FIG. 91. FRANCE. I597. VERRE7EMAILI.E
Musée de Rennes.)
jugés les meilleurs. — Vers i568, il y avait dans les environs de Parthenay une famille de verriers du nom de Cruzeron. — Le comte du Lude, gouverneur du Poitou, prend, en 1572, sous sa protection « Fabian Salviate, escuyer, gentilhomme de Myrane, païs de Venize,
aoo L'ART DE LA VERRERIE.
venuz, lui et sa famille, en ce païs de Poictou pour pratiquer Part de la verrerie ». Le gouverneur commande à tous les officiers « que vous n'aiez à loger, ne souffriez estre logez aulcuns gens de guerre en sa mayson de l'Argentière, laquelle mayson nous avons exempté et exemptons, par ces présentes, de toute garnison ». — Un acte notarié de 1590 constate la présence à Machecoul (Loire -Inférieure) de Jacques et Loys Ridolfe, « escuyers, frères, gentilz hommes de Part de verre et de terre de Faenze natifz de Caffagiolo ». — Vers la même époque, Giovanni Ferro, que nous avons déjà cité, était à Machecoul « où, avec des amis, il a dressé une verrerye à faire verre et christal »; Henri IV, en 1596, lui donna ses lettres de naturalisation. — Agostino Ferro obtint la même faveur en 1598. — Henri IV donne, en août 1597, le privilège d^ne fabrique de cristaux à Melun à Jacopo et Vincentio Sarode, et Horacio Ponti, originaires de l'Altare en Montferrat, en récompense de ce qu^ls « avoient cy devant et depuis longtemps tenu les fournaux et verrerie de cristal dans- les villes de Lyon et Nevers et avoient acquis telle réputation en la perfection de leurs ouvrages que la plupart des verres du dict cristal, dont on se servoit à la cour et suite et partout le royaulme, estoient apportés des dites villes de Lyon et de Nevers ». — Vincentio Sarode est autorisé, le 4 mai 1600, à s'établir à Paris, Orléans, Rouen, Caen, Angers, Poitiers, Bordeaux, Toulouse, Lyon, Marseille et généralement partout, pour « y faire toutes sortes d'ouvraiges de verre, comme ils faisoient et pouvoient faire à Venise et tous aultres lieux, sans brusler bois ou charbon » ; le nombre des verreries et la clause
relative au combustible indiquent qu'il ne pouvait être question que de verroterie ou d'émaillage.
xviie siècle. — Guillaume Bicheux, fils d'un verrier normand, maître patenôtrier de Paris, inventa en i6o3, selon son dire, une sorte de moulure en pâte de verre qui lui permettait de reproduire les empreintes des verres antiques; nous ne pensons pas qu'il s'agisse ici du verre proprement dit, mais seulement d'une pâte vitrifiable « sables et terres de toutes façons » 1. — En 1607, une verrerie importante existait à Mézières; nous estimons qu'il s'agit de la ville située dans les Ardennes, car te maître de l'établissement avait embauché des verriers d'Anvers afin de fabriquer des verres à la façon de Venise. — Anthoine de Cléricy, le céramiste de Marseille, était logé au Louvre sous la régence de Marie de Médicis; de 16 12 à 1625, il obtint des brevets pour établir des verreries dans le royaume; il était, dans ces actes, qualifié de « escuier, maître de la verrerie royalle et nostre ouvrier en 'terre sigillée». Nous n'avons sur la fabrication de Cléricy que le renseignement suivant, fourni par un écrivain du temps : « Proche de cette église (Saint- Pierre d'Avon, paroisse de la ville), vers le septentrion, et immédiatement au bout du parc de ce chasteau, est la maison seigneuriale de Monceau, où l'année passée 1641 a esté establie une verrerie royale par lettres patentes du Roy, données au mois de mars 1640, et par arrest du conseil privé de Sa Majesté, tenu à Paris le cinquième jour de juin 1641 ; et ce en faveur du sieur Antoine Cléricy, ouvrier en terre sigillée, et de