ài
(t) D*après les éprenves faites ao Laboratoire de Lyon. n Diaprés les épreoves faites par M. Thomas Wardle.
Pour se rendre mieux compte des propriétés physiques de la bave du ver dont nous nous occupons, il faut observer qu'elle est plus fine que la bave des vers domestiques.
Voici le résumé d'autres observations faites sur la bave au Laboratoire d'étude de la soie^^^.
DÉSIGNATION
TlieopkUa mandarina, de la Chine. .
Vers à soie domestiques du mûrier :
De la Cochinchinc, bivoltin
iDes Gévcnnes. . .
De la Corse ....
Du Var
De la Toscane
De la Sardaigno
De TËspagne
riNBSSK.
millièmes
de milliroôtre.
TITBI
PODS
&00 MSTtlS.
milligr.
TiRACITÉ.
grammes.
iLASTICITé.
0) Rapport de la Commietion du Laboratoire de Lyon, ]885, p. 99.
CHINE. — WEOPHILA MANDARIN A. 53
Les tissus faits en Chine avec la soie du Theophila mandarina, dont nous avons eu des échantillons, sont des tissus légers et très clairs, des gazes, des mousselines unies ou à mille raies, des crêpes unis^*\ Les uns sont écrus, et leur couleur varie depuis le blond très clair (comme la batiste écrue) jusqu'au blond brunâtre; d'autres sont blancs, dun blanc de crème; d'autres enfin sont noirs, teints en pièces. On tisse surtout avec cette soie des ceintures ou larges bandes de crêpe qui se portent en turbans, et l'usage en est d'autant plus répandu que les gens du peuple prétendent que les turbans faits de cette soie préservent des maux de tête.
Wan Tchou recommande, pour les cocons des vers sauvages du mûrier, de les faire sécher au soleil et de les mettre ensuite dans de l'eau bouillante , où l'on doit les laisser tremper profondément. Sans cette précaution et sans un battage prolongé , on ne peut pas détacher les bouts ^^^
Il est probable que c'est le TheophUa mandarina que M. E. Rocher a vu dans le département de Hou-tchéou-fou , sur sa route jusqu'à Hang-tchéou-fou. Cependant les cocons qu'il a obtenus h Choanglin sont moins petits, un peu plus lourds, un peu plus blancs, moins satinés, bref de meilleure qualité. C'est probablement aussi cette espèce que nous avons trouvée, en i8â5, non loin de Chang-yu.
Le père Ch. Rathouis a découvert à Sik-ka-we! ^^\ près de Changhai , sur le mûrier noir ^^\ une chenille sauvage de couleur gris noi-
(') On tisse aussi quelquefois avec celle soie des élofles légères, très serrées, destinées à faire des vétemeats de dessus, qui sont imperméables à la pluie.
<*) The Chine$e Bepontory, vol. XVIII, p. 3i3. — M. E. Rocher dit aussi, dans son rapport (p. 78), que les cocons des vers sauvages du mûrier des environs de Ghoang-lin doivent, à raison de leur nature, être soumis à une ébuUition prolongée. La même recommandation est consignée dans un traité de sériciculture qui fut écrit , il y a une quarantaine d*années, par un des hauts fonctionnaires chinois du Tchékiang. Le commissaire des douanes de Wèn-tchéou-fou a (ait suivre son rapport d'extraits de ce traité {Silk, Report, 1881, p. ia5 à i33).
'') Lettre de M. Kleinwàchter, datée de Ning-po le 9 juillet i883.
^*) M. Pranchet a trouvé le Monu nigra dans le Gban-toung, k Tcfai-foti; M. F.-B. Forbes doute de la présence de cette espèce à Sik-ka-wei.
râtre ou brun noirâtre, un peu plus grande que celle du tOn-fèng Uan, construisant un cocon de soie ; ce missionnaire a fait plusieurs éducations de cette espèce. Les chenilles sont agiles et les papillons mâles très pétulants.
Le père Rathouis nous a envoyé des cocons et des papillons de ce ver sauvage que M. Frédéric Moore a rapportés au TheophUa mandarina. Il est possible toutefois que le ver de Sik*ka-wei soit une variété. Le papillon est d'une couleur plus foncée que ne l'est celle du papillon du Theophila mandarina.
Le tièn-sèng isan est très peu connu, même en Chine; bien des Chinois le regardent comme étant le ver du mûrier abandonné à lui-même et revenu à l'état sauvage ^^\ Nous dirons simplement que, au point de vue scientifique, le Bombyx mort et le Theophila mandarina sont deux espèces différentes; les chenilles et les papillons ne sont pas du tout semblables.
LE RONDOTIA MENCIANA
BT LES AUTRES VERS SAUVAGES DU HâRIBR.
Nous avons reçu, il y a plus de vingt ans, de sir Harry Parkes, qui est aujourd'hui ambassadeur d'Angleterre en Chine, des cocons jaunâtres d'un ver sauvage du mûrier, un peu plus gros que ceux du ùhi'sèng tsan. On avait donné à sir Harry Parkes l'assurance que ces cocons avaient été recueillis aux limites du Tchih-li et du Chan-toung.
M. Paul Brunat a trouvé dans le Kiang-sou , sur le mûrier, des vers sauvages tout à fait différents de ceux du Theophila mandarina. Ces vers sont plus grands. Us ont sur la tête des protubérances en forme d'éventail ou de coUerelte qui ont quelque analogie avec celles du œbra capel; l'éperon est plus fort que dans la larve du Bombyx mori. La robe est à peu près lisse, unie et de couleur brun rougeâtre ou marron. Ces vers ont les mouvements plus vifs que ne les ont les vers domestiques du mûrier ^'^^
^') Le village de Su-kia-weï ou Sik-ka-wcî esl silué au sud de Gbang-haï, sur la rive gauche de la rivière Wou-song.
f«) Note do M. P. Brunat (mars t883).
CHINE. — RONDOTIA MENCIANA, ETC. 55
M. F. Kleinwàchter nous a envoyé, en 1 883, une autre espèce sauvage, lepihryèn tsan (le ver à soie aux yeux blancs), qui a été découvert à Wou-lou, sur les rives du lac Taï-hou, et à Louléou, un autre village peu éloigné ^^^ Cette chenille se trouve sur le mûrier cultivé ou sauvage. Elle est petite (de qo à q8 roillimètres de long), blanchâtre ou jaunâtre; elle a la robe unie et un long éperon noir. Le papillon est de couleur jaune d'ocre, petit; il a une envergure de 3o à 38 millimètres ^^^
Rondoiia menciana (larve, cocon et chnsalide).
Le cocon est également petit; la couleur varie depuis le blanc jusqu'au fauve clair ou au jaune paille, en passant par le blond pâle<3).
Les cocons de la première récolte ont de lA à aa millimètres de long et de 8 à 1 9 millimètres de large. Le plus souvent la feuille sur laquelle le ver a fixé le cocon est repliée tout autour au moyen d'attaches de soie blanche transversales ou obliques ^^). Le plus souvent aussi, deux chenilles travaillent sur la môme feuille; elles construisent leurs cocons l'un au-dessus ou h côté de l'autre, en les tenant toujours attachés par des brides.
Les cocons de la seconde récolte sont plus petits; ils ont de 19 à 17 millimètres de long et de 7 à 9 millimètres de large. Ils sont placés à découvert à la surface des feuilles, deux, trois ou quatre sur la même feuille, et ils sont rarement retenus par des liens de soie. Ils sont moins riches en soie que ceux de la première récolte.
(*) Département de Hou-tcbéou-fou.
('} Les papillons du ver du printemps ont de 3o à 38 millimètres d^envergure; ceux du ver de Paulomneont, les mâles, 38 ou 99 millimètres, et les femelles, Sa ou 33 millimètres.
(^^ Le cocon est souvent percé par un insecte parasit"; du genre Pimpla (espèce probablement nouvelle).
^*) La feuille n^cst ordinairement pas assez grande pour envelopper entièrement le cocon; dans ce cas, les attaches ou liens de soie la maintiennent ployëe.
CHWE. — RONDOTIA MENCIANA. ETC. 37
étant abondante. M. A. Fauvel l'a trouvée h Han-kéou , dans la province de Hou-pëh.
Cette espèce etit nouvelle. M. Frédéric Moore l'avait nommée provisoirement Bombyx Maums, toot en exprimant le doute que ce fût un véritable Amt^s'^'. L'étude d'exemplaires en parfaite condition a déterminé plus tard M. Moore à la prendre pour type d'nn genre nouveau auquel ce savant a donné notre nom, et le pèh^in têon est devenu le Rondoùa meneiana^'K
M.Thomas Wardle a faitt'étude de la^aiw du ilonifottanuKciafta; il a constaté que la bave est double, composée de deux brmt cylindriques, lisses et très fins. Le diamètre est presque uniforme dans
(HUe.) (FemeUe.)
Aoi^Mia MMAMA (p*[»l)aDi de )■ génëratioii du priDleiD[M).
toute la longueur du fil du cocon. Le diamètre est de 18 millièmes de millimètre (^ de pouce aurais). Le cocon et la soie ont à peu près la couleur de certaines soies IuimA (blond ou fauve très clair).
'') Lt dienilte et le cocon reMemblant à eeai de VOemara JUtctida.
<'! H. F. Hoore t donné one description très prëciM du genre el de l'espèce dan» 71m j4n>uili aad magatùi» a/' Natural Uttory de juin i885. Nout nous bornons à «ignalw )es taradères da genre Bandotia. — fFore wing shorler and more [riaagtitar in ronn Ihan in typical Bombyx (B. mori); spei shorter, nol soblilcale, eilerior margin Bcutdj angnlar at end of upper médian vein : hind wing wilh Ihe apex regulariy coQvex; eilerior niargin oblique biodwtrd, sligbtly ainuous and distÏDcUj angularal end oflower médian «ein. Gelli ccHnparatîvely broader and sborler. Venation aimilar, eic^ tbat in the Ibre wing the fourlh subcoeUl braoeh is emilted uearver Ihe apei, and in tbe hind wing Ibe two aubcoetali are emJUed at folly half bejond Ihe cell. ioilead of dose lo the end, and tbe middie médian from some distance befora the end of the cdl, iostead ofbeyond tbe end. Body and base of wîngs squamaua, whereat in fi. mon the; are lanuginoiu. ShaH ofanteDDae oot ao thick, the branches alender and wilh Gner dlia; 1^ and tant alender, laxij sqnamoua, not thick and denaeij lanugiiMNis as in B. atori.^
CHINE. — RONDOTIA MENCIANA, ETC. 69
Il n'y a guère que 7 5 mètres de bave dans le cocon du v^ du printemps, ce qui représente de âo à 5o mètres de bave dévidable.
Le cocon entier perd au décreus^ge Uo p. 100; la bave intérieure perd 28 p. j 00^*^.
M. H. Kopsch a essayé d'élever le R(mdotia mendana, à Ning-po, en lieux clos. Cette chenille n'a pas voulu, comme le Theaphila mandarina, rester en captivité; elle s'est refusée à manger des feuilles de mûrier coupées et toujours promptement fanées par suite de la chaleur. Il a fallu la mettre à l'air libre sur le mûrier, et encore le pèhH/in Uan s'est-ii montré très difficile pour le choix des feuilles. Un très petit nombre de chenilles ont filé le cocon ^^^.
Le Rondotia mendana est, à Ning-po, une espèce bivoltine.
M. A.-A. Fauvel a recueilli à Han-kéou, oîi il a été commissaire des douanes maritimes chinoises, un cocon de soie attaché à une des feuilles d'un BroussoneUa papyrifera^^K Ce cocon, qui a la forme d'une amande, est pointu à l'un des bouts; il a a5 millimètres de grand diamètre et 1 3 de petit diamètre. 11 est blanc jaunâtre, et IsL bave est blanche. «Ce cocon, nous a écrit M. F. Mo<H*e, semble avoir été construit par une petite espèce de Bombyx, probablement une espèce nouvelle ; c'est le cocon de ce genre le plus petit que j'ai jamais vu ^'^K 9
Examinée au microscope par M. Dususeau et M. Gensoul, la bave a paru semblable à celle du TlieaphUa mandarima et à celle du Bfmdotia meneiana; elle est formée de deux brins cylindriques, incolores et lisses. La finesse est de 8 à 1 9 millièmes de millimètre» suivant M. Gensoul, et de 9 à la suivant M. Dusuzeau.
^) SL Pariaet a exposé, dans le rapport de ta eommissioo du Laboratoire sur les travaux de 18 85, les observations et les essais qui ont été faits sur le cocon et la baœ du Rondotia menduna.
^') Lettres de M. H. Kopsch , datées de Ning-po le 1 9 août et le 18 septembre 1 885.
^^) M. Fauvel a bien voulu nous donner ce cocon, que nous avon:) remis au Laboratoire d^étude de la soie à Lyon. M. Fauvel a trouvé également à Han-kéou, dans un bosquet de BroussoneUa papiprifera et de lÀqwdambar Jarmoêonay VArgfriM de- Uaria, de la famille des Géométridées.
(*) Lettre du ig mai i885.
Noos renvoyons à nos remarques sur les vers à soie de Tlnde ce qui se rapporte aux bombyces saavages de ce pays. Nous avons cependant quelques observations h présenter ici.
Le Theophila HuUoni de Westwood, espèce robuste, bivoltine, pullule dans les forêts de l'Himalaya, au nord-ouest, principalement à Mussouri, à Simla et à Almorab. Il fut découvert en iSSy à Simla par le capitaine Thomas Hutton. On le rencontre depuis le Gange jusqu'au Sutlej. Ce ver supporte bien les changements si fréquents avec le climat de Tlnde, de même que l'humidité de la mousson et la chaleur de l'été ^^K Hutton a fait la remarque que les papillons du Bombyx mon, provenant de larves à robe unie et noire, étaient très rapprochés du papillon du Theophila HuUoni.
La chenille est jaunAtre, même jaune, ayant des taches ou des marbrures de couleur brun rougeâtre ou marron; elle a, par paires, sur plusieurs des segments, des épines longues, recourbées et d'un brun foncé ou presque noires. Le cocon est un peu plus gros que celui du Theophila mandarina; il est construit dans une feuille de mûrier que le ver a repliée tout autour. La soie est fine, douce, brillante, blanchâtre, blanc grisâtre ou plutôt d'un jaune très pftie^^). M. Gope a tiré à la bassine la soie de cocons de cette espèce récoltés à Simla et à Mussouri et en a signalé la bonne qualité ^^^l
Hutton a échoué dans ses tentatives d'élevage de ce ver, de
^) HaUoD, Notêi on th9 tÛkwormê qf îndia (Journal oj (^ i4grtctii<trai ^DcipCy oj India, vol. XI, iSSg, p. lo, 95, s8 et AS).
(*) F. Walker, Lût qf tke qiedmem qf LgpiâffpUrom in$êetg m thê eoUectùm qf the Britiëh Muêtum, pari VI, i855, p. i5o6. — Thomas Honfieid et Frédéric Moore, A Catalogue oj ihe Lepidopterous in$ecU in the Mu$eum qf the kon. Eatt India Company, 1857-1869, p. 379 et dSo. — F. Moore, On the Aêiatic siUc-producing mothe (The Tra$i$actionê qf the Entomological Sodety of London, 3* série, t. I, i86a-i864, p. 3 1 6 ). — Capitaine Thomas Hutton , On the revereion and reetoraUon qf the êHk^ worm, etc. ( TraneaeUons qf thê Entomological Society qf London, 3* série, t. II, i86â , p. 3i8 à 393, pi. iix, n** &). — F. Moore, Synopeis of the knoum Atiatic tpedeê qf eUk-produeing mothe (Proce^dingê qfthe Zoological Society of London, part XXVIII, 1869, p. 9^3). — Capitaine Thomas tlutton, Bemarke on the cuUivation ofeUk in India {Journal qf thê Àgricultural Society of India, New êeriee, l. I, 1869, p. 359); Notée on thelndian Bombycidae, 1871, p. a.
(^) Baden-H. Poweil, Hand-hook of the économie producte of the Punjab, toI. I, 1868, p. i6â.
croisement de ce ver avec des Bombyx; il a déclaré que le Theophila
HuUoni est rebelle à toute domestication ^^\
On lit dans le Si^u^ki que «(les habitants du royaume de
Tse-kia, dans Tlnde) se vêtent d'étoffes blanches faites de Idcuh-die- ( .V^(l^ ^^® ^^ v^i*^ sauvages, d'après Stanislas Julien)». Le Tse-
i kia ou Tché-ka, situé entre Tlravati et le Vipâçâ, est le Panjab.
' Ces tissus étaient-ils faits de la soie du TheophUa HuUoni? Cela
I est douteux.
f Le TheophUa mandarina est à Tétat sauvage dans l'Inde ^^).
I Plusieurs des TlieophUa se nourrissent des feuilles d'autres
I arbres que le mûrier.
^ Le TlieophUa religiosœ de Helfer ^^^ a été trouvé sur le Ficue reU-
I (fiasa (le ptpd) dans l'Assam, où il est appelé jori^^\ et sur le
» Ficus indica (le bout) dans le Gatchar, où il est appelé dio mouga ^^\
La soie est très fine et brillante ^^K
Le TheophUa bengalenm de Hutton ^^^ et le TheophUa ajmis de ' Hutton vivent, au Bengale, sur YArtoearpus lacoocha (le diophaiy^K
<*> «The insect \b so intracUble that it wiil not submit to domestication and musl Iherefore be reared apon the Irees» (Rtmarkt on thê cukieatkm ofêHk in India, Journal I ofthe AgrieuUural Society of India, New $erie9, vol. I, 1869, p. 359).
I (*) L. Liotard, Mémorandum on $ilk in India, part 1, p. 3.
I <') Nous parlerons plus loin de noayeau du jori et des dio mouga de TAssam. il
est presque certain que les Assamais connaissent sous ces noms trois espèces de vers à soie différentes, dont une, probablement Ujori, est le TheophUa rdigioea.
(*)T.-W. Helfer, Mémoire $ur leê vers à $oie indigène$ de V Inde, ^rii en 1837 {Annalee de$ êciencee naturelleê, 9* série, t. XI, 1839, p. ili6 et 167, pi. vi, fig. h). — Helfer dit que le cocon du jori est formé de fils dVne grande finesse, doux au toucher et ayant beaucoup de brillant.
^*) Thomas Hugon a parié, en 1837, do dio mouga (OèMfoaftons «icr ie$ vert à sete et Ira soiêi de la province d'Aêtam, Annalm de$ êciencee naturelleê, 9* série, t. XI, p. 179).
(O F. Walker, Li$t nf the epecimene in the Britieh Muséum, part VI, i855,
f p. i5o6. — Proceedings ofthe Zoologieal Society 0/ London , part XXVIII, p. 969. —
' Transactions ofthe Entomoîogieal Society of London, 3* série, t. II, p. 395 et 396.
f ^ Le Theophila bengalensis a le cocon semblable à celui du Bombyx mori; le papil-
I Ion est blanc grisâtre. Hutton a donné le dessin de la chenille ( Transactions ofthe En-
f tomohgical Society of London, 3* série, t. II, pi. xix, n° 5).
t (*) Transactions of the Entomoîogieal Society of London, 3* série, t. I, p. 3i5, el
t. II, p. 399 et 393. — J. Geoghogan, SiUc in India, 1" édition, appendix A. — M. F. Moore a décrit le Theophila Sherwilli, qui est rapproché du Theophila HuUoni, dans les Transactions ofthe Entomoîogieal Society of London, 3* série, t. Il, p. â93,
\ pi. XXII, n* 1.
M. E. Stack a fait connaitre qu'un ver a soie du genre des pat est dans l'Assam, h l'état sauvage, sur le Fictis indica et quelquefois sur le mûrier. Il paraît que ce pâl sauvage est élevé sur le mûrier par les Joughis, et que, après trois générations, il est devenu tout à fait semblable au ;9a< domestique ^^^ Il s'agit ici du petit paf à cocons blancs, le horo polou, un ver polyvoltin, qui est, d'après M. Stack, le Bombyx Creesi^^K
V AnAerœa paphia , espèce indienne, parait être le représentant dans le midi de l'Inde de VAniherœa givaltca de Hutton qui est propre à la région du nord-ouest de l'Inde; il se nourrit des feuilles du mûrier, aussi bien que des feuilles du Teetana grandis, du Terminalia tomenlosa et du Zizyphm jujvha.
M. Geoi^e Eveleigh rapporte avoir donné de temps en temps des feuilles de mûrier à manger au PhUmamia ricini^^\
Il faut revenir aux vers è soie qui appartiennent probablement au type du Bombyx mori, et qui ont été observés dans plusieurs contrées à l'état sauvage.
Aldrovandi a mentionné les vers à soie sauvages de Damas, qui coastruisaient leurs cocons sur les mûriers («sua sponte in moris suos folliculos texebant?'), et il signale cet autre fait digne de remarque, que, non loin de Damas, les vers à soie, après avoir été nourris pendant quinze jours dans l'intérieur des maisons, étaient placés sur les mûriers, y vivaient et y tissaient leurs cocons en liberté ^^). C'est l'éducation & demi domestique de plusieurs AntliertBa et Philosamia dans l'Inde et en Chine.
Aldrovandi parle en témoin oculaire de vers sauvages de la Calabre ^^\
^') Krichna Èftnta Ghougua rapporte que, dans le Johrat, il recueilli! les cocons de ce ver le \h août, que les papillons sortirent le 19, que les œufs furont pondus le ad, et que PéclosioD des chenilles eut lieu le 3] août. Ce ver est polyvoltin (Stack).
^^) E. Stack, Silk in As$am, 1 885 , p. 10. — Le grand pât ou léhénûa pdt (ver à soie lent, parce que la période d^incubation dure dix mois) qu'on élève dans TAssam, le Bombyx textor, n*y a pas été trouvé à Tétat sauvage.
(') Journal of the AgricuUural Society ofîndia, vol. II.
^*' Aldrovandi, De animalibtu in$ectis Ubri septem, i6oa, p. a8â.
(^) (rin Galabria neglectos in arbonbos vcrmiculos sine cura, cultuque sericum facere vidimus : è quibus dctrahunt incolen (p. 985).
tchëou-fou , de nombreux mûriers couverts de cette gaze serrée qui était attachée aux branches ^^\
Dans le Ghan-toung, autrefois, les vers à soie sauvages du mûrier étant plus abondants, on trouvait dans les campagnes ces toiles en assez grand nombre. Le père Martini et le père Du Haide en ont fait mention. t^Les chenilles ne tirent pas la soye en rond, ni en ovale, comme font les vers à soye, mais en fils très longs : ce fil s'attache aux arbrisseaux et aux buissons. On amasse ces fils, et on en fait des étoffes de soye qui sont plus grossières que celles qui se font de la soye filée dans les maisons^^^ » Le père Martini dit que cette soie est blanche; le père Du Halde dit qu'on en voit de la jaune et de la blanche ^^). Quoi qu'il en soit, ce fait est une preuve nouvelle que le ver à soie du mûrier a été à l'état sauvage dans le Chan-toungy et qu'il y est depuis un temps très éloigné. Il est aujourd'hui moins répandu dans cette province.
<*) E. Rocher, Report, SUk, 1881, p. 79. ^*^ Martini, Novtu Allât nnetuis, i653, p. 65.
(^y Du Halde, Description géographique, hUtorique, chronologique, politique et phy$ique de Fempiredê la Chine et de la Tartan'ie chinoiee, t. II, 1735, p. 907.