COUPE BAPTISMALE CHRETIENNE
accompagnés de légendes incorrectes dont MM. A. Dumont et E. Le Blant ont rétabli le sens précis. On voit, au centre, le sacrifice d'Abraham, et sur le pourtour, l'histoire de Jonas, Adam et Eve et l'Arbre du bien et du mal, la Résurrection de Lazare, Moïse frappant le rocher, Daniel et les lions, les trois Enfants dans la fournaise, la. chaste Suzanne. La coupe offre l'occasion de montrer que le symbolisme chrétien s'est manifesté
i. Voir le dessin, page 76. La coupe a un diamètre de om,24j elle a été étudiée par MM. de Rossi, A. Dumont, E. Le Blant et R. Mowat.
dans la verrerie comme dans la peinture et la sculpture. Les jeunes Hébreux dans la fournaise, Daniel exposé aux lions, Jonas, Lazare symbolisent la Résur-
FIG. 34. VERRE CHRÉTIEN, Ve SIÈCLE.
(Collection Basilewski.)
rection, le Martyre, l'Eglise militante; le sacrifice d'Abraham et Suzanne symbolisent l'assistance divine. L'imperfection du dessin et des légendes n'enlève rien du caractère des sentiments qui ont inspiré le graveur ou ceux qui ont fait usage de l'objet.
LES CHRÉTIENS ET LES JUIFS
Les Juifs ont fait usage des verres à fonds d'or historiés. Buonarotti, dès 1716, a signalé et reproduit quelques-uns de ces objets sur lesquels se trouve représenté le candélabre à sept branches ; le père Garrucci a confirmé l'observation en la fortifiant par de nouveaux exemples1. Il est démontré, d'autre part, que jamais le candélabre à sept branches n'a eu une signification chrétienne, quoi qu'en aient soutenu quelques archéologues distingués. Du reste, quoi déplus naturel que les Juifs, vivant en grand nombre à Rome, aient usé des mêmes moyens de décoration que les chrétiens, qui, aux yeux du peuple, étaient presque leurs coreligionnaires? Le médaillon reproduit (fig. 35) représente Yaron avec la bible sur les étagères gardé par deux lions; la palme de la Judée se dresse en pal entre les candélabres à sept branches, souvenirs du chandelier d'or du Temple; le champ est semé de cédrats etrog et de vases, symboles des félicités du paradis, et de cornes remplies de l'huile destinée à oindre le roi et les pontifes; les mots pie zezes de l'acclamation, qui signifient « bois, vis », se retrouvent fréquemment dans les légendes. Le mot zezes est une corruption du motzHCAïc ; pendant longtemps, il fut d'usage à Rome de mêler des mots grecs au latin. La présence de verres juifs dans
1. Garrucci. Vetri ornati di figure in oro trovati nei cimiieri dei cristiani primitivi di Roma. Roma, i858.
les cimetières chrétiens s'explique sans difficulté par ce fait qu'on plaçait sur les parois des catacombes les objets les plus divers, afin de reconnaître les sépul-