FIG. 30. VERRE ORBICULAIRE CHRETIEN
(Les apô'.res Pierre et Paul.)
laire que nous représentons et qui nous a paru un des meilleurs à cause de la correction du dessin, du mouvement bien observé et de la bordure, heureusement adaptée au motif. L'action de l'animal ne convient, en effet, ni à l'humble monture du Christ ni au com-
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pagnon du bœuf de la crèche; nous voyons tout simplement dans cette figure le nom propre d'un chrétien. Les premiers chrétiens portaient en effet assez fréquemment des noms d'animaux : Aquila, Castorius, Léo,
FIG. 30. VERRE ORBICUi AIRE.
Mus, Panteris, Lupus, etc. etc. ; on connaît des Asellus, Asinia, Asellianus; une personne de la famille des Scipions s'appelait Asina; il est donc fort probable qu'il y avait aussi des Asinus et que l'un d'eux avait fait représenter un âne au fond de sa coupe, puisque d'autres chrétiens sont également désignés dans les catacombes
7a L'ART DE LA VERRERIE.
par l'effigie de l'animal dont ils portaient les noms. On avait depuis longtemps observé de petits médaillons de verre historiés en forme de tête de clous engagés, comme les fonds de coupes, dans la chaux des loculi, niches creusées dans les parois des catacombes; il est admis maintenant que ces disques servaient beaucoup plus à désigner la sépulture qu'à la décorer, mais il était difficile d'expliquer l'origine des objets évidemment fabriqués dans une autre intention. M. de Rossi a résolu le problème1 ; on a découvert à Cologne un fragment de patène en verre sur lequel avait été appliquée à chaud une série de petits médaillons de verre et d'or figurant des personnages, des lions, des étoiles, des monstres marins. L'illustre archéologue constata que des images étaient semblables à celles des têtes de clous des catacombes ; dès lors, plus de doute. Les coupes des chrétiens étant décorées de médaillons orbiculaires, non seulement à la base, mais sur les parois, les unes comme les autres avaient été mises dans les catacombes ; ce lion, ce personnage, qu'on ne pouvait expliquer isolément, reçurent un sens par leur disposition sur la coupe primitive et l'on put reconnaître Daniel dans la fosse.
v Depuis deux siècles, à Rome, on donne le nom de ampolla di sangue aux vases trouvés dans les loculi ou murés dans les parois des catacombes à côté des tombeaux
i. De Rossi. Bullettino di archelogia cristiana, décembre 1864.
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chrétiens. Ils sont en verre ou en terre cuite; les uns sont vides, d'autres, en très petit nombre, renferment des éponges et des morceaux de linge ; d'autres enfin sont imprégnés d'une teinte rougeâtre. Cette teinte provientelle du sang des martyrs ou du vin consacré? Les tissus spongieux ont-ils servi à recueillir le sang? La présence d'un de ces vases est-elle un indice du martyre? Ce sont là des questions fort discutées et non résolues d'une manière absolue. Vers le milieu du xvne siècle, on possédait à Rome quelques vases en verre retenus dans une couche de mortier portant des inscriptions : sa — sang — sa satvrni — . Les archéologues du temps les tenaient pour une preuve certaine, mais depuis, il a été reconnu qu'ils étaient œuvres de faussaires. 11 est probable que les vases sans traces rougeâtres contenaient de l'eau bénite ou lustrale dont l'usage était déjà consacré dans la religion juive1.
Les plaques de verre coloré, en usage dans l'antiquité, ont servi également aux ornements du culte chrétien.
Le grand Constantin éleva sur une colonne la croix dorée, enrichie par-dessus de pierres fines et de verres, qui est dans le Philadelphion, sur le type de celle qu'il vit dans le ciel; la colonne était de porphyre.
Ainsi s'exprime un auteur anonyme qui paraît avoir vécu au xie siècle ; il est vraisemblable qu'il ne s'agit pas ici d'émaux, mais de feuilles de verre enchâssées dans le métal.
i. On a trouvé, dans les tombeaux gallo-romains et mérovingiens de la Normandie, des vases en verre avec de semblables taches rougeâtres à l'intérieur.
Les chrétiens portaient des bijoux décorés de petits morceaux de verre; on a trouvé à Lambœsis un semblable objet composé de verres grenat et vert disposés en forme de croix ; le médaillon central représente Jean- Baptiste, gravé en creux. Le Cabinet des médailles possède une petite médaille en verre moulé avec une croix et quatre lettres en relief; nous reproduisons cet objet 1.
Les chrétiens n'ont pas limité aux feuilles d'or la décoration de leurs verres religieux; ils ont aussi employé la gravure à la molette. Peu de monuments de
jeton en verre. ce genre ont été épargnés par le temps et
(Cabinet des médailles on ne peut guère en citer que deux : une
de k Bibliothèque C0Upe trouvée à Rome sur le mont Aven-
nationale.)
tin avec les effigies des douze apôtres placés sous les arcs d'un portique et le fragment d'une coupe baptismale, découverte en 1876 près des Thermes de Dioclétien. Nous reproduisons cette dernière pièce d'après M. de Rossi; c'est le baptême d'une jeune fille nommée Albana. L'eau s'écoule avec abondance d'un vase tenu en suspension dans l'air ; la colombe avec le rameau d'olivier, symbole de la régénération et de la paix, s'approche en volant de la tête de la néophyte ; un personnage nimbé préside à la cérémonie.
Le monument le plus curieux et le plus complet de la verrerie chrétienne primitive se trouve dans la collection Basilewski : c'est une coupe du ve siècle
r. M. Ch. Schefer, membre de l'Institut, a trouvé de semblables disques avec inscriptions grecques, dans une fouille près de Beyrouth.
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gravée à la pointe sur la surface extérieure l. Elle a été découverte dans une tombe antique à Podgoritza, en Albanie, après un combat entre les Turcs et les Monténégrins, au moment où Ton creusait des fosses pour enterrer les morts. La gravure représente plusieurs motifs