‹ L'art de passer son temps au bord de la merChapitre 13 sur 37 · QUE · texte numérisé non relu

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Marché au poisson.

Les marchés aux poissons. — Pour les Parisiens en villégiature au bord de la mer, rien n’est plus curieux et plus amusant que le marché au poisson, car c'est un coup d'œil toujours nouveau et varié; il arrive quelquefois, il est vrai, que le vent a soufflé avec violence et que les barques de pêche n'ont pu sortir, alors les étalages sont dégarnis, mais le plus souvent il en est autrement et un choix consi-

dérable s'offre à nos yeux : ici ce sont des poissonsmonstres appelés anges de mer, leurs voisins qui ne leur cèdent en rien pour la taille sont des congres, espèces d'anguilles de mer; plus loin, voilà des anguilles de mer véritables ; là-bas ce sont de belles paires de soles qui se tiennent toutes raides tant elles sont fraiches, puis des carrelets, des plies, des limandes; les turbots et les barbues attirent les regards des acheteurs; voilà aussi la dorade, appelée gros-yeux dans certains pays: c'est un excellent poisson. Les rougets, les grondins, les mulets abondent ainsi que les merlans, les maquereaux, et les grosses sardines, c'est vraiment un coup d'œil très curieux.

Nous avons oublié de citer les raies, les chiens de mer, qui ne sont pas rares; voilà encore la brème de mer, le bar, le blaquet, le cabillaud Re dont la chair est excellente, enfin on trouve quelquefois l’orphie ou aiguillette, ce bizarre poisson dont la forme a une grande analogie avec celle de l’anguille ; sa couleur est celle du maquereau et sa bouche a l'aspect d'un bec de bécasse armé de dents. Si vous ouvrez une orphie, après l'avoir fait cuire, vous vous apercevrez que ses

arêtes sont du plus beau vert et ressemblent un peu à de la gélatine ; il paraît que ces poissons sont toujours par bandes et qu’il est rare que les pêcheurs n'en prennent pas plusieurs à la fois. Vous verrez encore sur le marché des langoustes, des homards, des crabes, enfin tous les coquillages dont nous

avons parlé précédemment; ils se trouvent là en

grande quantité, mais il ne faut pas que cela vous Ôte l’idée d’aller à la pêche, jamais les coquilles que vous achèterez ne vous paraîtront aussi bonnes que celles que vous aurez ramassées vous-même.

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