous voulions nous rendre compte, même d'une façon peu certaine, de cet état de choses inconnu, et nous avons procédé comme il suit.
Nous avons pris comme point de départ une récolte totale moyenne de 8, 3 00,0 00 kilogrammes de cocons frais : c'est la moyenne des récoltes de 1877 à 188a.
On peut regarder les déchets comme ayant trois provenances différentes : les déchets à la magnanerie, les déchets à la filature, les déchets au moulinage.
FILATURE À LA MÉGANIQUE.
DECHETS A LA MAGNANERIE.
A la magnanerie, on n'est en présence que de cocons frais, et il faut, en premier lien, faire le compte de ce qu'on trouve dans la masse de cocons frais qu'on tire des coconnières. Toutefois, pour simplifier, nous ferons, dès le commencement de notre estimation, la conversion des cocons frais en cocons secs.
100 kilogrammes de cocons frais équivalent, en moyenne, à 3i kilogrammes de cocons secs^^^; en d'autres termes, loo kilogrammes de cocons secs représentent Sa 9 kilogrammes de cocons frais. D'où il suit que, d'après cette base, 8,âOo,ooo kilogrammes de cocons frais donnent 9,670,000 kilogrammes de cocons secs.
Les cocons qui sont écartés, soit parce qu'ils sont réservés pour le grainage ou parce qu'ils sont doubks, c'est-à-dire construits en même temps par deux vers , soit parce qu'ils sont trop défectueux pour pouvoir être filés, représentent, en moyenne, 3a/i,ooo kilogrammes, savoir :
DÉSIGNATION
COC
JAURES.