PORTUGAL
Les peuples de la Péninsule ibérique reçurent des Arabes le mûrier et le ver à soie et apprirent de leui's conquérants à en tirer parti. Il est probable que cet art fut introduit dans la région qui devait devenir le Portugal, à peu près dans le même temps que dans les califats et les principautés indépendantes d'Espagne, mais la sériciculture pnratt n'avoir jamais été en faveur auprès du peuple portugais. La cause en fut peut-être à l'origine dans les exigences auxquelles les paysans étaient soumis. Ainsi, en iâ33, l'archevêque de Braga interdisait aux cultivateurs d'Ervédédo de vendre les feuilles de mûrier en dehors des limites du fief; il fixait le prix des feuilles et ordonnait aux éleveurs de payer une partie de leurs impôts en cocons, suivant un tarif établi par lui.
Sous le règne d'Alphonse V, cette industrie était presque perdue, mais la richesse qu'elle procurait aux Maures excitait l'envie des Portugais, et, en 1&73» les députés aux Certes de Goîmbre et d'Évora, rappelant que le royaume de Grenade devait sa prospérité à la production de la soie, demandaient au roi de remettre en vigueur l'édit qui prescrivait à chaque propriétaire de planter vingt mûriers, et, au besoin, de les greffer sur des figuiers (^). Cette ordonnance avait sans doute porté ses fruits, car, en 1/181, les Certes constataient que le pays tirait de grands profits de cette production , et se plaignaient au roi des exactions des ofiiciers publics. La sériciculture fut bientôt abandonnée, et deux siècles se passèrent sans qu'on continuât cette entreprise. Pierre II, pendant sa régence, ou plutôt son ministre, Luiz de Ménezès, comte d'Ericeira, reprit cette tâche ingrate; il échoua. Le marquis de Pombal procéda , en 17521, avec plus de résolution
(') Vicomte de Santarem, Introduction des procédéi rekuifê à la fabrication de» étoffe» de »oie dan» la PénimuU hiepanique »ou» la domination de» ÀrtAe», i836, p. ha.
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