AMÉRIQUE CENTRALE ET AMÉRIQUE MÉRIDIONALE
On a essayé d'introduire l'industrie de la soie dans tous les états de l'Amérique centrale et de l'Amérique méridionale, et ces essais ont été favorisés par la demande qui a été faite des graines américaines, lorsque toutes les sources auxquelles les graineurs étaient allés puiser furent taries. Ces graines n'ont pas donné les résultats qu'on en attendait, et l'on a renoncé bientôt k leur emploi. Les entreprises, réduites à la production de la soie, n'étaient plus lucratives et ne se sont pas développées.
Dans les différents états du centre et du sud de l'Amérique, on a trouvé des stations véritablement privilégiées quant au climat et au sol, dans lesquelles l'élevage pourrait être conduit avec une entière certitude de succès. C'est la population qui fait défaut, surtout une population rurale, sédentaire, patiente, laborieuse. La cherté de la main-d'œuvre est la conséquence de la rareté de la population.
Le Guatemala est la seule contrée de l'Amérique centrale dans laquelle les tentatives aient été faites avec esprit de suite. Commencées en ]858, elles furent reprises en i86s pour être abandonnées définitivement une année après.
Il y a près de quarante ans qu'on a perdu l'espoir de réussir dans l'archipel des Antilles : à Cuba, à la Jamaïque, à la Guadeloupe et à la Martinique. Perrottet avait apporté, dans ces deux dernières lies, des vers des espèces propres à l'Inde. A la Jamaïque, on avait élevé le Bombyx mon k l'air libre sur le ramaun ( Trophis americana)^ et l'on en avait tiré une belle soie blanche. Le ver à soie est aussi élevé à lair libre sur le mûrier dans l'tle de Cuba ; le
&7â SOIES DES VERS DOMESTIQUES DU MÛRIER.
produit des cocons, soie tirée ou ëtoupe de soie peignée et filée au rouet, est tissé dans le pays.
La Colombie, l'Equateur, le Pérou et la Bolivie ont eu des éducations établies sur différents points, d'abord en vue des graines, ensuite en vue des cocons. Les espérances ne se sont pas réalisées. Il y a cependant encore de petits producteurs qui font plusieurs récoites successives; les vers annuels de race française ou italienne deviennent polyvoltins sous ces latitudes.
Les œufs de vers à soie de la République de l'Equateur ont fait étudier ce que Duseigneur a appelé «la vitalisation artificielle» de la graine. Des œufs pondus en juin, placés en glacière pendant le mois d'août, pouvaient éclore en novembre. Ils devenaient &t!iaiintiels s'ils étaient conservés à 1 5 degrés au-dessus de zéro pendant l'hiver. Ce dernier cas était ordinaire pour les graines qu'on tirait de l'Amérique du Sud ^^\
Avec la petite culture plus étendue , avec la main-d'œuvre k bon marché, le Chili n'aurait pas de peine à fixer sur son territoire cette branche de travail. Les mûriers sont nombreux dans les provinces du Centre; le Gouvernement entretient des magnaneries modèles, et il n'y a pas dans l'Amérique du Sud de pays où le peuple soit aussi soigneux. On ne récolte toutefois que de 6,000 à 8,000 kilogrammes de cocons, et l'on en file une partie sur les lieux mêmes.
Parmi les états dont l'Océan Atlantique baigne les eûtes, il n'y a que le Brésil dont la production doive nous intéresser davantage. Rien au Venezuela, à peu près rien dans les trois Guyanes^^^; peu de chose au Brésil et dans les pays Argentins, comme on va le voir.
Nous connaissons les cocons brésiliens, mais nous ne savons pas comment les éducations brésiliennes sont conduites. Les vers sont : les uns, annuels, de race milanaise ou de race japonaise; les autres polyvoltins. Le Brésil manque de bras; comment espérer le
0) Duseigneur, Le cocon dé ioie, 9' édition, p. 86, 87 et 89.
<') On a fait, dans la Guyane française, des essais d'éducations de Yen a soie. On a élevé des vers irivollins à cocons blancs et à cocons blanc jaunâtre et des vers de la race nistri à cocons jaunes (Bombyx Crœti) du Bengale.