‹ L'art de la soie: Les soiesChapitre 64 sur 77 · PORTUGAL. A · texte numérisé non relu

PORTUGAL. A

et fut persévëraDt; il fit venir de France des mûriers, en planta dans ses domaines, établit des pépinières, donna des privilèges aux producteurs de soie, rendit libre le commerce des cocons, encouragea le tirage, fonda une filature à Ghaçim, prit pour compte de rÉtat la fabrique de soieries qu'un Français, Robert Godin, avait fondée en 1781 au faubourg de Rato, à Lisbonne, et qu'il avait fallu fermer. Ces mesures vigoureuses eurent un plein succès, et la sériciculture fleurit dans les provinces de Traz*os-Montes et de Beira. Mais la mort de Joseph I*' fut suivie de la chute de Pombal, et avec celui-ci son œuvre tomba.

Sous la reine Marie I"*, on s'attacha, à l'instigation du comte de Linharès, à relever cette industrie. On engagea des fileurs et des mécaniciens piémontais; on développa, au moyen de primes, la plantation des mûriers et l'éducation des vers à soie; on créa des écoles de filature ^^^; on établit des filatures et des moulins à organsiner* Cette nouvelle tentative avait conunencé en 1 786 ; elle rencontra pendant quelque temps la résistance des communes qu'on parvint à éteindre, et l'on récoltait, en 1806, environ 80,000 arrateis^'^^ (86,790 kilogrammes de soie grège), dont & 0,0 00 arraieU (1 8,3 60 kilogrammes) dans le Traz-os-Montes et 90,000 arrateU (9,180 kilogrammes) dans les deux Beira. La production s'élevait en 1807 à près de 100,000 arrateU.

La guerre éclata, le pays fut envahi, la situation politique ne permit plus de soutenir ces entreprises; écoles, filatures, moulins, tissages. Compagnie royale, tout disparut ^^^

Les éleveurs et les fileurs portugais, quoique réduits h leurs seules ressources, à de pauvres ressources, n'abandonnèrent pas l'industrie qui avait été si péniblement conquise. Celle-ci devint

(*) A Ghaçim, à Valpaços, i Sanlo-Fins, à Villarelbo, k Lebiiçao, etc. — L'école de Ghaçim, dans leTmH)»-MoDtes, la plus importaote, contenait 89 bassines.

(*) VarraUl ou livre est de 459 gr&mmes.

(') On trouvera Thistoiredes vicissitudes par lesquelles a passé Pindustrie de la soie en Portugal dans un petit livre rempli de faits, intitulé : Noftm hàioneoi, ecofMmica» e admimglraihai sobre a produeeao, e manufactura daê $êdas em Portugal, e partieuhrmmttê sobre a BBalfâbriea do suburino do Baio, ê suas atmexaê, par José Accursio das Neves, 1897. Nous devons la commanication de ce livre rare i Tobligeance de notre ami F. de Yasconeellos.

m à SOIES DES VERS DOMESTIQUES DU MÛRIER.

très divisée» tout à fait domestique et rurale, et acquit peu à peu une assez solide assiette. Ces! à partir de 18A0 qu'on a pris plus d'intérêt à ce travail, et qu'on a commencé à obtenir des résultats, non pas satisfaisants, mais donnant à espérer pour l'avenir.

Le mûrier noir sauvage alimentait les magnaneries. Dans celles-ci, pauvres chaumières, étaient élevées plusieurs races qui ont montré une rare solidité : les unes, d'origine piémontaise; les autres , d'origine espagnole ; une ou deux d'origine inconnue. On a trouvé à Santo-Araaro une race très belle.

En 118 5 8, les graineurs vinrent mettre à pro6t les avantages que le Portugal leur offrait; ils s'établirent dans les provinces de Tra^os-Montès et de Beira. Les grainages n'ont pu être poussés avec autant d'imprudence que dans les autres pays, par suite de la rareté des mûriers et de la division forcée des éducations.

D'après Duseigneur, la récolte des cocons aurait été : en 1869 de i&o,ooo kilogrammes , et en 1870 de &8o,ooo kilogrammes ^^^

Quoique nous ayons fait, h deux reprises, en i865 et en 1866, un long séjour en Portugal, nous n'avons pu connaître avec certitude quelle somme de produits on obtenait.

Une estimation que nous avons recueillie à Porto donnait :

7,000 kilogrammes de soies filées d'après les anciens procédés et consommées dans le pays ;

60,000 kilogrammes de cocons secs exportés ^^);

Soit environ 3/i 0,000 kilogrammes de cocons frais.

Voici quelle était la récolte en 1 865 , en s'en rapportant è une enquête faite par le Ministère des travaux publics, qui a dans ses attributions l'agriculture et l'industrie :

^') Le coc&n detoiê, a' ëdilion , p. 1 65.

(0 Lexportatioa des cocons secs a été, ea i865, de 71,591 kilogrammes.

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