‹ L'art de la soie: Les soiesChapitre 72 sur 77 · SUÈDE · texte numérisé non relu

SUÈDE

Le mûrier pousse et le Bombyx mari est élevé en Suède. De petites exploitations séricicoles sont entretenues, au midi de ce pays et dans Ttle de Gottland, avec une patience et un soin exem* plaires. Le fait de leur existence , de leur durée pendant un temps qui dépasse déjà cent trente ans , est intéressant.

Le produit est de koo à 5oo kilogrammes de cocons frais par an.

(*) Lé tydim d'agriculture et menu^e des cAompf , L II» i8o5, p. 109.

duit et qu'on ait tissé la soie. On y trouve toutefois des mûriers, et même de très vieux mûriers; cependant on n'en fait pas remonter la culture au delà du siècle dernier. On n*en sait rien en réalité.

L'Egypte avait une race de vers è soie dont les cocons jaunes étaient à gros grain, à soie peu duveteufe (la race moirys)^ qui a servi souvent à renouveler les graines mises à Téciosion en Syrie. Cette race, élevée priocipalement près du Caire, avait peutêtre une origine ancienne.

Il y a trente ou quarante ans, vers 1 8&5 , on comptait en Egypte de petits centres séricicoles; rien n*a résisté à Fépidémie. Le Gouvernement égyptien a essayé plusieurs fois de rétablir cette branche de la production agricole; la Compagnie du canal de Suez a donné de son côté l'exemple. On n'a guère réussi. On continue toutefois à faire des éducations , et Ton a vu , à TExposition universelle de 1878, des cocons et des soies provenant de races élevées à Bir-Abou-Ballah , sur l'isthme de Suez.

Dans la régence de Tripoli et la Tunisie, nous ne croyons pas qu'aucune tentative de quelque importance soit poursuivie actuellement. Des essais furent faits, il y a une quinzaine d années, entre Carthage et la Goulette, et il est à remarquer que les soies obtenues furent de belle qualité ^^^

En Algérie, on a été plus persévérant, mais, en somme, les résultats n'ont pas été plus heureux; aujourd'hui la sériciculture est, dans ce pays, une industrie à peu près éteinte.

L'Algérie a connu aussi autrefois le travail de la soie. Les Arabes l'y ont-ils introduit comme ils l'ont fait dans la contrée qui est devenue la Tunisie? Nous l'ignorons; au commencement du xvii* siècle, on comptait è Alger six cents Espagnols de la province de Valence qui se livraient à l'éducation des vers à soie et à la filature. Des voyageurs ont fait mention, à la fin du siècle dernier, de forêts de mûriers qui étaient peut-être d'anciennes plantations des Arabes. Isidore Hedde, qui a recherché tout ce qui se rapportait

(0 Une pelile éducation a été faite â Tunis, en 1 88â , avec des graines provenant dn département de la Drôme; le produit a été de 5o kilogrammes de cocons frais par once {Bulletin det toin et dct wieriet, 19 juillet 1886).

■OMIU QUAimé

DU éLiriUBS. DBS COCOR8 «icOLTRS.

1879 ao5 i4,655

1880 i4i i4,4io

Années / *^^^ *7* «1,070

Années.... ^ggg ^g ^^^^^

On observe un décroissemenl de 1871 h 1877, un relèvement de 1878 à 1881, et, depuis 1889 jusqu'à ce jour, un nouveau et notable décroissement.

La récolte représente à peine aujourd'hui 160 kilogrammes de soie grège.

On ne garde en Algérie que les cocons pour le grainage, les autres sont expédiés en France. L'industrie de la filature a été abandonnée.

Les races élevées en Algérie ne présentent rien de particulier; les graines ont été fréquemment renouvelées au moyen d'achats faits en France. Avant la maladie, les espèces étaient pour la plupart de race française h cocons blancs, quelques-unes de race milanaise à cocons jaunes.

On fabrique en Algérie des tissus, de la passementerie et des cordons de soie; on y emploie des soies qui ont été le plus souvent ouvrées en Algérie. Cette ouvraison est faite par les juifs avec assez de régularité ^^\

Au Maroc, on fait des éducations et l'on tire la soie dans les différentes parties du pays: à Fez, à Maroc, h Tétuan, à El- Araïsch, etc. Cette production est très divisée, et, d'après des renseignements recueillis è plusieurs sources, elle ne serait que de 5,000 à 6,000 kilogrammes de soie ^^\

<*) Isidore Hedde, De Vmduêtriê iérigène en Algérie, p. 18.

<*) Le chargé d^affaires de France au Maroc est de cet avis : trLa production séricicole, noua a-t-il écrit, est presque nulle an Maroc, malgré les essais tentés à plnsieurs reprises et dont les résultats paraissaient satisfaisants.» — M. Arthur Leared dit : «Le mûrier prospère , et le ver à soie est élevé à Maroc et dans d^antres localités. La soie est de qualité supérieure, mais mat filée; on en fait très pewn (Morocco and ihê Moar», 1876, p. 990 et 391 ).

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