‹ L'art de la soie: Les soiesChapitre 31 sur 77 · TRAMES · texte numérisé non relu

TRAMES

ITAUB.

9* ORMI ,

9sit8.

fr. c.

CHINB.

OUTBAiaOI

française ,

i"' ordre ,

&o|AS.

fr.

Les prix de ce tableau , qui sont ceux relevés à un seul jour de l'année, présentent, avec les prix précédents qui sont les moyennes des prix au commencement de chaque trimestre, les différences suivantes (les prix de 187 a étant comparés avec ceux de i883) :

aAISSB.

D'après les prix au D'après les prix moyens re- 3i décembre de leTës en janTÏer, en avril, chaque année. en juillet et en octobre.

Pour les soies grèges ^o.3 p. 100. ^3.3 p. 100.

Pour les organsins 66.7 As

Pour les trames lio tio.S

11 y a une dernière conclusion à tirer de tous ces chiffres, c'est que, entre les prix en 1868, l'année dans laquelle les prix ont été les plus élevés, et les prix en i883, la différence en moins est de 5i 1/3 p. 100 ^^\

(^) On trouvera sur le prix des soies des remarques d^un autre ordre dans une Étude comparée $ur lee etocket la conêommaùon et le prix de$ êoies, publiée en i88â par M. J.-B. David, de Saint-Élienne.

En comparant les prix des matières textiles dans les années 1872 et 1878 et les années 1882 et i883^*^ nous observons les résultats suivants :

ANNÉES ANNÉES BàMi

1873 et 1873. 1889 et 1883. pour

Le kilogr. Le Idlogr. —

Cocons secs 18' 76* 12' 26° 35

Soies grèges 66 00 62 5o 36

Laines en suiat ou lavées à dos. . . 2 85 210 26

Fils de laine simples, teints ioi5 780 29

Coton en laine 2 25 1 65 36

Fils de coton simples, écrus 5 65 2 75 5o

Lin teilié 160 o 85 60

Fils de lin simples, écrus 5 5o 6 3o 22

On voit que le prix de toutes les matières textiles a éprouvé, pour des raisons diverses, une baisse notable, à dix ans d'intervalle.

Nous ne terminerons pas sans citer les noms de quelques-uns des iileurs et des mouliniers dont les produits ont fait le plus d'honneur à notre pays^^'.

Grands prix.

MM. H. Palldat et Testexoire, à Lyon. — 3,ooo ouvriers. 19 filatures (i,565 bassines) en France, en Italie, en Espagne et en Syrie, produisant environ 82,000 kilogrammes de soies grèges, et 12 établissements de moulinageen France, produisant 60,000 kilogrammes de soies ouvrées; Louis Payen et G**, à Lyon. — 8,700 ouvriers. 25 filatures (3,85o bassines) en France, en Italie, en Espagne et au Bengale, produisant 120,000 kilogrammes de soies gr^es, dont 80,000 kilogrammes au Bengale, et 3 établissements de moulinage en France et en Italie, produisant 77,000 kilogrammes de soies ouvrées, faites pour la plus grande partie avec des soies grèges du Bengale.

t^} Diaprés les valeurs établies par la Commission permanente des valeurs de douane.

<^ La production, telle que nous Tavons indiquée, est cdle qui a été déclarée lors de TExposition universelle de 1878.

MédaiUeê d'or.

MM. Louis BLAi«cHON,à Saint-Julien-eD-Saint-Alban (Ardèche); Louis Martin et G'*, à ia Salle (Gard); MiGNOT frères, à Annonay (Ardèche); J. Ghabbrt et G^, à Chomërac (Ardèche); A. FoDGEiROL, aux Ollières (Ardèche); CoHBiBR frères, à Livroo (Drôme); Gohubr-Blanghon, à Livron (Drôme);

D. Armandy et fils, à Tauiignan (Drôme);

E. Tbissibr du Gros, k Valleraagae (Gard);

Barras frères, à SaintJalien-en-Saint-Alban (Ardèche).

Nous signalons de plus quelques-uns des exposants qui sont en tête de la liste des médailles d'argent.

Médailles d'argent,

MM. GoDDAREAD frères, à Avignon (Vaacluse); P. Dbydibr et fils, à Aubenas ( Ardèche); Henri Lacroix, à Saint-Joseph (Drôme); G. Cousin, à Anduxe (Gard) ; GucHBT père, fils et G**, à Aubenas (Ardèche).

Aux noms des chefs d'industrie que le Jury a placés aux premiers rangs, il convient d'ajouter les noms des coopérateurs , citoyens français, qui ont été jugés dignes de récompense.

Médailks d'argent,

MM. Ferdinand Beau, directeur de ia filature de MM. Palluat, Gombier et

Testenoire, à Batifora, près de Valence, en Espagne; Auguste Bbaux, directeur des usines de MM. L. Payen et G'*, à Milan,

en Italie; Emile BouDON, directeur général des filatures de M. Louis Boudon, à

Saint-Jean-du-Gard (Gard); Eugène FiSvrier, directeur des usines de M. Teissier du Gros, à Valle-

raugne(Gard); Aimé Girard, directeur des usines de MM. Mignot frères, à la Cascade,

près de Bort (Corrèze); Joseph Pbrrin, directeur général des établissements de MM. L. Payen

et G", dans Tlnde, à Berhampour; Léo Vbsson, directeur des filatures de MM. L. Martin et G'*, à Ollegio,

en Italie.

MédaSles de brame.

MM. Paulin Aurblle, employé dans rnsine de MM. J. Chabert et G'*, k Gho-

mérac(Ardèche); L Berhâbd, directeur de rëtablissement de moulinage de MM. Arlès-

Dnfour et G^ h Giërieux (DrAme); François Bertrand, directeur de l'usine ParadUo de MM. Pailuat et

Testenoire, à Sinigaglia, en Italie (trente années de services); Auguste Brousse, directeur de la filature et de rétablissement de moulinage de MM. Pailuat et Testenoire, à Saillaus, dans la DrAme (vingtquatre ans de services); Virgile Gharretrb, directeur des établissements de MM. L. Payen et G**,

à Saint-Fortunat (Ardècbe); Joanny Grouzbt, directeur général des cinq filatures de MM. Pailuat et

Testenoire, au Grey, près de Beyrouth, en Syrie (vingt-quatre ans de

services); Alphonse Gallois, sous-directeur des établissements de MM. L, Payen

et G^ dans Tlnde, à Rajdiahye; Élie HiSbrard, directeur de la filature de MM. L. Martin et G^, à Groe

(Gard); Philippe JocTRDAN, contremaître chez MM. Goudareau firères, i Avignon

(Vauduse); Auguste Lafont, directeur de la filature de MM. Pailuat et Testenoire

auDérot, près de Grest, dans la Drôme (vingt ans de services); Frédéric Lafont, directeur de la filature de M. Louis Boudon, à Belair,

près de Saint-Jean-du-Gard (trente-deux ans de services); M"* veuve Aline Laportb, directrice de moulinage, chez MM. Falluat et

Testenoire, à Largentière (Ardècbe); MM. Hippolyte Martel, directeur de la filature de M. Louis Boudon, à Bar-

geton, près d*Uzès (Gard); Louis-Eugène Moinac, directeur d'une des filatures de MM. L. Martin et

G'*, à la Salle (Gard); Louis-Adolphe Monnier, directeur d'une des filatures de MM. L. Martin

et G'*, à la Salle (Gard); Gyprien-Samuel Mosbr, contremaître chez MM. Barrés frères, à Saint-

Julien-en-Saint-Alban, dans TArdèche (trente-trois ans de services) ; Gharles Trapier, directeur de Tusine de M. Eugène Trapier, à Gbo*

mérac (Ardècbe); Raoul Tbapuer, directeur de Tusine de M. Eugène Trapier, à Grusse

(Ardècbe) ; F. Vassas, directeur de la filature de MM. Arlès-Dufour et G^, i Beau-

caire (Gard).

grandes quantités de soie et de tissus de soie; tous les écrivains arabes de ce temps le disent ^^).

Dans une lettre d'un rabbin au roi des Khazars (x"* siècle), on lit : . . .(«(L'Espagne) possède tous les genres d'arbres à fruits, et un, entre autres, duquel provient ia soie, dont il y a parmi nous une grande abondance ^^It»

La production de la soie en Espagne était plus importante encore au xii' siècle. Ëdrisi, parlant de Djian (Jaen), dit : «Il en dépend trois raille villages où Ton élève les vers à soie ^^\ » Dans le même siècle, un Arabe de Séville, Abou Zacharia Jahia, surnommé Ibn Alvar, a fait mention , dans le traité d'agriculture qu'il a écrit, de la nourriture des vers à soie avec les feuilles de mûrier, et l'on sait, par un calendrier arabe de 11791 que l'éclosion des vers avait lieu alors à la fin du mois de mars.

Le roi maure Abou Abdallah Mohammed I*'^^) encouragea toutes les branches de l'industrie de la soie, et, sous son règne (de is38 à lâyS), la soie et les étoffes de soie du royaume de Grenade étaient généralement préférées à celles de la Syrie ^^^

Othon de Freisingen, rapportant l'arrivée d'ambassadeurs de Gênes en it5& à la cour de l'empereur Frédéric I*, parle de présents faits par eux et provenant du sac récent de deux villes d'Espagne, Alméria et Lisbonne, ce célèbres par leurs manufactures de soieries » •^^. Les fabriques d' Alméria étaient encore très florissantes et très renommées au xin' siècle ^''^ Abouiféda, écrivant au commencement du xiv" siècle, constate que «la soie qui entre chez les tisseurs de cette ville dépasse en quantité tout ce qui est employé dans les autres villes ^^^», et, d'après lui, on récoltait «beau-

(') Istakri, Ibn-Haukal, Ibn al-Faradbi. — J.-A Coadé, Historia delà dominacion de I08 Arabes en Etpaha, i8ao-i8ai.

^'- Celte lettre est citée par le comte de Gaspanii (MûrierB et vers à soie, p. /i3).

^') Géographie d'Édrisi, tradaite par P. Amédée Jaubert, t. lî , p. 5o.

^*) G^est le Aben Alabmar, le premier des Naséridea, dont parle Gondé.

^^^ Gondé, Bistoria de la dominacion de hs Arabes in Espana, t. III, p. 37 et 38.

^*^ ff . . . Gaplis in Hispania inclytîs civitatibus, et in sericonim pannorum opificiis praenobiKsflimis, Almaria et Ulixibona, Saracenis spoliis onusli redierant. . . t) (OUonis Pkrisigensis de Gestis Friderici primi , fol. xxvii verso).

^^) Ibn al-Ouardi , La perlé des merveilles.

^') Géographie d^ Abwdféda , traduite par Reinaud , t. II, i'* partie, p. a5/i. Aboul-

coup de soie» à Djayyan (Jaen) et à Schennesch, près de Malaga ^^\ On trouve dans les écrivains arabes des xii% xiii* et XIV* siècles rénumération des étoffes de soie faites à Alméria, à Malaga, à Murcie, etc.

En Italie, dès le xiu* siècle , les tisseurs faisaient usage de soie d'Espagne. On voit , dans les anciens traités italiens sur l'art de ]a soie, écrits aux xiv' et xv^ siècles, que la soie d'Espagne, «belle, brillante, nette et nerveuse», était, après celle de Modig^ana (qui coûtait s 1. 1 3 la livre), celle dont le prix était le plus élevé (a 1. 10 la livre). La soie dite d'Abnéria était un peu moins estimée que la soie d'Espagne; elle était du même prix que celle des Abruzzes (a 1. 5 la livre) ^^\ La soie d'Alméria est cette soie d'Aumarie qu'on trouve citée assez souvent dans les comptes au moyen âge.

L'industrie dont nous parlons a eu, jusqu'à nos jours, des vicissitudes diverses. Il a fallu que la sériciculture donnât de grands et de faciles profits pour qu'elle ait résisté, après la conquête, aussi longtemps à tant de causes de ruine : à l'expulsion des Juifs et des Maures, aux rigueurs de l'Inquisition, à l'émigration en Amérique et au poids des impôts.

On a estimé que, avant la maladie des vers à soie, la production était de 1 2 à 1 5 millions de kilogrammes de cocons , représentant environ i million de kilogrammes de soie grège ^^^

Cette estimation est certainement exagérée. Dans notre rapport de 1876, nous avons admis que les récoltes avaient donné, dans

féda est le surnom de Aimalek-Âlsaleh, delà famille de Teky-eddia, qui fut prince de Hamat, en Syrie (né en 1S73, mort en i33i).

<') Géographie, i. II, p. s5o et s59.

(') Uart9 deUa êstaùi Firenze, édition de G. GargîoUi, p. 109, io3, io5 et 108. — La aoie d^Eapagne est même au prix le plus haut, 9 1. 1 5 la livre, dans le manuscrit de VArU delta ieta qui est à la Bibliothèque nationale (fol. 111 recto et verso). Voici le prix d^autres soies: soie des Abruzzes, 9 1. 5; soie d* Alméria, 9 l. 3; soie de Messine, 1 1. 10; soie de Galabre, o 1. i5; soie de Galanzaao, 1. 19.

^^) Mous avons même trouvé le chiffre de 1,100,000 kilogrammes de soie grège dans un mémoire de M. Dumas, et celui de 1,900,000 kilogrammes dans un travail fait par la Chambre de commerce de Lyon en 1 869 ; nous ne citons ces chiffres que pour montrer le degré d'importance qu'on assignait à la production espagnole.

les meilleures années, de 800,000 h 900,000 kilogrammes de soie grège ^^^. C'était peut-être encore trop. Duseigneur ne croyait pas qu elles se fussent élevées h plus de 9,800,000 kilogrammes de cocons, soit h plus de 700,000 kilogrammes de soie grège^^^ M. de Vallejo y Miranda a indiqué le chiffre de 8&â,ooo kilogrammes de soie ^^\

La maladie se déclara en i853. L'Espagne perdit bientôt quelques-unes de ses races indigènes dont les cocons étaient riches en soie et dont la soie était de la meilleure qualité, et dut s^approvisionner de graines japonaises.

Duseigneur a décrit plusieurs des races espagnoles. Aldrovandi a fait la remarque (il écrivait à la fin du xvi* siècle) que les vers à soie espagnols étaient plus petits que ceux d'Italie, et que néanmoins ils faisaient de plus gros cocons ^^^ Les vers à cocons tncarnadms, qui étaient estimés en Italie et en France , au xvii* et au xv!!!* siècle, avaient été apportés d'Espagne ^^\

Les récoltes n'ont pas cessé de diminuer depuis l'année i853, comme le montre le tableau suivant ^^^ :

«ooon. 8011 ciiei.

Par an. Par an.

En 1861 &,5oo,ooo kilogr. 3oo,ooo kilogr.

En 1872 a,&oo,ooo 171,(00

De 1873 i 1875 1,760,000 ia5,6oo^'^

De 1876 à 1878 986,000 68,800

De 1879 à 1881 810,000 6&,6oo

En 1882 1,335,000 1 10,000

En 1883 i,ia5,ooo 96,000

(') L'induitrù de la êoia, a* éditioD, p. 63.

(*> Le cocon âê $oiê, s* éditioD, p. i lâ.

^^ Rapport iur fmduttriê êérieicole m Etpagnê, 1 878 , p. 7.

(*) D$ mUmaUbuê mêêctiê, p. 979.

(») «Les mcamadins, ou oocons iDcarnatpâle, qui originairement nous sont venus d^Eipagne, et dont la soie est plus lustrée, plus fine, et rend mieux au filage que celle des orangés. . . « (Uabbé Boissier de Sauvages, Mémoirei ntr V éducation dn v$r$ k êoiê, t III, p. 161).

(*) 5teli'ffi'yisf de la production de la toio, publiées par le Syndicat de TUnion des marchands de soie de Lyon.

(^ Un filenr de Marde, M. Salvador Lopei, a donné une estimation un peu

Le décroissement n'a pas été égal dans les différentes parties du pays, comme on l'observera sur le tableau ci-après, et Ton verra en même temps qu'il y a eu, depuis 1880, un relèvement sensible.

Cocons.

ANNÉES

REGION de

VALENCK.

kilqgr.

i,3oo,ooo

i,i5o,ooo

tt 620,000 780,000 810,000 675,000

PROVINCE de

MURCIB.

kilogr.

3 16,000 3oo,ooo 5oo,ooo 650,000

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