‹ L'art de la soie: Les soiesChapitre 77 sur 77 · AMÉRIQUE CENTRALE ET AMÉRIQUE MÉRIDIONALE · texte numérisé non relu

AMÉRIQUE CENTRALE ET AMÉRIQUE MÉRIDIONALE

succès pour une culture qui exige tant d'assiduitë? Cependant il existe des éleveurs pleins d*ardeur dans les provinces de Rio- Janeiro, de Minas-Geraès, de Santa-Catbarina et de Rio Grande do SuL Le produit est de is,ooo à iâ,ooo kilogrammes de cocons.

Dans la République orientale de l'Uruguay et la République Argentine , l'élevage des vers et la filature de la soie sont poursuivis dans des circonstances exceptionnelles. On sait comme dans ces contrées la population augmente rapidement par l'immigration, elle se recrute surtout parmi les Italiens. Dans les vingt dernières années, il en est venu près de 300,000. Les Italiens ont gardé le goût d'une tâche qui a été familière à beaucoup d'entre eux et qui enrichit leur mère patrie. Us ont introduit, ils entretiennent avec persévérance, avec passion, avec peu de succès toutefois, cette industrie.

L'Uruguay en a été doté, il y a de cela soixante ans, par un prêtre, le père Laragnana, curé de Montevideo. Les premiers essais dans la République Argentine remontent aussi à près d'un demi-siècle.

1 exposants de cocons et de soies appartenaient & l'Uruguay, et 10 à la République Argentine. Dans le premier de ces états, il y a des magnaneries où l'on fait une récolte assez abondante. Dans le second, les éducations sont plus divisées. Elles sont faites en général dans les provinces de Ruénos-Ayres , de Santa-Fé et d'Enlre-Rios ; il y en a jusqu'aux pieds des Andes, à San-Juan et à Mendoza^^). On a mis à l'éclosion, en 1889, 6s6 onces d'œufs de vers à soie dans la province de Ruénos-Ayres (savoir, 996 onces dans le district de Las Flores, 1 00 dans le district de Veitencino de Mayo, etc.).

Les cocons de l'Uruguay et de la République Argentine sont d'origine italienne, blancs ou jaunes, à grain fin; la biwe est de bonne nature.

Nous ne savons pas quels sont les mûriers dont la feuille sert

^') Cette production de soie au pied des Andes avait assez d^importance, vers 1 85o, pour qu^elle pût alimenter de petits tissages à San-Juan et à Mcndoia. L^ëpidémie a fait périr les vers, et, pendant un certain temps, on a suspendu Tëlevage.

communément dons TAmérique centrale et rAmëriqae méridionale à la noarriture des vers à soie. Deux espèces de mûrier, le Maruê celtidijolia (^) et le Morui imignU, se trouvent dans ces contrées: ie premier au Texas, au Mexique, au Guatemala, au Pérou et au Chili; le second, dans la Colombie et au Pérou. Le mûrier Uanc a fait Tobjet d'importations régulières.

(^) Le Monu etUidifoUM est «set aboadani daoB Tile de Cuba.

shire, par M"^ Whitby, et le produit servit à tisser une pièce de damas, de 19 mètres de long, qui fut offerte & la reine; la reine Victoria a porté une robe dont la soie avait été récoltée, filée, ouvrée, teinte et tissée en Angleterre.

Avec des graines choisies attentivement, avec des soins apportés à tous les degrés du travail, en obtint de beaux cocons.

Le climat ne fut pas un obstacle. Gela est si vrai que Ton a découvert, en i858, près de Maidstone, dans le comté de Kent, dans des broussailles, des cocons de vers du Bombyx Mari qui avaient vécu en plein air sur des ronces.

L'élevage est possible : l'élevage des vers à soie du mûrier a réussi, ainsi que Télevage de ïAntherœa yama inat et de ÏAntherœa Pernyi sur le chêne, et celui du Philosamia Cynthia sur Tailante; mais il n'est pas rémunérateur. Il faut regarder Texpérience comme définitivement jugée.

D'un autre côté, on n'est pas arrivé à établir industriellement le dévidage des cocons; les résultats de tentatives dues à des manufacturiers très habiles sont décisifs. Les ouvriers et les ouvrières ne peuvent pas prendre les habitudes de travail que la filature exige. C'est encore une expérience achevée, au moins dans Tétat présent des choses.

L'ouvraison, pour laquelle il ne faut pas autant de dextérité manuelle, a acquis au contraire une véritable importance industrielle.

Le secret de ces façons données à la soie a été connu en Angleterre dès le xiv'' siècle; elles étaient réservées aux femmes. Henri VI protégea la petite industrie du tordage de la soie par un acte de ihbh.

En i585, le sac d'Anvers par les Espagnols fut suivi d'une immigration en Angleterre d'ouvriers flamands, qui améliorèrent les procédés du moulinage; ces ouvriers étaient venus au moment opportun. L'Italien Geof&oi Damico établissait dans ce temps-là, avec l'appui de la reine Elisabeth, le tissage des soieries; il avait à lutter contre les difficultés que lui suscitaient les marchands italiens qui voyaient leur commerce menacé , et il avait grand besoin

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Angleterre, fit construire à Derby un métier sur ses dessins, et le fit marcher avec un plein succès; il éleva sur-le-champ une usine 9 la plus grande qu'on eût encore vue en ce temps-là, et obtint le privilège exclusif pendant quatorze ans de monter les soies en organsin ^^). Dès lors, la fabrique anglaise avait l'instrument de travail qui lui permettait de grandir et de prospérer. C'est en eflfet ce qui arriva. L'Angleterre a même reçu, dans la seconde moitié du xviii* siècle, jusqu'à 800,000 kilogrammes de soie grège dans une année ^^^

Importations de soios grègos en Angletorre.

(llf MOTBNII, PAI m.)

PKRIODBS TRIENNALES.

De 1773 à 1775.

De 1776 â 1778 De 1779 à 1781.

De 1782 à 1781

SOIES

DU BKHGALK R DB U «m.

kilogr.

SOIES

Dl LMTALIB,

BU Uf AIT

«i aatret.

kilogr.

TOTAUX

kilogr.

Suivant M. Georges R. Porter, les mouliniers de Manchester avaient, en iSsS, 9 0,&oo broches, et, en 1 833, 8A, 000 broches; les 8&,ooo broches de i833 pouvaient produire 3 10,000 kilogrammes d'organsins et 63, 000 kilogrammes de trames^').

Le droit d'entrée sur les soies grèges et les soies ouvrées fut levé en i8â5. Le moulinage dut à cette mesure de se développer

(^) Le Parlement donna plus tard au frère et successeur de John Lombe 35o,ooo francs, pour que le moulin de Derby fût ouvert au public et que des modèles des métiers fussent placés A la Tour de Londres où les intéressés pourraient les examiner.

(*) William Milbum a tracé les grandes Kgnes de Phistoire de Tindostrie de la soie en Angleterre, dans le Oriênud commercé, publié en 181 3 (t. Il, p. %kh A a6o).

(^) F. Arlés-Dufour, Un mot iwr lea fahrique» étrangères de êoierie, ]83&, p. 8s.

àSO SOIES DES VERS DOMESTIQUES DU MÛRIER.

des affaires des mouliniers anglais. On peut s'en faire une idée par le chiffre des exportations de soies ouvrées de manufacture anglaise.

Les quantités ne sont inscrites sur les tableaux du commerce extérieur de l'Angleterre que jusqu'en 1870, et les soies ouvrées y sont réunies, k partir de l'année 1871, aux soies retorses. Nous donnons ci-après en valeur (en moyenne, par an) l'exportation des unes et des autres.

PëriodeA triennales.

Années. .

De 1858 à 1860 De 1861 à 1863 De 1864 A 1866 De 1867 A 1869 De 1870 à 1872 De 1873 A 1875 De 1876 A 1878 De 1879 A 1881

SOIBS

fraocf.

lâ,000,000 16,000,000 1 1 ,900,000 91,100,000

SOIBS

IBTOISIS «iBU

MMNiaftlMMB.

francf.

6,100,000 7,5oo,ooo 6,900,000 5,000,000

TOTAUX

fraoct.

93,5oo,ooo 18,800,000 96,100,000 36,000,000 99,800,000 18,5 00,000 19,800,000 95,65o,ooo 90,85o,ooo 17,850,000

Gomme la baisse du prix de la soie a été grande dans les dernières années, le décroissement en poids a été moindre.

II faut observer en même temps que la diminution de l'exportation des soies retorses a été relativement plus forte, de sorte que la situation du moulinagc anglais a été en réalité meilleure qu'elle ne le paraît d'après les statistiques.

Si nous comparons l'exportation des soies ouvrées et retorses et des fils de bourre de soie avec la consommation en Angleterre des soies grèges, nous observons que celle-ci a beaucoup plus décru, d'où cette conséquence que la production a été moindre dans les tissages que dans les moulinages.

d'or h aucun des exposants, quoiqu'il eût désiré d'exprimer, par l'attribution d'une récompense de cet ordre, le rang élevé qu'il assignait h cette branche de l'industrie anglaise. Mais, dans la généralité des cas, les exposants anglais rendent la tâche du Jury à peu près impossible à remplir : le Jury ne reçoit d'eux aucun renseignement sur leurs établissements, sur leur outillage, sur leurs produits; souvent même il ne peut pas faire de ces derniers un examen sudisanl, car, pendant toute la durée de l'Exposition, plus d'une vitrine reste close.

àSà TABLE DES MATIÈRES.

Pièges.

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