Tome I, page
Barthélémy de Laifemas a dit, dans un de ses opuscules publié en i6o3 et intitulé : Preuve du plant , et profit des meuriers , pour les paroisses des geniralitez de Paris, Orléans, Tours et Lyon, pour l'année i6o3: «rll sera remarqué que les soyes de Provence, Languedoc, Comtat d'Avignon , ne sont si belles que celles de Tours, Paris et Lyon et autres villes de France, et c'est plus tost à cause du trop de chaleur que de fraischeur. Et, pour connoistre la vérité , il s en faict en Flandre et Allemaigne , pais beaucoup plus froids que
la France. Les ouvriers qui employent les soyes d'Italie asseureut que quinze onces de celles de France rendent un pareil ouvrage que dix-huit onces de celles d'Italie.» Laffemas a dit encore : nMesmes que les pals plus chauts approchant du soleil de midy ne font les soyes si bdles et fines. »
Le comte de Gasparin a fait la remarque que les tentatives infructueuses fiiites dans le Nord donnèrent Timpulsion à Tëlevage dans le Midi, que le Midi eut le bënëfîce des mesures prises par Henri IV dans Tintërèt du Nord et du Centre, et que les habitants du Midi ne se rendirent compte qu'à cette époque de l'importance de la richesse qu'ils possédaient (Mûriers et vers à soie, 18Â1 ,
Il n'est pas douteux qu'on a obtenu des soies de bonne quaUté dans le
nord de la France. Ainsi, Charles Benoist, «rmaistre passementier et moulinier
en soye», et Isaac MayaOre, «du pays de Languedoc», qui ont élevé, en
160/1, des vers h soie à Rouen, en ont tiré de la soie qu'on trouva «de la
beauté et bonté requise».
Nous savons par Barthélémy de Laffemas que, en 1603, on produisait (ren Provence, Orange, Comtat d'Avignon ou Languedoc», de ^ 00,000 à 5oo,ooo écus de soie.
L'ouvrage de Christophe Isnard, publié en i665, a pour titre : Mémoires et instructions pour le plant des meuriers blancs, nourriture des vers à soye, et l'art dejiler, mouliner et aprester les soyes dans Paris et lieux cireonvaisins , . .