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MÉLANGES DES COULEURS

Cet article, étant traité à fond^ nous conduirait au-delà des bornes que nous nous sommes prescrites dans cet abrégé: c'est pourquoi nous ne ferons qu'indiquer les principaux mélanges des couleurs.

Le vert s'obtient en mêlant du jaune avec du bleu; le vert d'eau, le bleu de Prusse et la gomme gutte, mêlés au degré convenable, donnent un très-beau vert pour les bois, les bosquets, les charmilles, les haies, etc.

L'indigo et le carmin donnent un assez beau violet; l'orangé se fait en mêlant de la gomme gutte et du carmin; la terre d'ombre se compose avec du bistre, du carmin, de la gomme gutte, et, si l'on veut, avec un peu d'encre de Chine.

Lorsque le plan sera tracé sur une feuille de papier comme on l'a expliqué, on lavera légèrement le revers du papier avec une éponge imprégnée d'un peu d eau, puis on le collera (avec de la colle à bouche) sur une planche très-unie;

ensuite on procédera au lavis»

L'effet du lavis, pour être harmonieux, ne s'obtient que par une marche progressive et mesurée.

Pour laver un plan suivant l'art, il faut, en résumé, 1.^ faire une ébauche qui doit annoncer toutes les parties qui concourent à l'effet général; 2.^ donner des teintes au degré convenable, et toujours en conservant le ton local; 3.° distribuer les ombres d'après les principes qu'on a fait connaître; 4.^ faire ressortir les détails par des touches et par des teintes plus ou moins fortes. Le degré de force de ces teintes doit être en raison de l'éloignement des objets de la base du plan. Il faut aussi détailler les masses d'ombres par de secondes teintes, en ménageant les parties reflétées de ces masses : cette observation est particulièrement relative aux montagnes; 5.^ donner les coups de force pour rendre certains détails plus sensibles et plus décidés , en les faisant paraître sous le jour qui leur convient, et toujours en raison des effets du clair-obscur; 6.° dis-

I tribuer les teintes coloriées sur toutes les parties du plan 5 en conservant le ton et la couleur locale relatifs à chaque objet j enfin 5 imiter la nature, qui doit servir de modèle à tous les artistes.

Il est certain que chacun de ces articles exigerait des explications particulières et des détails dans lesquels nous ne pouvons pas entrer, par les raisons que nous avons exposées , et aussi parce que notre but n'a été principalement que d'enj seigner dans cet ouvrage la pratique de l'arpentage, du nivellement, et du toisé j d'ailleurs, comme plusieurs de ces articles ne peuvent être basés sur des règles bien^précises, ils doivent être réservés au jugement et à Texpérience de l'artiste.

Nous avons du faire connaître la théorie de i Fart du lavis des plans, parce qu'un livre doit être écrit d'après les principes 3 mais un instituteur, un fermier, un propriétaire quelconque 5 se trouveront rarement dans le cas de laver le plan d'une commune , mais seulement celui a une propriété particulière , tel que les plans d'un bois , d'une vigne ^ d'un marais ou étangs d'un jrré d'une terre labourée , eic*

Voici un procédé facile, qui exige peu de travail, et qui est presque toujours suffisant : après avoir préparé le papier comme nous l'avons indiqué ( page 542 ), ainsi que les couleurs qui conviennent à chaque nature de terrain , on se servira de deux pinceaux, dont Tun sera empreint de couleur, et l'autre d'eau ; on étendra la couleur sur les bords intérieurs du plan

et sans les dépasser, et toujours en ayant égard aux parties éclairées et obscures , ainsi que nous l'avons dit (page 341); ensuite, avec l'autre pinceau, on affaiblira la teinte en mourant, jusque sur la base opposée, et qui indique la partie éclairée du plan.

Nous ferons seulement observer que, poiir obtenir un effet satisfaisant , il ne faut pas laisser sécher la première distribution de couleur avant de l'étendre : car sans cette attention l'on ne pourrait atteindre le but qu'on se propose. Nous avons rédigé cet article pour l'agrément des personnes qui , ne pouvant consacrer beaucoup de temps à l'étude de la matière qui nous occupe ( et c'est le plus grand nombre), se contenteraient d'une méthode qui, exigeant peu de préparation, sera par conséquent plus facile dans son exécution.

Nous allons actuellement donner l'explication de la planche lavée.

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