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PREFACE

où elle a été appréciée , les éléments d'investigation font parfois défaut, à cause de la nature de la matière, la plus fragile de toutes celles que les arts ont employées.

L'essai que nous tentons présente par suite des lacunes que des recherches plus heureuses parviendront sans doute à combler. D'autre part, nous n'avons pu, à cause des dimensions du volume, utiliser tous les renseignements que nous avons recueillis, ni même consacrer un chapitre à la techJ nique; on trouvera du reste dans les ouvrages spéciaux tout ce qui se rapporte à la fabrication.

Notre désir était de suivre l'ordre chronologique; nous avons dû 3^ renoncer et adopter un classement par pays, et ensuite par régions dans chaque pays, lorsqu'il y avait lieu.

Mais, nous le répétons, l'étude que nous présentons est forcément incomplète, et la Verrerie de plusieurs peuples et de certaines localités attend encore son histoire spéciale.

C'est bien du verre qu'on peut dire avec raison que son origine se perd dans la nuit des temps.

Les investigations de l'archéologie ne sont point d'accord avec les affirmations des historiens anciens pour fixer, même approximativement, Tépoque où l'homme fit sur la nature la conquête du verre, mais il est hors de doute que l'usage en était connu dès la plus haute antiquité.

La tradition veut que Sésostris, grâce à la science des prêtres de Thèbes et de Memphis, ait eu en sa possession un sceptre en verre imitant l'émeraude1. On assure que le prénom

(Musée du Louvre.)

i. Boudet. Sur l'Art de la verrerie née en Egypte.

de la reine Hatasou, Râ-Ma-Kâ, qui régna dans la XVIIIe dynastie, c'est-à-dire au xve siècle avant Père chrétienne, se trouve inscrit sur le grain en pâte vitrifiée d'un collier trouvé à Thèbes1; d'autre part, l'archéologie a relevé sur les parois des hypogées de Beni-Hassan-el-Gadim qui renferment la tombe de Roteï des figures d'ouvriers soufflant le verre, et on pense que ces figures ont été exécutées sous la même XVIIIe dynastie (fig. 2).

Salomon blâme ceux qui admirent la couleur du vin au travers de leurs verres2.

Hérodote (484-406 av. J.-G.) écrit avoir vu dans le temple d'Hercule, à Tyr, une colonne lumineuse pendant la nuit; d'après lui, cette colonne était en émeraude, mais il est plus probable qu'elle était en verre de couleur, si même elle a jamais existé; le même auteur assure que les Ethiopiens faisaient avec le verre des espèces de châsses dans lesquelles ils embaumaient leurs morts. Selon Elien, écrivain grec du m* siècle, Xerxès, fils de Darius, découvrit le corps de Bélus, chef assyrien, dans un cercueil de verre.

Aristophane parle de coupes à boire en verre. « Partout, on nous forçait à boire un vin pur et généreux dans des coupes d'or et de verre », dit un ambassadeur athénien envoyé à la cour du roi de Perse au vie siècle avant notre ère3; dans le livre de Job., il est écrit :

i. Gardner Wilkinson. The mannersand Customs of the ancient Egyptians, t. III, édition 1847.

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