II. o
mpRiwmiE «ArinxAi.r.
ATTACUS ATLAS.
LES VERS A SOIE DES GENRES ÀTTACVS, PHILOSAMIA, SAMIA, CALLOSAMIA ET PLATYSAMIA.
Arrétons-nous d'abord au groupe des Attacua et de leurs congénères. Il n'y en a pas moins d'une quarantaine d'espèces qui sont de bonnes (iieuses de soie. On les trouve en Asie, en Afrique, dans l'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud. Ces espèces ont des caractères communs très apparents; leurs cocons sont ouverts.
L'ATTACVS ATLAS (').
VAttaeui Allât de Linné, un des types du genre Attacua, la plus grande des chenilles à soie, est répandu dans la moitié de
Aitaau Allât (brvi;).
l'Asie, dans l'Archipel Indien, jusqu'à Bornéo et aux tics Philippines. L'Inde le possède dans des régions très diverses, et, en particulier, tant sur les versants des Ilimalayas que dans le Panjab'^', le Gatchar et le Silhet. Cette espèce est assez commune dans
I*) F. Wdker, Lût of th» iprdmfiu 0/ Lepidoplerout ïniecti in ike colleclûia of ihn Brili$h JfuMIin, pari Y, |85.^, p. laiS el 1 nt^. — Pnrftiiingt n/ tht Zoolagieal Sanety 0/ LonJoo, part XXVIII, p. 96!). — Trimiaelîotu oflhe Enlomnli'ipctil SÔeîflij o//4iB<i™,3*.ërie,l. I.p.3i5.— Thomas Wardle, Tht miU >ilkf/ Indin , principallf ruiwr, 1 880, p. I a à 1 /i , ol Handbook, p. 63.— E. Stock , Silk in Aiiam , p. 1 a.
<" Baiien-H. PowHl, W. 1, p. iGi.
la Birmanie anglaise^') et assez rare dans la vallée de FAssam, où on l'appelle (d'après M. Stack) petogore mouga. On la Irouve dans rtle de Geylan, aux environs de Colombo ^*^\ et, le climat étant particulièrement favorable, on a essayé de l'élever dans cette île, à Deltota, à Dimbula et à Moratuwa. Il paratt même que les missionnaires italiens ont fait, à Geylan, des éducations de YAttacus AÛas sur le mûrier. Cette espèce existe en Chine dans plusieurs provinces, entre autres dans les provinces de Kouang-toung, de Kouang-si , de Kouei-tchéou et de Sse-tchouèn.
V Allas se nourrit de feuilles d'arbres et d'arbustes différents. 11 vit à Java sur le PhyUanthus emblica. On l'a trouvé dans l'Inde sur une vingtaine d'arbres, surtout sur les suivante : YArlemisia vulgaris (le dona)^ le PhyUanthus lanceolarius, XExccBcaria tnsignis (le khinna)^ le Celàsiama malabathricum (le louiki du Catchar), le Symplocas crataegoides (le loj du Panjab) ^^K II s'attache dans l'Assam au koutkouri (le Vangueria spinosa). Hutton a observé que, à Almorah, la chenille de Y Ados ne broute que le Berberis asiatica, et que, à Mussouri, elle ne touche pas à cette plante et ne mange que les feuilles du Falconeria tnsignis. A Ceylan , cet AUaeus est élevé le plus souvent dans les buissons de canneliers, et le ver, nourri de la feuille de ces arbrisseaux, donne la soie la meilleure. En Chine, Osbeck l'a pris sur le Nerium okander ^*^ et le D' Hance l'a vu sur le Quisqtudis indica. A Canton, on a dit à Isidore Hedde que cette chenille est, aux monts Lo-féou, le plus souvent sur le wou-kiou^^K Le twu-kiou serait, d'après S. Wells Williams et
(') Rapport de M. Vossion, consul de France à Rangoun, i88â.
(') M. Frédéric Moore ne croil pas que VAttacui AUaa soit indigène dans Ttle de Ceylan; ies trois seules espèces indigènes dans cette Ile sont, d^apr^ ce savant, VActioi selene, VAnthei^œa cingaleia et VAtiacui Taprobatiit.
t^) On a cité aussi le Bradleia ovata, le Machilui odoratitiima (le «otim), le DUlema tptnoia, le Berberis oêiatiea, YEugenia Jruliculoêa, le Teiranthera laurifoUa, le Nauclea rotundi/olia, — Il y a deux plantes dans Tlnde appelées toum : la plus connue, celle qui est célèbre à raison de sa sève fermenlée et de sa représentation comme ornement, est le Sarcoêfemma brevùtigma, le fom des Védas, le hom du Zend Avêêta; Tautre est le Machiltu odoratiuima.
^^) Peter Osbeck, A Voyage to China and the Eatt Indiee (traduction do J.-R. Forster), 1771, t. I, p. 33o et 33 1.
^^^ I. lledde, Deêcnption méthodique du produit» divere recueillie dam un vojfoge en Chine, p. 107.
ATTAWS ATLAS.
M. Ghalmere, le Si^ium tebiferum de Roiburgh, le SltUingia sebifera ou l'Excœcaria iebifera des botanistes modernes. On lit dans un livre chinois de botanique (le Tekt-^mu-nang-chî-toa-kao) que cet arbre est un de ceuï avec les feuilles duquel on peut nourrir les vers à soie ">.
Attaeut Allai (cocon).
M. le [y Hance nous a confirmé Tun et l'autre fait. Nous savons par lui, qui le tenait d'un cultivateur chinois, que l'Excacaria nebifera (l'arbre à suif), très commun dans le Kouangtoung, sert, au nord de la province, à élever «une espèce de ver i soie»'*'.
L'abbé Armand David a attribué à l'AUacm Adaê des cocons qu'il a recueillis en Chine sur le camphrier '''.
Ce ver est tout à fait sauvage en Chine et presque partout dans l'Inde. Tout à fait sauvage dans l'Assam , il est aussi élevé en plein air et Ton obtient dans cette province deux ou trois récolles par an ^"K 11 parait, d'après ce qu'un Chinois a rapporté au surintendant du Jardin botanique de Hong-kong, M. Ch. Ford, que
*''> V BrelMdiDeider, On Chi'iuw lilkworm Cran, p. 7.
'" H. TwgioDi-Toiietti rapporte qu'on trouve ea Chine de» icn à mÎc sur l'arbre à •uif (Exetfcaria lebi/era) (Rcbwonc npra la tla mnoghadiUe Indit, 1867, p. i3).
CI Armand David, Journal de mon troûiètiu voyag» d'exploration dam l'tmpirt chinoU, 1875, t. Il, p. 3&0.
") C. Bernard, NeU, 187g. — Cooimunicalion du uimmiiBairB en chef de l'Assam, 6 juin 1879. — M. E. Stack ne parait p» avoir obtenu de renseignements sur VÀttaeiu Aliat {petagort mouga). '
YAdaê est Tobjel d'éducations à demi domestique» dan» la province du Kouang-toung.
VAitactu Ado» est répandu dans les tles de la Sonde, et prîn* cipalement à Java. On dit qu'il est commun à Sumatra, surtout sur la côte orientale, vivant sur le goyavier. Les cocons de cette provenance sont assez gros (60 millimètres de grand diamètre et 3 0 de petit diamètre), ouverts, d'un gris cendré noirâtre, munis d'une lanière soyeuse qui tient chaque cocon attaché à une branche. Ils sont entourés d'une bourre légère, fine, de la même couleur que la soie^ et sont ordinairement recouverts d'une ou deux feuilles si serrées que la bourre garde l'empreinte des nervures. Ces cocons de Sumatra sont ceux d'un Attacus, et cet AUacui est probablement YAttacus Atlas ^^\
VAtUicus Allas est une espèce bien caractérisée. On a signalé dans l'Inde deux variétés ou races : Tune que l'on rencontre le plus fréquemment dans l'Himalaya, l'autre qui provient de la province de Mysore. Dans la première, le cocon mesure de 78 à 85 millimètres sur âa à 3o millimètres, et le papillon a a 1 millimètres d'envergure; dans la seconde, le cocon mesure de 55 millimètres sur Qa à s5. La race de Ceylan est bien distincte.
Le cocon est gros; il est rond à une extrémité et pointu à l'autre. 11 n'est pas fermé; le papillon sort sans rompre ni altérer les brins de soie. La couleur du cocon est variable, assez souvent fauve clair, blond foncé, gris cendré couleur de terre, brun clair. Dans l'Inde, la chenille qui s'est nourrie de la feuille de l'arbrisseau qu'on appelle loutki dans le Catchar et choutisy dans le Nipal ( Cetastoma malahathricum) donne une soie très blanche, et la chenille qui a vécu sur le boidraj file un cocon d'une couleur brune très foncée^'^l A Ceylan, le cocon est d'un gris très clair.
Ce cocon est généralement enfermé dans une ou plusieurs feuilles. Toutefois le cocon de la race de Ceylan qui vit sur le can-
(') Nous ne connaissons cel Attaau de Sumalra que par ses cocons. (^) G. Brownlow» de Catchar, Remarki on tke distribution ofiHk tmë. — Voir Pli.- Henry Gosse, The gréai AUa$ moih of Asia. Londres, 1879.
ATTACUS ATLAS. 71
nelier est le plus souvent construit sur une-fenille : d'un côte, il est attaché à cette feuille et protégé par elle; de l'autre c6té, il est k découvert.
AUam Allai (mile}.
On dit qu'il est très difficile de dévider ce cocon. M. Geoghegan prétend que le tirage est possible si les cocons ont été bouillis dans du vinaigre. «The silk is diiïîcult to réel, ihough ït yields partially if boïled in vinegar'".» Celte immersion dans du vinaigre bouillant que signale M. Geoghegan est singulière , et ceriainc-
<') SUk inlwtia, t" ëililion, p. 196.
ment Tauteur du SUk m India a enregistré un renseignement inexact ^^\ Le capitaine Hutlon a recommande l'immersion dans une forte dissolution alcaline (nous savons que des indigènes opèrent de la sorte), et a constaté aussi qu'on a beaucoup de peine à dévider la soie. Ce qui est certain, c'est que, en Chine et en Birmanie, on peigne les cocons; on fait avec la bourre qu'on en a obtenue des fils qui ne sont pas sans valeur, ce Si l'on réussissait à tirer de cette façon un bon parti des cocons, a dit G. Brownlow, la production de ceux-ci serait facile, n
Leur emploi comme matière pour le peignage est aujourd'hui un fait acquis.
C'est la dureté de la hetoe fortement imprégnée d'un grès particulier qui est cause de la difficulté du dévidage ou du peignage. M. Alfred Wailly a consigné dans un de ses mémoires une observation d'un de ses correspondants à Ceyian qu'il est utile de publier de nouveau. Des cocons de VAdas, après avoir été abandonnés pendant deux ou trois mois dans un bain de carbonate de potasse, dans lequel ces cocons et des cocons de VAntherœa myliita avaient bouilli avec leurs chrysalides, avaient été d'un dévidage, ainsi que d'un peignage facile ^^\
La soie de cet Attacus est de couleur foncée, mais la remarque a été faite que les brins sont incolores au sortir des tubes excréteurs, et que la coloration des brins est due à une matière colorante qui accompagne le grès ^^\
La soie est assez bonne («decidedly good», dit Hutton), nerveuse et grisâtre. Un observateur à Ceyian est d'avis que la soie de ¥ Atlas, bien préparée, «est plus souple, plus douce et plus brillante que la soie du tussahi).
!VI. Thomas Wardle a constaté les faits suivants pour la bave de ÏAUacus Adas ^^^ :
(') M. Liotard esl aussi convaincu que M. Geoghegan a été Irompé sur ce point par les Indiens.
(') Alfred Wailly, Notet on tilk-producing bombycei reared m i88ù, p. A. ,
^3) Voir dans la huitième partie de uotre travail ce qu^oo sait de cette matière colorante.
(*) The wild tt/ib of India, 1880, p. 11.
ATFAOJS ATLAS. 73
ihatieilé. Près de la surface du cocon, sS millirn. h; !c plus près de la chrysalide, 3i niillim. 7.
Ténacité. Près de la surface, -j gr. 53; le plus près de la chrysalide, 8 QT. 86. ,
AitatUM Altaï (femelle) ^'K
Fineue. Près de la surface, 38.5 miltiènies de millimètre; le plus près de la chrysalide, 5o.8 millièmes.
''> La plupart des dessins, gravés sur bois, de vers i soie deaii-domestîquei ou uungea, de (grandeur nalurelle, qui Boni joiats i notre leile, ont été lâils en Angletern pour le Uandboak de M. Tliooias Wardle; M. le Ministre secrétaire d'ÉUt pour l'Inde ■ bien voulu noua autoriser à noua servir de ces gravures. Plusieurs autres dessin» ont été faits i Ljon, pour le Laboratoire d'étude de )■ soie, par M. Larbilray.
PHILOSAMIA CYNTHIA. 76
Oq lire aussi dans celte province la soie de cocons de vers sauvages qui vivent sur le camphrier; nous en ferons mention plus loin.
On envoie en Angleterre une partie des cocons de VAUacua Atlas qu'on récolle dans la Birmanie anglaise; ces cocons sont peignés et filés.
Cette espèce est une de celles dont Télevage à Tair libre dans certaines parties de Tlnde parait devoir être le plus facile ^^K
LE PHILOSAMIA CYNTHIA «.
De même que Ton désigne sous le nom de Bombyx mort plusieurs espèces de vers à soie qui se nourrissent de la feuille du mûrier, de même on appelle Philosamia Cynilùa des vers à soie & cocons ouverts qui présentent cependant des différences. Dans l'état présent des choses, nous devons laisser le nom de HixUh- 9omia Cynlhia au ver à soie de l'ailante, aux vers à soie sauvages recueillis dans Tlnde, en Chine, au Japon et à Java, aux vers à soie à demi domestiques qu'on élève dans plusieurs provinces de la Chine, et qui ont des caractères communs avec le ver de l'ailante. Quand on aura comparé toutes ces sortes, chenilles, cocons et papillons, il est probable qu'on apportera quelque changement à la désignation ^^K
(*) Hullon, G. firownlow, A. Wailly. — M. G. Brownlow a dit : «Même si Ton ne parvient pas â sarmonter les difficultés du tirage des cocons de VÂtUu, cette espèce mériterait encore d*élre cultivée (dans Tlnde) pour la soie cardée qu*eile roumiraii, attendu qu^elIe peut être obtenue en grande abondance. Là oà les autres vers à soie ne donneraient des cocons que par Mêen, iM((a« les produirait par maundi {\emaund est de ho êeers), et, en adoptant un mode d^élevage convenable, les cocons de VAtUu ne coûteraient guère plus que le coton» {Remark» ou tkê dûtribuiian of»Uk frsss, p. la).
<^ F. Walcker, Lût of the ipecimmê of LepidopUroui inê&ctê in the... Briii$h Muaêwn, part V, i855, p. laao et laai. — Th. Horsfield et F. Moore, A Catalogue of thé Lqndopteroui ineecte . . . , p. 407.— Trwuaetûme of the Entomologieal Society of Londm , 3* série, t. I, p. 3 16. — Thomas Uutton, Remark» on the cuhwaiûm ofeilk m hdia (Journal of the Agrienltural Society qf India, New eeriee, vol. I, 1869, p. 3&7) et Notée on fndian Bombycidae, 1871, p. 6. — Thomas Wardle, The wiid eilki if India, 1880, p. ij et 19.
^^^ Thomas Hutton et M. Arthur-G. Butler ont déjà fait cette renkarque. M. A.-G. Butler est d^avis que le ver de Tailante des Ghinois est différent des vers de même genre qu^on a découverts au Japon et à Java.
Disons donc que le Pkilosamia Cyntliia de Drury [Auacus Cyntliia vera) vit généralement sur Failante, et que cest en Chine qu'on l'a rencontré en plus grande quantité.
Avant de nous occuper du Philotamia CynUiia de la Chine, nous mentionnerons celui ou ceux qu'on a observés dans d'autres contrées.
Le ver de l'ailante est, dit-on, en Corée.
Il est aussi au Japon , d'après différents témoignages. Il y serait connu sous le nom de tclio san; il vivrait à l'état sauvage sur YAi" lantus glandulosa (le tcho) , Yllex rotunda de Thunberg (le miUougui) et le Phellodendron amurense de Ruprech (le kirvaday^K Nous ferons toutefois la remarque que YAilantus glandulosa n'est pas indigène au Japon et qu'il y a été importé de la Chine.
L'Inde possède cette espèce dans plusieurs régions, et particulièrement au nord, dans l'étroite bande de territoire qui s'étend le long de l'Himalaya, depuis l'Assam à l'est, jusqu'au Koumaon et au Panjab, à l'ouest ^^l
M. Geoghegan a pris le soin de le distinguer de ïérié^^\ et M. Stack a fait de méme^'^^
Le Philosamia Cynthia se nourrit, dans l'Inde, des feuilles de YAilantus glandulosa, de YAilantus excelsa, du Xanthoxylum hostile, du Coriaria ntpalensis, etc.
Nous devons signaler l'opinion qui règne chez les Indiens qu'il est le type sauvage de Yérié (le Philosamia ricini).
Cette espèce existe en Chine; elle est mentionnée dans YEulya, ce dictionnaire qui fut composé au xu" siècle avant notre ère et qui fut complété au v° siècle également avant notre ère :
^*) VÏUx rottmda et le Phellodendmn amurense sont indigèues au Japoo (A. Franchet et L. Savatier, Enumeratio plantarum inJapomâ ipantè creecentium, t. I, p. 73 et 77).
^*^ Le Philoiomia Cynthia a été observé dans l^Assam, le Catchar, le Koumaon et le Déhra Doun, ainsi qu*à Darjiling; il a été introduit dans TOndb. — a Le ver de Taiiante, Âttacue Cyntlùa, dit Hutton, est abondant à Mussouri et se rencontre dans la région du Téraî, à travers le Koumaon, dans la direction de Test vers le Catchar. G^est Tespèce que j'avais nommée d'abord Attacui Catmmgiyi {Remarke on the cultivatûm ofiUk m îndia, 1869).
<») Silk in India, 1'* édition, p. ia5.
^*^ Silk in Aisam, p. 10.
PHILOSAMIA CrSTHlA. 77
«Le tchÀm-you ou tdiou kiin (cocon de Turbre Ichou). Il se nourrit des feuilles de l'arbre ichou. »
Cynlhia (larve).
On trouve cette chenille daos plusieurs provinces , ainsi que dans la Maadcbourie :
En Handcbourie, sur les collines qui sVlèvent h l'ouest du fleuve Lîao, dans le Kin-tcfaéou-fou '" ;
Dans le Tcbih-li, dans les moatagnes du Ping-tcbouèntcbéoul"';
Dans le Ghan-si ;
Dans le Ghan-toung, oi^ il est commun, principalement dans le département de Teng-tcbéou-fou "', la ville de Ning-haï-tchéou étant le centre de la production de cette soie '*U
Dans le Ho-nan, surtout dans le Nan-yang-foo ;
'') J.-Alexander Han, commimaire dta doaanes [narilimci à NîoU'Idiouangf, Brporl, Silk, iSfii.p, g et lo.
I*' DetnDg, communire des douanes i Titn-taÎD, Report, SUk, iStJi, p. ai.
''' A l'eiMinil^ orientale de la pënioaule de Cban-loung, dans rarTondissemeDl de ïoung-lching et au mont Tching-chaa, on ne loit que deui «ritree : l'allante et le nanle.
'') CbaloDer AbbMier, vi<x-o>Qiul d'Angleterre à Tchi-fou, RijioH, 1867. — J. Marckham. R»port «/ a joimgg Uirough th* pmnc* af Slut»-luiig, 1869. — A.?aanl,Tr^ofanaluraliitla Ihe CkàuK Far EiuHTIie China Anwir,vol. IV, i87[i- 1S76. p. S'il et 35g). — Geo. Hughes, Btport, Silk, 1K81, p. si et aS. — Nnu» rroyona que M. J. Marckham 0 confondu, dan» son report, la soie du ver de l'ailiale avec la soie du ver du cligne; ce qu'il dit de la pn-roière doit ètrp appliqiii! i la seconde.
PHILOSAMIA CYNTHIA. 79
aussi le nom de ekan-tekou ^lehou des montagnes) '". Le père d'iocarville a décrit cette chenille dans son mémoire si intéressant sur les vers h soie sauvages, qu'il avait envoyé en i-jfio au cardinal de Fleury, et que nous ne connaissons que par l'analyse qu'en a donnée le père Gibot, trente ans après la mort de dlncar^ ¥iHe«i.
Stanislas Julien s traduit et a publié un mémoire écrit en i83g par un éleveur de la province de Hou-pèli. Cet éleveur a entendu dire «que, dans la province de Sse-tchouèn, on n'élève pas les vers k soie à la maison et que ces insectes ne se nourrissent pas
Csnlhia{eo<Mn).
de feuilles de mûrier». Il ajoute : «On place les vers dans des champs incultes, sur des arbres appelés fchou, qu'on couvre de filets, de peur que les animaux ne les dévorent. L'arbre uliou peut bien nourrir des vers à soie , mais , dès que ceux-ci ont commencé à manger de ses feuilles, ils ne peuvent plus manger de feuilles de raArier. D'un autre c6té, les vers qui ont mangé des feuilles de marier ne peuvent plus manger des feuilles de l'arbre ic/iou'^'.»
Chiiute tiOcaorm Irwt, 1881, p. a. — Le tchànt-ickaua rat rare dans le Tcbé-kiang, au icoliu dam le départeiDcuE de Hou-tchëou-Tou. Nniii avooi reçu de* rameaux du Ichiau-lehotm du Ohao-louDg qui provauient bien de VAilaittiu glandulota.
''I TehoH ou lekoun eat le nom ^nérîqiia de l'arbre. Le <ekoii proprement dit eut le Cafreja tiaauù, qu'en a[q)elle auMi ktang-l^aun (le lehoita odoriféranl). L'.4itùMtMÉ glandulaia est iiomm^ kao, ckan-lebou (le tckou des moDlagnet), pane qu'on le Irouie i l'ëtet «luvajje dans les inotil£);nes, ou lekânt-lehoun (le idioun puant), à cause de l'odeur désagréable de se* feuilles.
O MMi#tr«t moMmiinl l'hitloin, lu iciauxt, let arlt, etc., da Chtnoù, vol. II, '777- P- 575 à 598.
^' DélaSi nn- t'édiàeatioii dr* wn à une dmu le nord de ta Chin», tSfit, p. a.
80 SOIES lœS VERS SAUVAGES.
Cet arbre tchou est certainement YAilantus gkmdulosa; «il se platt, dit Fauteur chinois, dans les pays de montagnes ». On voit que le ver à soie de Taiianle est élevé à l'air libre dans le Ssetchouèn.
Il n'est pas certain que YAilantiu glanduhsa soit le seul arbre connu sous le nom de tcliéour-tehoun. M. Kleinwâchter et M. Kopsch nous ont envoyé plusieurs spécimens de tchéour-tchotm , provenant de Lou-téou-chèn et de Ghan-lièn, dans le département de Houtchéou-fou (province de Tché-kiang). Un de ces spécimens était YAilcmtus glandulosa; un autre était un Ailantus qui paraissait différent du précédent ^'^ ; le troisième a été regardé comme voisin du Lindera glauca. Mais on n'est jamais sûr des renseignements fournis par les Chinois : ainsi nous avons reçu , sous le même nom de tchang-chou (l'arbre Ichang), d'une part, un Ailantus qui ressemble à Y Ailantus glanduhsa, et d*aulre part, le Cinnamomum camphora de Nées et Ebermeier ^^K Le D"" Mac Cartee assure que le ver à soie de l'ailante est nourri avec les feuilles de deux espèces d*Ailantus^^\
Le ver à soie de l'ailante vit également sur d'autres arbres, entre autres sur le poivrier de la Chine, le Fagara, dont le père d'Incarville a aussi parlé. Ce Fagara, le hoa-tsiao des Chinois, est un Xantlioxylum, le Xantltoxylum Avîcennae (^Fagara Avicetinae de Lamarck)^*^. Voici ce que le père d'Incarville dit dans un de ses mémoires : a L'autre espèce (de ver à soie) se nourrit des feuilles d'une espèce de frêne, que les Chinois nomment tcheou tchun. Elle
^') M. F.-B. Forbcs ne connait en Gliine que deux espèces d^ailante : VAilantvê glanduloia et VAilaniuê malabarica, ce dernier observé dans le midi de )a Chine.
t') Nous devons à M. Kleinwâchter et à M. Kopsch un ver à soie sauvage du nom de tchaf^-chou Uan, «le ver de i*arbre tchangn^ dont nous parlerons plus loin.
t') On tome wild iilkwormê of China, 1866, p. 78.
<*) D' Bretschneider, On Chine$e nUcworm treet , 1 88 1 , p. 3 , et Early Eitropean reêearches tnto the Flora oj China, 1881, p. i3i. — L^exemplaire original du père d'Incarville étant encore dans Therbier du Muséum d*histoire naturelle à Paris, et nous Ty avons vu, il n-'y a pas de doute à avoir sur ce point. Toutes les plantes envoyées par d'Incarville à Bernard de Jussieu sont conservées à part au Muséum ; quelques-unes, entre autres \c Xanthoxylum Avicetinae, sont dans Therbier de Bernard de Jussieu.
PUILOSAMIA CrrVWlA. 81
mange aussi des feuilles dVrme, et defagara, qui est le poivrier de la Chine t".n
Les cocons du ver de Tailante difTèrent de ceux du ver du Xan- Utoaybim, et la difTi^reDCc que nous avons remarquée entre la soie du premier et celle du second provient peut-être de ce que ces deux vers n'appartiennent pas, comme on l'a admis jusqu'à ce jour, à la même espèce. Les premiers, les cocons du ver de l'ailante, sont appelés nao kiên (petits cocons), tcliou itVn'^^ (cocons de l'arbre
Philoiamia Cgathia (mile).
tcAou); les seconds, les cocons dnXanthoxylum, tiiao KM (cocons de l'arbre biVio). Ces derniers, qui ont une odeur de poivre très prononcée, sont assez rares et sont récoltés principalement dans l'arrondissement de Tsi-mé ou TcLi-m6, dans le département de Laï-lchéou-fou , au Cfaan-toung.
'') Cat^egue a^habéliqiu dit plattlei el aufrti objtU ifhùlanv natitrtlU ta uiaga en Qtint, obiervét par I» pèrt d'IncamilU ( MtiitinDt de la Soti^lé impériah dtt nalura- UMteMdeMoKou,io\.l\, i83o, p. 96).
''' On Irouve ee uicme aom de tchou kiên dans le diclionnaire Evl-ya. — Le mol chinois làM âgràûe cocon.
La soie du Pliilosamia Cynlhia est blanchâtre, blonde, grise, brune; celle du Pliilosamia Cyntlna du Xanihoxylum est de couleur foncde, gris noirâtre, quelquefois presque noire^^^.
«Les vers qui filent cette soye (dans le Chan-toung), dit Du Halde, sont de deux espèces: la première, qui est beaucoup plus grosse et plus noire que nos versa soye, se nomme Uauèn kièn; la seconde , qui est plus petite , se nomme tiao ktin. Le cocon de la première est d*un gris roussâtre ; celui de l'autre est plus noir. L'étoiïe qu'on en fait (appelée kièn-tchéou) tient de ces deux couleurs; elle est fort serrée, ne se coupe point, dure beaucoup, se lave comme de la toile, et, quand elle est bonne, les taches ne la gâtent point, pas même celle de Thuilc qui tombe dessus ^^Kjf
En admettant que le ver du Xanthoxylum Avicennae est le même que le ver de l'ailante et que ce ver est le Philosamia Cynthia, nous n'avons fait que suivre l'opinion commune. La vérité est que nous n'en savons rien. Nous n'avons vu ni la chenille, ni le cocon, ni le papillon de l'espèce qui vit sur le Xanthoxylum Avicennae; nous ne connaissons même personne qui les ait vus. On nous a présenté comme filée par le ver qui nous occupe une soie de couleur gris noirâtre, ayant une odeur assez forte qu'il était difficile de définir; mais nous n'avons pas eu de preuve de l'exactitude de cette déclaration. 11 nous a été impossible, malgré des efforts persévérants, d'obtenir le hoa-tsiao. L'exemplaire envoyé par le père d'Incarville en France appartient au XanAoxylum Avicennae^^\ mais le hoanUiao du Gban-toung doit-il être rapporté à cette espèce ? Gela n'est pas certain.
Le D''Mac Cartee, auteur d'un mémoire sur quelques-uns des
^') D.-B. Mac Cariée, On tome wild tilkvDotTn» qf China. -— T.-T. Meadows, consul d^Anglelerre à Nioa-tchouang, Commercial report for the year s 865 {Com^ tnercial reporte from Her Majesty'i ContuU tn China, ]865, p. 959). — Rév. A. Williamson , A'ote« on the productions of Shan-tung, 1868. — J. Marckham, Report of ajoumey through the province of Shan-tung, 1869, p. 9/1, 95 et 3o. — A. Fauvel, TIte wild eilk-tDomu of the province of Shan-tung , p. 90 à 93. — Les descriptions sont assez confuses.
(') Vol. II, p. 307.
t^) M. F.-B. Forbes a tronvé, dans les herbiers du Britiêh Mueeum, des spécimens du Xanthoxylum Avicennae envoyés de Chine par sir G. Staunton , sans indication de localité et sans nom chinois.