On comprend que les dates que nous donnons sont prises
teille de la collection Spitzer que nous reproduisons
FI G. SI, — LAMPE ARABE EMAILLEE. XIVe SIÈCLE.
(Collection E. André.)
portent un lion ; c'est l'écusson du sultan Bibars qui régna
parmi d'autres, et que nous ne pouvons signaler toutes les lampes remarquables existant dans les cabinets des amateurs.
de 1260 à 1277, mais il n'en faudrait pas conclure que les précieux objets soient contemporains de Bibars; ils ont pu être commandés postérieurement par un musulman, en témoignage de la reconnaissance de l'Islam envers le vainqueur des croisés et celui qui assura le trône d'Egypte aux Mamelouks pour plus de deux siècles.
Il est possible d'ouvrir une dissertation sur les deux verres arabes de la Grûne gewolbe de Dresde, que nous reproduisons. L'un d'eux (fig. 3g), celui qui montre des oiseaux aquatiques émaillés, est certainement plus ancien que le second (fig. 54), dont la décoration consiste en cavaliers jouant à la paume, sujet qui se rencontre souvent sur les vases de métal ; les montures sont des xve et xvie siècles, mais les verres sont évidemment antérieurs. Le vase aux cavaliers présente deux inscriptions : l'une paraît tronquée et semble se rapporter à la glorification du mérite, de la suprématie et du sublime; l'autre s'interprète ainsi : Gloire à notre maître le sultan, le roi, le savant, le juste, le combattant, le religieux, le secouru par Dieu, le victorieux, le fort, le grand. D'après la forme de l'écriture, le vase pourrait appartenir au premier quart du xive siècle.
Après une brillante carrière, la verrerie orientale succomba et l'Orient en fut réduit à faire venir de Venise ses lampes de mosquée; le fait sera prouvé par un document authentique provenant du xvie siècle1. Il y a plus : les verriers de Venise allèrent sur place se substituer aux verriers orientaux, qui semblent perdre
1* Voir page 170.
les notions essentielles de la fabrication; vers 1590, un verrier vénitien arriva à Chiraz, l'une des villes les plus importantes delà Perse pour le commerce; il enseigna son art pour une somme d'argent assez minime ; la fabrication ne réussit pas du moins comme qualité, mais il s'établit des verreries dans tous le pays, notamment à Ispahan et à Chiraz; le verre était de mauvaise composition, à cause des matières employées; il avait une teinte grisâtre, était rempli de bouil- s^i.
Ions et ne pou- JÉk vait servir qu'aux usages communs.
Les Persans continuèrent à faire venir de Venise les verres pour miroirs et châssis et même leurs bouteilles pour prendre le tabac. FIG $ 2# 0RIENT. (collection Spitzer.) Il paraît que les Persans avaient une grande habileté pour restaurer les
objets en verre cassés, à la condition que les fragments ne fussent pas plus petits qu'un ongle; ils les assujettissaient l'un à Tautre avec des fils d'archal et passaient