ORGANISATIONS D'ATELIERS
Nous avons signale les mesures que plusieurs manufacturiers ont prises dans Tintérét de leurs ouvriers; nous devons donner quelques explications sur ce sujet.
A rétablissement de M. Hamelin, aux Andelys, dans le département de l'Eure ^^\ est annexé un orphelinat qui est dirigé par douze religieuses (des sœurs de la Charité) et qui contient plus de 3oo jeunes filles de dix à vingt et un ans. Ces jeunes filles donnent au travail dans Tusine huit ou neuf heures par jour, suivant leur âge. Elles reçoivent une instruction appropriée à leur condition future : on consacre une heure et demie par jour à l'instruction primaire, une heure à la couture, une heure à la cuisine et aux soins du ménage. La jeune fille sort de l'orphelinat à vingt et un ans , avec un trousseau et une petite dot; cette dot varie deSooàSoo francs et a été formée au moyen des récompenses pécuniaires obtenues. La jeune fille devient alors ouvrière libre, est rétribuée comme les autres ouvrières, et peut continuer à demeurer dans la maison. Du reste un dortoir est ouvert à toutes les ouvrières de la campagne qui préfèrent ne pas retourner chez elles tous les soirs. Les ouvriers et les ouvrières libres occupent, pour la plupart, moyennant un faible loyer, des maisons que M. Hamelin a élevées; ils ont gratuitement les services d'un médecin , les médicaments dont celui-ci a prescrit l'emploi, et mémo, dans certains cas, un lit à l'infirmerie. Ils ont, également gratuitement, une soupe le matin à l'usine ^^^
D'autres fabricants ont suivi l'exemple de M. Hamelin; les uns ont fondé des orphelinats, les autres ont ouvert des écoles.
(*) Notice nir VéîabUsiement induitriel de» Andely» de A. Hamelin JUs, 1878. — U enfant ouvrier à Vorphelinai indtutriel de la manufacture de M, A, Hamelin Jil$, par Pierre Dax, 1878.
^') M. Uamclln père est le premier qui a Iransporté à la campagne Tinduslrie du relorda)];e de la soie; il fonda sa fabrique en 18/jo.
M!Vf. Chardin et C^, de Paris, ont étabH aussi h Persan dans leur usine un orphelinat qui renferme 900 jeunes filles sous la conduite de douze sœurs de saint Vincent de Paul. Ces orphelines sont employées principalement au dévidage et au purgeage de la soie; elles sont logées, nourries et instruites. Les conditions sont h peu près les mêmes qu'aux Andelys, et cette institution rend les mêmes services.
Un de ceux qui ont le plus fait pour leurs ouvriers n*avait pas pris part à l'Exposition de 1878; nous voulons parler de M. Cari Mez, ou plutôt de sa maison, car cet homme de bien est décédé le a8 mai 1877.
» L'établissement de M. Mez (à Fribourg, en Brisgau, dans le grand-duché de Bade) est à peu près aussi ancien que celui de M. Hamelin; celui-ci remonte à 1827, celui-là à i83â.
Cari Mez a entrepris la même industrie, le retordage des soies ^^\ travail facile , mais qui exige beaucoup d'attention et de soins de la part des ouvriers et auquel des jeunes filles sont particulièrement propres. Mez occupait 1,900 ouvriers et ouvrières environ, quand il est mort, et par ce nombre l'on peut juger des services qu'il a rendus.
Le principe qui a inspiré tous ses actes est que la fabrique doit être te un établissement d'éducation, d'amélioration, pour les pauvres», et, en assumant la lourde charge de tout ordonner pour concilier les intérêts de ses ouvriers avec les siens, Mez regarda ceux-ci comme étant pour lui une seconde famille dont il était le chef.
Il avait à Fribourg sa fabrique principale, et dans des villages du grand-duché de Bade cinq autres fabriques. Il ne tint qu'un compte secondaire des avantages de position des localités pour l'établissement de ces succursales; il ne s'attacha qu'à trouver une population rurale dont toute la force de travail n'était pas utilisée, estimant qu'en fournissant à cette population l'occasion d'une tâche supplémentaire facile, l'aisance s'ensuivrait, et qu'il aurait le oon-
Le retordage des soies élail du moins la principale industrie de Cari Mez.