‹ L'art de la verrerieChapitre 82 sur 112 · FRANCE. (NORMANDIE · texte numérisé non relu

FRANCE. (NORMANDIE

(Collection G. Le Breton.)

autres contrées de la France n'aient pas, comme M. B. Fil- Ion pour le Poitou et M. Le Breton pour Rouen, recueilli les verres dont nos aiëux se servaient dans les repas de famille et les fêtes d'apparat.

En Normandie comme en d'autres contrées, les rois de France ont encouragé « l'artifice de voirrerye » par des privilèges, dont le plus apprécié paraît avoir été celui de ne point, en travaillant le verre, déroger à une noblesse de race bien et dûment justifiée. C'est une erreur fort répandue que de croire que le métier de verrier conférait la noblesse; il n'en était rien et, selon un ancien proverbe, « pour faire un gentilhomme verrier, il fallait d'abord prendre un gentilhomme ». Les ouvriers comme les patrons pouvaient être gentilshommes et, dans certaines verreries, il y avait l'atelier des nobles et l'atelier de ceux qui ne l'étaient pas. Le gentilhomme ouvrier de Normandie mangeait au souper seulement à la table du maître, car, pour les nécessités du service, il dînait devant son four; pendant le travail, il avait du cidre à discrétion. Il portait le chapeau brodé et l'épée; son cheval et son chien étaient nourris par le patron et soigné par les domestiques de celui-ci. Le gentilhomme ne soufflait pas la bouteille, le métier n'étant pas assez distingué. Il recevait par an, vers la fin du xvne siècle, i,3oo livres comme ouvrier, 800 comme aide et 400 comme apprenti.

Les privilèges plus sérieux étaient ceux qui con-

feraient le monopole de la fabrication et de la vente dans un pays et qui donnaient le droit de « coupper fougère à la faucille pour employer à l'artifice de voirrerye », de ramasser le bois mort et de « coupper et abattre du vif boys tant seulement que la haye, la chas-

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