‹ L'art de la soie: Les soiesChapitre 23 sur 77 · KM HOTBIRB, PAS AU · texte numérisé non relu

KM HOTBIRB, PAS AU

Élevenn. Graines. Goeom.

De 1875 h 1877 86 70 91

De 1878 à 1880 78 6a 70

En 1881 et 1882 70 43 io4

Ainsi, à dix années d'intervalle, moins d'éleveurs, moins de graines mises à l'éclosion et une production plus forte.

La diminution que nous avons signalée a correspondu avec une augmentation du rendement, et cette augmentation du produit des éducations a formé, comme on le voit, une heureuse compensation.

Ce moindre nombre d'éleveurs et cette moindre quantité de graines employées ne doivent pas surprendre après ce que nous avons dit. Le cultivateur ne trouve plus un profit suffisant à faire des cocons, c'est une première raison déjà suffisante; mais il y a d'autres causes.

Le ver à soie a été malade , il faut le rappeler. Le mûrier a été aussi malade; c'est du moins ce que bien des gens affirment. Il est possible que ce fait ne soit pas général; toutefois il est certain que, depuis une trentaine d'années, on a planté les mûriers en lignes trop serrées, qu'on a mis en culture les terrains dans lesquels ils s'élèvent, et que, dans bien des cas, on ne leur a pas donné les engrais nécessaires. Le sol qui nourrit ces arbres autrefois presque sacrés est épuisé en plus d'un endroit. Ailleurs les fumures sont même sans effet : si la science enseigne conunent on rend à la terre les éléments qui lui font défaut, elle n'a pas encore enseigné, dit-on, comment on paralyse l'effet funeste des éléments inabsorbés et accumulés. Il nous paratt douteux que la terre soit devenue absolument impropre à cette culture , et, ayant devant nous les exemples encourageants de l'Italie, ceux que présentent en France des cantons encore nombreux, nous croyons que de plus grands soins auraient raison d'un mal qui n'est peut-

être que l'effet de la négligence. Quoi qu'il en soit, sous l'action d'un dépérissement d'abord lent, les parasites, animaux ou végétaux, se multiplient et l'accélèrent^^), et il est mort ou l'on a arraché une telle quantité de mûriers qu'on estime qu'il n'en reste plus que pour faire face à une production de i s millions de kilogrammes de cocons, la moitié de l'ancienne productions^).

L'augmentation des salaires ne permet plus de faire des défrichements et des plantations dans les montagnes; sur les coteaux ou dans les plaines, partout où on le peut, on cultive la vigne, malgré l'invasion du phylloxéra.

La situation parait être celle-ci :

Industrie agricole peu lucrative, moins lucrative qu'autrefois, partant plus resserrée, mais, si peu productive qu'elle soit, relativement avantageuse dans certaines régions ;

Industrie de laquelle, à raison de la courte période de temps pendant laquelle elle est exercée, à raison aussi des incertitudes qu'elle a présentées, quant à la récolte, dans tous les temps, on ne peut attendre que des ressources complémentaires et qu'un profit qui donnera un peu plus de bien-être;

Industrie dans laquelle des perfectionnements ont été introduits, et qui, par l'effet d'une meilleure condition, pourrait se relever et s'affermir.

La filature, quoiqu'elle ait recours depuis longtemps aux cocons étrangers, présente aussi un décroissement notable.

Nous indiquons ci-après le mouvement de l'importation des cocons étrangers, mais on va voir que ces chiffres ont peu de valeur.

(*) M. Maxime Cornu, inspecteur générai de la sériciculture, a adressé au Ministre de Tagriculture un premier rapport sur le dépérissement et la mort des mûriers {BulUtin du Mmiêtère de Vagricukure, année i883, p. /i5 à 53).

(^ Société d'agriculture de Lyon, Rapport de la Commiêsion de$ $o%ee surse$ aperatioM de l'annde i88t, p. 8 et 9. — Notre collègue M. Louis Boudon est du même avis : la quantité de feuilles de mûrier a diminué, suivant lui, dans la proportion de 35 à 5op. 100, suivant les zones. M. D. Armandy croit qu'on n'a arraché que le quart, le tiers au plus, des mûriers : il a visité les départements séricicoles en 188a , après une récolte de près de 10 millions de kilogrammes de cocons, et il a constaté qu'il était resté sur les arbres de 95 à 35 p. 100 des feuilles.

Importation des ooooiis étrangers.

(comiBBCI BPiciÀL.)

m MOTIIIHI, Pàl àR.

Périodes triennales.

De 1871 à 1873. 1,796,900 kilogr.

De 187a à 1876 9,i63,9oo

De 1877 à 1879 1,618,600

De 1880 à 1882 1,699,800

Si nous nous en tenons à ces quantités, nous constatons que, dans les dix dernières années, l'importation a été, par an, de 1^770,000 kilogrammes environ de cocons secs. On admet que ce sont tous cocons propres à la filature, mais il y a, dans le nombre , des cocons percés destinés au peignage.

Cette quantité moyenne décennale de 1,770,000 kilogrammes diffère peu de la moyenne des deux dernières années (1881 et 1889), celle-ci étant de 1,700,000 kilogrammes.

Les choses sont tout autres en réalité. Pour en juger, il faut supposer, ce qui n'est pas absolument vrai, que notre exportation de cocons se compose de cocons étrangers ^^\

En ne faisant usage que des quantités enregistrées au commerce général , à l'importation et à l'exportation , la différence représentant notre consommation de cocons étrangers, nous arrivons aux résultats suivants :

Gonsonunation présumée de cooons étrangers.

n HOTBIIKI , PAt AK.

IDe 1871 i 1873 1,399,800 kifogr.

De 1874 à 1876 1,493,000

De 1877 à 1879 861,100

De 1880 à 1882 697,300

Notre consommation de cocons étrangers dépend naturellement de ce qu'a été notre récolte; cependant il s'est produit un changement notable. Il est évident qu'on ne trouve plus, en France, dans la filature un profit suffisant, puisqu'on achète de moins en moins de cocons étrangers.

(>) On envoie en Italie des cocons de prodaction française; cette exportation n*a pas toutefois une grande importance.

GonBommaiion de cocons étrangers.

1878 1,091,700 kilogr.

Nous n'avons pas tenu compte du commerce des cocons étrangers en i883, attendu que nous sommes fondé a penser qu'une assez grande quantité de cocons percés et de cocons tachés, matière première de la filature de bourre de soie , ont été enregistrés par erreur comme étant des cocons destinés au tirage de la soie^^^.

La filature, alimentée par les cocons indigènes et par les cocons étrangers, a donné un produit qui a varié de 700,000 à 900,000 kilogrammes par an^^^.

Production de soie grège.

(bR MOTBIfllB, PAR AR.)

pBMooiR nuiniLn.

De 1869 à 1871.

De 1872 à 1874.

De 1875 A 1877.

De 1878 A 1880.

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