ÉCUSSON ÉMAILLÉ DE LOUIS XII ET D'ANNE DE BRETAGNE
(Musée de Cluny.)
tait à Goult dans le même pays ; elle fournit les verres « moult bien varioles et bien peints » que le roi acheta moyennant cent florins pour les offrir à Louis XI; le roi René était un protecteur éclairé des lettres et des arts, mais c'est à tort qu'on lui attribue la fondation de la première verrerie française. — Vers la fin de 1455,
le roi Louis XI écrit la lettre suivante à Etienne Achart, résidant à Grenoble : « Estyenne, je vous prye, envoyés moy un bon ouvryér de fayre voyrines car fan veux fayre fayre et les luy veux devysér, et le m'anvoyés en ceste vylle, mes que se soyt uncontynant et qu'y n'y et poynt de faulte. Escryt de ma mayn. Loys. » — En i486, Jacques Bertrand, seigneur de la Vrignonnière, prend à bail un terrain au Rorteau (Vendée) pour y construire une verrerie; la verrerie fut exploitée par la famille de Roussy depuis 1696 jusqu'à la Révolution. xvi° siècle. — Geoffroy Poussart est, en 1507, maître de verrerie à la Motte, dans la forêt de Chizé (Deux- Sèvres). — Maurice Gazeau, sieur du Retail, Jacob Morisson et François Gaudin, fondent la verrerie Neuve près de Talmond, en 1 543 ; déjà un nommé Gaudin avait été verrier, en 1249, aux Moutiers (Deux -Sèvres). — La verrerie de la Court, dans la forêt de Prinçay (Loire-Inférieure), existait en i5/\.5. — Giovani Ferro « gentilhomme en l'art et science de verrerye, natif d'Altare, au marquisat de Montferrat », paraît avoir exercé son art à Lyon et à Nevers dès le milieu du siècle. — Henri II, étant à Châteaubriant, le i3 juin i55o, accorde à Theseo Mutio, né à Bologne en Italie, le privilège pour dix ans de fabriquer dans le royaume des ouvrages de verre « de la même beauté et excellence que ceux qu'on vouloit apporter de Venise ». Mutio s'établit à Saint-Germain-en-Laye; il ne paraît pas y avoir prospéré, et la fabrique disparaît vers i56o. — Girolamo Matteo, natif du Piémont, possède, en 1 557, une verre rie à Amaillou. — En i56o, les verreries de Bourgogne, de Lorraine et de Normandie étaient connues pour la
qualité de leurs vitres, à ce point que Philippe II en fit venir des échantillons en Espagne pour les fenêtres du palais de TEscurial; les verres de Normandie furent