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ovules placés d’un seul côté, un ou deux styles, un ou deux stigmates, etc. La structure de l'ovaire est le caractère le plus propre à distinguer cette famille de celles dont nous avons parlé à l’occasion du phlox paniculé.
Avant de commencer l’esquisse de la pervenche à fleurs roses, on remarquera attentivement la disposition des cerolles ; on observera que les découpures du limbe sont terminées par une pointe qui les partage en deux côtés inégaux, la partie droite de la division qu’on a devant soi étant toujours plus étendue que l’autre : on fera sentir cette espèce d’irrégularité, qui donne aux fleurs de pervenche une physionomie toute particulière.
Pour l’ébauche des corolles épanouies, on se sert de carmin largement détrempé, et violeté d’une très petite quantité d’outremer; on prépare l’une après l’autre toutes les divisions du limbe; on conduit la couleur de haut en bas, de la circonférence vers le centre de la fleur, le vélin étant, pour chaque partie, placé convenablement. Pour la face supérieure des feuilles, on combine la gomme-gutte, le bleu de Prusse, lindigo et l’encre de Chine; pour la face inférieure, on emploie la gomme-gutte, le bleu de Prusse et la sépia : on couvre chaque feuille en deux fois, en commençant par le côté le plus foncé, et en conduisant des touches larges et abondantes de couleur depuis leur extrémité libre jusqu’à leur pétiole; on ménage les lumières, et l'on indique les nervures lorsque l’ébauche des feuilles est presque achevée. Les pétioles se préparent avec le vert .qui a servi à colorer le dos des feuilles ; les boutons.et les tubes des corolles épanouies, avec un vert très tendre qu'on obtient en délayant,
dans une grande quantité d’eau, un peu de gomme-gutte etde bleu de Prusse. Le carmin et l'encre de Chine font la base de Ja teinte locale des tiges; on y ajoute seulement un peu de ce vert tendre dont nous venons de parler.
On finit le limbe des fleurs épanouies par des touches légères, moelleuses, multipliées à l'infini, et dirigées de la circonférence vers le centre; onsesertde la teinte de l’ébauche, à laquelle on ajoute un peu plus d’outremer pour les ombres. On reprend les tubes de haut en bas, et le limbe des boutons dans le sens des plis qu’ils présentent; on colore les plus développés avec un peu d’outremer et de carmin. Les feuilles se finissent avec le vert de l'ébauche, auquel on mêle, pour les parties sombres, une certaine proportion d'encre de Chine; on conduit le pinceau obliquement, dans le sens des nervures latérales, et en descendant vers la côte moyenne : cette dernière se fait longitudinalement. Pour les tiges, on retourne le vélin, et l’on mène des hachures parallèles du bas de la tige vers la partie la plus élevée : le carmin, le vert de vessie et l'encre de Chine sont les couleurs employées à ce dernier travail. Les fruits s’ébauchent et se finissent avec le vert des feuilles les plus foncées; le calice qui les accompagne, avec du vert de vessie et du carmin. On s'occupe en dernier de la gorge des corolles : ce que l’on voit de l’intérieur du tube se fait avec de la gomme-putte et un peu de bleu de Prusse; la partie voisine du limbe, qui est beaucoup plus foncée que le reste, avec du carmin pur.
Le dessin étant pour ainsi dire achevé, on place quelques
rehauts de blanc léger sur les endroits lumineux des tubes, des boutons, des feuilles et des tiges.
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AGAPANTHUS OMBELLIFÉRE.
: AGAPANTHUS UMBELLATUS.
FAMILLE DES LILIACÉES
L’agapanthus ombellifere est connu vulgairement sous le nom de tubéreuse bleue. Sa partie inférieure est formée par une bulbe à tuniques, d’où naissent tous les autres organes. Les racines sont blanches, grosses et rameuses; les feuilles longues, striées sur leurs deux faces, creusées en gouttière, et groupées en deux faisceaux opposés. La tige sort du milieu de la bulbe, entre ces deux faisceaux; elle est nue (dépourvue de feuilles), un peu aplatie, haute de trois pieds environ, et couronnée par un bouquet arrondi. Les fleurs sont portées sur des pédoncules cylindriques, entremèêlés de bractées blanchatres. Ici, comme dans la plupart des Liliacées, le calice a l'apparence d’une corolle; il est d’un beau bleu, légèrement irrégulier, et composé de six folioles allongées, alternativement plus larges et plus étroites, soudées en tube par leur base, évasées dans le reste
de leur étendue. Les étamines sont au nombre de six, fixées
62 AGAPANTHUS OMBELLIFÈRE.
au tube du calice, déclinées* vers le bas de la fleur, et recourbées en haut à leur sommet, qui porte les anthères (pl. 14, à). L'ovaire b occupe le fond du calice; il est libre, allongé, relevé de trois côtes, et terminé par un style c, qui a la même longueur et la même direction que les étamines : le stigmate est à peine distinct. Le fruit est une capsule triangulaire, contenant un certain nombre de graines membraneuses.
La famille des Liliacées ne renferme que des végétaux dépourvus de corolle ; leur calice est pétaloïde, et composé de six folioles distinctes ou soudées en partie les unes avec les autres : ces folioles sont rarement tout-à-fait semblables entre elles; et, lorsqu'elles sont placées sur deux rangs, comme dans l’hémérocalle à fleurs jaunes (kemerocallis flava), les plus intérieures simulent parfaitement des pétales. Les étamines sont attachées vis-à-vis chaque foliole, tantôt sur le réceptacle, tantôt sur le calice. L’ovaire est toujours libre, à trois loges renfermant deux rangées d’ovules; le style, lorsqu'il existe, est simple; le stigmate est souvent partagé en trois. Les feuilles des Liliacées ont constamment les fibres parallèles et longitudinales.
Les folioles de l’agapanthus, avons-nous dit, sont alternativement plus larges et plus étroites; mais elles ne sont pas disposées de même dans toutes les fleurs : tantôt la foliole supérieure est une des plus larges; d'autrefois c’est le contraire. Cette disposition doit être remarquée avec soin; et ce seroit une faute de donner à toutes les fleurs une forme
* On appelle déclinés, les étamines et les pistils qui, dans une fleur irrégulière, se portent vers la partie inférieure.
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exactement semblable. On fait sentir à l’esquisse cette double irrégularité; on observe que les folioles étroites sont terminées par une petite pointe, tandis que les autres sont arrondies; on indique les étamines par un seul trait : les anthères ne se font que lorsque la plante est presque achevée.
On délaie sur une palette de l’outremer, auquel on ajoute un peu de carmin, pour lui donner un ton violeté, et l'on prépare avec cela le calice des fleurs et des boutons; on ébauche les folioles les unes après les autres, en dirigeant le pinceau de leur sommet à leur point d'attache; on dispose son travail de manière à ne jamais faire sans interruption des parties qui se couvrent ; ainsi l’on couche d’abord les folioles qui sont sur le premier plan; lorsqu'elles sont sèches, on s'occupe de celles qui sont sur le second plan, et ainsi de suite. Toutes les parties vertes se préparent avec une teinte composée de bleu de Prusse, de gomme-gutte et de sépia : on commence par la feuille qui est en arrière; on la couche moitié par moitié, par des touches larges et abondantes de couleur, dirigées alternativement du bord vers le milieu de la feuille, et du milieu vers le bord, mais toujours obliquement en bas; on procède de même pour la seconde feuille, dont on fait d’abord la partie renversée. Les pédoncules, auxquels on passe après les feuilles, demandent beaucoup de temps; on ne peut en préparer qu'un petit nombre à la fois, et l’on est obligé d'attendre pour travailler aux autres, que l’eau, dont la couleur est détrempée, soit en grande partie évaporée. La hampe offre peu de difficulté, si l'on conduit le pinceau de haut en bas, et des pédoncules vers la bulbe.
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Le fini des calices se fait avec le ton de l’ébauche, auquel on associe un peu d’indigo pour les parties les plus ombrées; les touches doivent être extrêmement petites, dirigées dans le sens de chaque foliole et de haut en bas. Les feuilles se finissent avec les couleurs qui ont servi à les préparer ; on y mêle un peu d’encre de Chine et de vert de vessie, pour les endroits les plus colorés; on mène sur toute leur longueur des hachures bien parallèles : ce précepte est de rigueur pour toutes les plantes de la famille des Liliacées , dont les feuilles ont les fibres longitudinales. Pour la hampe et les pédoncules, on retourne le vélin de haut en bas, et l’on conduit le pinceau, lésèrément humecté, depuis la partie inférieure de la hampe jusqu’à son sommet, et de la naissance des pédoncules à leur extrémité. Les couleurs employées sont le vert de vessie, le bleu de Prusse, la gomme-gutte, et de plus l'encre de Chine pour les ombres. Les filets des étamines se font avec du blanc léger, uni à une petite quantité d’outremer; les anthères, avec du vert de vessie, de la gommegutte, un peu de safran et de blanc léger; les bractées les plus larges, avec du safran, du carmin , et du vert de vessie; pour les autres bractées, on supprime cette dernière couleur, et l’on ajoute un peu de blanc léger. Ces différentSrorganes ne demandent point un travail parüculier; ils se préparent et se finissent sans interruption.
On termine en rehaussant de blanc léger les points lumineux des fleurs, des pédoncules, de la hampe et des feuilles.
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DAHLIA VARTAB ILIS.
FAMILLE DES COMPOSÉES
On connait plus de deux cents variétés de dahlia, qui différent les unes des autres par les nuances, par la grandeur, par la forme, et mème, jusqu’à un certain point, par l’organisation des fleurs. Leurs racines sont vivaces, grosses, charnues et ramassées en bottes; leurs tiges creuses, cylindriques, fortes et ramifiées. Les feuilles sont simples, ou plus ordinairement composées de trois à cinq folioles; dans ce cas, la foliole impaire, ou terminale, est symétrique et pétiolée, et chaque foliole latérale irrégulière et sessile : les feuilles simples, et les folioles des feuilles composées, sont ovales, aiguës, inégalement dentées, relevées à leur face inférieure d’une côte saillante et de nervures ramifiées. Les pétioles sont opposés, unis base à base, canaliculés (creusés en canal), et bordés de deux bandelettes foliacées.
Les fleurs naissent dans l’aisselle des feuilles, à l’extrémité des rameaux; elles sont composées, très grandes, d’un fort bel effet, presque toujours groupées deux à deux, et portées sur des pédoncules longs, cylindriques et recourbés. Ces
fleurs ont deux involucres : l’un tout-à-fait en dehors, formé L ° 17
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de cinq folioles ovales, aigues, vertes, opaques, veinées et réfléchies vers le pédoncule; l’autre, plus en dedans, formé de huit écailles deux fois aussi longues, jaunâtres, lisses, demi-transparentes, obtuses et étalées. Le réceptacle commun est bombé, et n’a du reste rien de bien remarquable. Quand le dahlia est simple, il y a à la circonférence des fleurs huit rayons ovales, pliéslen trois dans les boutons, et marqués, lorsqu'ils sont épanouis, de deux sillons longitudinaux qui retracent cette disposition : ces rayons ont des étamines sans anthères; leur pistil se compose d’un ovaire infère, d’un style, et de deux stigmates. Les fleurons sont fort nombreux et accompagnés chacun d’une écaille diaphane; ils présentent un calice intimement uni à l'ovaire ; Qui est infère (pl. 15, a); une corolle monopétale, régulière, tubuleuse, à cinq dents, transparente et portée par l'ovaire b; cinq étamines soudées par les anthères et fixées à la corolle; un style simple terminé par deux stigmates c aplatis et velus.
La culture transforme souvent les fleurons en demi-fleurons, et produit ainsi des fleurs doubles ou semi-doubles.
La famille des composées ‘ comprend trois grandes tribus, ou familles secondaires :
Les Semi-flosculeuses , qui ont les fleurs entièrement formées de demi-fleurens, comme celles du dahlia double *;
* Voyez page 54, les caractères généraux des composées.
* Nous avons choisi cet exemple afin de rendre la chose plus sensible; mais nous devons dire que les modifications qui ont lieu dans une plante ne peuvent la faire passer d’une famille dans une autre : le dahlia simple et le dahlia double sont deux variétés d’une seule et même espèce, et appartiennent tous deux à la famille des Radiées.
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