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M. de Laborde. Notice sur les émaux du Louvre

« Ung grand voirre ouvré à la façon de Damas par dehors;

EIG. 49. VERRE DE S â I N T E - H E D W I G E.

(Musée d'Amsterdam.)

e Ung autre petit voirre ouvré par dehors à ymages à la façon de Damas;

no L'ART DE LA VERRERIE.

« Ung très petit hanap de voirre en façon de Damas;

« Ung baçin plat de voirre paint à la façon de Damas;

« Ung long pot de voirre, ou aiguière de la façon de Damas, le byberon garny d'argent et de fausses pierres;

« Une lampe de voirre ouvrée de façon de Damas, sans aucune garnison d'argent » 1.

Évidemment, les verres dénommés « à la façon de Damas, ouvrage de Damas » ne provenaient pas tous de cette ville; l'expression s'appliquait, en général, aux verreries orientales, mais elle prouve que la capitale de la Syrie avait des fabriques renommées. Il n'y a pas de doute sur la valeur des termes; pour les verres du xive siècle « à la façon de Damas » ne veut pas dire fait en imitation de Damas, mais bien de provenance orientale, car l'Europe ne fabriquait pas alors de produits similaires.

Le roi Charles VI possédait :

« Une couppe de voirre, painte à la morisque;

« Une bouteille de voirre à deux anses painte comme dessus. »

On appelait peinture à la morisque les verres arabes décorés d'émaux de couleur.

Mais le xive siècle nous a laissé divers monuments de la verrerie arabe qui nous permettent, mieux que

i. Manuscrit de la Bibliothèque nationale cité par M. Jules Labarte.

les inventaires, de juger la perfection du travail. Ce sont d'abord les lampes de mosquée; nous en reprodui-

FIG. 50. LAMPE ARABE ÉMAILLÉE. XIVe SIÈCLE.

(Collection E. André.)

sons quelques types. La lampe à pied de la collection Edouard André (fig. 5o) porte sur le col blanc, en lettres

na L'ART DE LA VERRERIE.

bleues, l'inscription classique tirée du Koran (Sourate 24, verset 35) :

Dieu est la lumière des deux sur la terre. Cette lumière est comme un foyer où se trouve un flambeau, un flambeau placé dans un cristal, cristal semblable à une étoile brillante. Sur la panse est émaillée la dédicace : Honneur à notre maître el Solthan el Malek el Nasser Nasser ed douina oua ed-din Mohammed; M. Schefer possède une lampe au même nom; elle est d'un blanc verdâtre émaillé de fleurs bleues et rouges.

M. Lavoix, dont nous avons déjà invoqué l'autorité, fait remarquer que ces deux lampes dédiées au même sultan portaient pour armes : la première une balta, un cimeterre; la seconde, une coupe; d'où il résulte que les armes figurées ne sont pas nécessairement celles du sultan et peuvent appartenir à l'émir qui a ordonné le travail. Le sultan Nasser Mohammed régna en Egypte de 1293 à 13/j.i, mais pendant une année, en i3io, il fut remplacé par Bibars II, dont M. A. Goupil possède une lampe qui porte dans un cartouche ces mots en émail rouge : Honneur à notre maître el Solthan el Malek el Modhaffer el âlem el adel Rokn el douina oua ed-din; la lampe avait le fond doré; elle est émaillée de fleurs blanches, bleues, rouges, et porte en lettres bleues une légende du Coran. Parmi les lampes de mosquée, on peut citer encore des pièces de 1324, de i32Ô, du sultan Hassan mort en 1 36 1 , du sultan Barkouk qui régnait en i382, du sultan Giakmak qui monta sur le trône en 1438 1. Le gobelet et la bou-

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