A8 VIOLETTE TRICOLORE
parées sur les palettes; on les emploie pures dans les demiteintes, on les modifie de la manière suivante pour les parties sombres : au violet, on ajoute, pour les ombres, un peu d’indigo; à la couleur jaune, une petite quantité d'encre deChine et de vert de vessie ; au vert des fêuilles et des tiges, de l’indigo et de l’encre de Chine. Les touches, dans les pétales, sont dirigées en général de la circonférence vers le centre de la fleur; dans les folioles des calices, on les mène du sommet à la base; dans les feuilles et dans les stipules, on fait suivre au pinceau le mouvement*des nervures; on finit la tige et les pédoncules par des hachures parallèles menées hardiment de la base au somhet, le vélin étant renversé. On imite avec du violet foncé les lignes noirâtres dés pétales jaunes, et l’om termine par des rehauts de blanc léger placés sur le bord de quelques pétales violets, sur les points lumineux des tiges, et sur les endroits saillants des feuilles.
RAR AR RES LEE ARLES LES LUE LILAS EE LIRE LEE LUE LI UE ELA LIL ES LE LORIE LIL ILEUALUIEIA LULU T RS
PHLOX PANICULÉ. PHLOX PANICULAT A.
FAMILLE DES POLÉMONIACÉES.
Toutes les espèces de phlox connus viennent de l'Amérique septentrionale. Ce sont des plantes vivaces, dont les tiges, ordinairement rameuses, forment des touffes plus ou moins élevées : celles du phlox paniculé ont près de quatre pieds; elles sont garnies de feuilles sessiles, opposées, ou plus rarement alternes, ovales, aiguëés, marquées d’une côte saillante et de veines ramifiées. Les tiges se terminent par un bouquet
. de fleurs lilas ou blanches, d’un bel effet, mais sans odeur. Le calice est monophylle, profondément divisé en cinq parties aiguës, unies par une membrane transparente. La corolle est monopétale, attachée au réceptacle : son tube est fort long; son limbe a cinq divisions roulées les unes sur lesautres dans les boutons, étalées et même un peu réfléchies dans les fleurs épanouies. Les étamines sont au nombre de cinq, attachées chacune à une hauteur différente dans le tube de la corolle (pl. 11, a). L'ovaire b est libre ou supère, ovoïde,
entouré à sa base d’un anneau verdâtre analogue à celui dela
rat Nate Didi
50 PHLOX PANICULÉ.
belle-de-jour; il a trois loges, et dans chaque loge un seul ovule : le style c est presque aussi long que le tube de la corolle, et terminé par trois stigmates d,quis’écartent lorsque la fleur est passée. Le fruit est une petite capsule à trois loges et à trois graines.
La famille des Polémoniacées est composée de plantes qui ont un calice monophylle, une corolle monopétale attachée au réceptacle et partagée en cinq divisions plus où moins profondes, cinq étamines portées par la corolle, un ovaire libre ou supère à trois loges, un style, trois stigmates, une capsule à trois loges, etc. Les caractères tirés du pistil et du fruit sont presque les seuls qui distinguent cette famille des Convolvulacées et des Primulacées, ‘avec: lesquelles elle a lä plus grande analogie: La polémoine (polemonium. cæruleum) et le cobéa (cobæa scandens),:sont de la famille des Polémoniacées.
Les fleurs du phlox paniculé se. succèdent sans. interruption pendant plus d’un mois; mais les premières épanouies sont les plus grandes et. lés plus :éclatantes : aussi, lorsqu'on se propose de peindre cette plante d’après nature, doit-on prendre pour modèle un phlox qui: commence à fleurir.
On arrête au trait tous les détails des parties vertes, les dents des calices,: les petites feuilles qui accompagnent les fleurs, etc.; pour les corolles, on se borne à indiquer
avec" légèreté leurs contours et l’orifice des tubes : la couleur fera le reste.
Abe
VA ; A 7772 faneut
PHLOX PANICULÉ. 51
Les boutons et les fleurs épanouies s’ébauchent avec du carmin-et de l’outremer largement détrempés sur la palette; on conduit le pinceau de haut en bas, de l'extrémité de chaque division vers l'ouverture de la gorge. On ne fera point successivement et de proche en proche toutes les fleurs du bouquet; mais on préparera d’abord des parties éloignées les unes des autres, et l’on ne s’occupera de celles qui les touchent que lorsque les premières seront bien sèches. Les petits boutons s'ébauchent par un glacis léger de bleu de Prusse et de gomme-gutte, que l’on place du côté de l'ombre: Le ton local des feuilles, des tiges et des calices, est un mélange de gomme-gutte et de bleu de Prusse, foncé d’un peu d’encre de Chine; on ajoute de la sépia pour les parties supérieures, et, par une plus ou moins grande quantité d’eau, on obtient facilement toutes les nuances dont on peut avoir besoin. Les calices se préparent dent par dent et de haut en bas avec Ile vert le plus clair; lorsqu'ils sont achevés, on met le vélin en travers, et l’on ébauche toutes les feuilles qui, dans cette situation du vélin, se trouvent au-dessus. de la-tige; on les couche moitié par moitié, en faisant descendre la couleur devant soi de la pointe à la base, et en ménageant les tiges qui sont au-devant d'elles : on passe ensuite aux feuilles du côté opposé, pour lesquelles on suit un procédé semblable. Le vélin étant après cela replacé selon la direction du bouquet, on ébauche les tiges avec un vert très-léger, et de haut en bas.
On finit le limbe des corolles épanouies par des touches nombreuses et légères, dirigées de la circonférence vers le centre; on se sert en général de la teinte de l’ébauche; pour
TE mn Æ
52 PHLOX PANICULÉ.
les ombres, on augmente seulement la proportion de l’outremer; on ajoute un peu d'encre de Chine pour les tubes, pour les fleurs les moins éclatantes sur lesquelles les autres se détachent, et pour le côté sombre des boutons les plus forts; dans ces derniers on mène le pinceau obliquement de haut en bas et de droite à gauche. Pour les petits boutons on mêle au vert préparé pour les feuilles un peu de gommegutte et de carmin, on y joint aussi pour les ombres un peu d'encre de Chine. On emploie pour le fini des calices du vert de l’ébauche et du carmin; pour les feuilles, les couleurs qui ont servi à les préparer; on augmente toutefois la quantité de l'encre de Chine pour les endroits les plus obscurs. On dirige les hachures obliquement des bords latéraux vers la nervure principale; on ne place les veines qu’en dernier. On finit les tiges en allant du bas de la tige principale vers les ramifications, et l'on étend sur les parties rougeâtres de celles-ci un léger glacis de carmin.
Les étamines se font avec de la gomme-gutte et un peu de blanc léger : on observera qu’il n’en. paraît ordinairement que trois à l’orifice des corolles, les autres sont attachées trop bas pour qu’on puisse les apercevoir.
Lab ARTS
EEE tete ntetentete et atnintetes
CORÉOPSIS DES JARDINS. COREOPSIS TINCTORIA.
FAMILLE DES COMPOSÉES
Nous avons dit, dans les Notions préliminaires, qu’on appelait feuille composée un assemblage de petites feuilles fixées à un pétiole commun; par analogie, on a donné le nom de fleur composée à une réunion de petites fleurs portées sur l'extrémité élargie d’un pédoncule (réceptacle commun), et entourées de folioles ou d’écailles qui leur forment un calice commun où involucre : dans l’artichaut, cette partie charnue que l’on mange est le réceptacle commun; les feuilles qui l'entourent sont les folioles, les écailles de l’involucre; le foin renferme une multitude de petites fleurs complètes, c’estàa-dire pourvues d’un calice, d’une corolle, d’étamines et d’un pistil. Les petites fleurs, qui par leur ensemble forment une fleur composée, sont nommées fleurons quand elles sont régulières, comme celles qui composent le disque du grand soleil (kelianthus annuus); demi-fleurons lorsqu'elles sont irrégulières et prolongées tout d’un côté, comme les rayons de la même fleur’. Cela posé, il sera facile de comprendre l'organisation du coréopsis.
* Cette fleur ayant été comparée à un astre , on à nommé disque sa partie centrale, et rayons les corolles de la circonférence.
54 CORÉOPSIS DES JARDINS.
Cette jolie plante s'élève avec légèreté à trois pieds environ;.5e8 tiges sont rameuses, ses feuilles opposées et découpées en folioles étroites. Les fleurs sont composées et placées à l'extrémité de rameaux extrémement fins; elles produisent avec les boutons qui les accompagnent, un effet des plus agréables. Leur calice commun est formé de huit folioles ovales, brunâtres et luisantes; il est environné à sa base de huit petites écailles verdâtres, aigues et roulées en dehors. Les demi-fleurons (pl. 12, a) sont au nombre de huit, d’un beau jaune, avec une tache rouge brun à la base: leur ovaire est imparfait, et l’on ne trouve aucun vestige d’étamines. Les fleurons sont fort petits, entremêlés de paillettes jaunatres : examinés à la loupe, ils présentent un ovaire infère D à une seule loge ; une corolle monopétale régulière c, tubuleuse, à cinq divisions réfléchies :; cinq étamines, dont les filets sont libres et attachés à la corolle, et les anthères d soudées en un tube couronné par cinq petites dents; un style, qui s'élève du sommet de l'ovaire, traverse le tube des anthères, et se termine par deux stigmates c roulés en dehors. Nous n’avons point parlé du calice propre aux fleurons et aux demi-fleurons, il est tellement uni à l'ovaire qu'on ne peut l’apercevoir, on ne l’admet que par analogie. Quand la fleur est passée, les corolles, les étamines et le style se détachent et tombent, il ne reste que les ovaires enveloppés par le calice commun qui prend alors une forme conique.
La famille des Composées comprend tous les végétaux dont les fleurs, rassemblées sur un réceptacle commun et environnées d’un involucre, présentent une corolle monopétale, cinq étamines attachées à la corolle et soudées par les an-
(less
C7 ; j à Æ C2 5 jtd
CORÉOPSIS DES JARDINS. 55
thères, un ovaire infère contenant un seul ovule attaché au fond de sa cavité, un style et deux stigmates.
Dans la plupart des fleurs composées dont la circonférence est formée de demi-fleurons, et le centre de fleurons, le nombre des rayons est indétermimé; le coréopsis fait exception à cette espèce de règle, il a presque toujours huit demifleurons : cette remarque s'applique également aux folioles de l’involucre. Quant aux fleurons, leur nombre est ordinairement indéfini, et leur arrangement, joint à leur petitesse, les rend difficiles à distinguer sur une fleur entière; aussi ne deyraët-on pas s'attacher à les représenter avec une minutieuse exactitude : on cherchera plutôt à rendre en masse l'effet que produit leur assemblage; en un mot, on ne peindra point les fleurons, mais le disque du coréopsis.
On ébauche la partie jaune des demi-fleurons avec de la gomme-gutte et du safran; ce dernier doit dominer : on dirige le pinceau suivant la longueur des rayons, de la circonférence vers le centre de la fleur; on réserve le vélin pour la tache brune, qu’on aura eu soin d'indiquer à l’esquisse par un faible trait de crayon. Lorsqu'on a préparé la partie jaune de tous les rayons, on s'occupe de cette tache, pour laquelle on emploie un mélange de safran et de carmin : cette teinte sert encore pour les disques, pour les involucres et les boutons, parties auxquelles on passe lorsque les demifleurons sont entièrement ébauchés. Les feuilles se font ensuite avec une combinaison de gomme-gutte, de bleu de Prusse et de sépia; on augmente la quantité de la gommegutte dans les endroits les plus clairs : on fait descendre la
56 CORÉOPSIS DES JARDINS.
couleur devant soi, du bout de chaque foliole à son point d’attache, en ménageant toujours les parties qui les croisent: on place pour chacune d’elles le vélin de la manière la plus commode. On couche les tiges de haut en bas , des ramifications vers les tiges principales; les rameaux les plus déliés exigent une grande sûreté d’exécution.
On finit les rayons par des hachures parallèles et dans le sens de leur longueur; on mêle au ton de l’ébauche dans les parties ombrées un peu d’encre de Chine et de vert de vessie, et l’on fait sentir les deux plis longitudinaux qu'ils présentent. Les taches brunes se font dans le même sens avec la couleur qui a servi à les préparer, et à laquelle on ajoute un peu d'indigo. Les grandes écailles de l’involucre se finissent avec de l’encre de Chine et du carmin; les écailles extérieures, avec du vert de vessie : dans tous ces organes, on conduit le pinceau comme dans les pétales et les calices des fleurs ordinaires, c'est-à-dire de l'extrémité libre au point d’attache. On reprend les feuilles avec les couleurs de l’ébauche, auxquelles on associe pour les ombres un peu d'encre de Chine : on donne aux hachures une direction à peu près longitudinale ; on les commence au bord de chaque foliole, et on les mêne obliquement vers leur extrémité inférieure, où l’on glisse quelquefois un peu de carmin. Pour les tiges on retourne Île dessin de haut en bas, et l’on finit successivement les tiges principales, les branches et les rameaux; et, par un travail léger, on conserve à ces derniers toute leur délicatesse. On revient au disque des fleurs, et l’on indique par quelques traits gouachés les fleurons du pourtour qui se détachent en jaune.
RAR DA r ee ARR E LEE UPS LAURE LUE LUE EE LES A UE LEA LE LUE VALLE LEE LUE LAURE LES LAS LEA LES DES
FAMILLE DES APOCYNÉES.
Cette plante a les tiges rameuses, renflées de place en place, verdätres en haut, rouges foncé dans le reste de leur longueur. Les feuilles sont courtement pétiolées, opposées, luisantes, ovales ou elliptiques, terminées par une petite pointe, et parcourues par une côte blanchatre qui fait suite au pétiole; de cette côte il part latéralement un grand nombre de nervures et de veines. Les fleurs sont presque sessiles et groupées deux à deux dans l'aisselle des feuilles. Le calice est formé de cinq petites folioles étroites, aiguës et un peu roulées en dehors. La corolle est monopétale, tubuleuse, régulière, attachée au réceptacle : son tube est verdâtre, long, évasé en haut, puis rétréci et comme étranglé; son limbe est étalé, rose en-dessus, blanc en dessous, et découpé en cinq parties obliques. Celles-ci, au lieu d’être
symétriques, comme dans la plupart des fleurs régulières, :
sont plus larges d’un côté que de l’autre, ce qui fait que la corolle paraît contournée. Dans les boutons, les divisions de la corolle sont roulées les unes sur les autres, mais dans un sens inverse à la disposition des fleurs épanouies. Il ÿ a cinq
étamines, qui sont sessiles (sans filet) et portées par la
corolle (pl. 15, a). Le pistil est accompagné, à sa base, de deux écailles jaunâtres: il présente deux ovaires supères D, allongés et lésèrement soudés par leur sommet; un style filiforme c, et un stigmate épais d, membraneux inférieurement. Le fruit est composé de deux capsules longues, courbées en dehors, et renfermant chacune, dans une seule loge, plusieurs graines attachées d’un seul côté *.
La petite pervenche (inca minor), figurée dans la deuxième planche de cet ouvrage, offre une organisation analogue. Ses tiges sont effilées; ses feuilles opposées, ovales et presque sessiles; ses fleurs bleues, solitaires dans l’aisselle des feuilles et longuement pédonculées. Le calice a cinq folioles étroites; la corolle, un tube évasé et un limbe partagé en cinq divisions obliques; elle s'attache au réceptacle, et porte cinq étamines, dont les filets sont coudés et très-courts. L'ovaire est double et accompagné de deux écailles; le style est long, élargi supérieurement en une sorte de plateau, et terminé par un stigmate poilu. Le fruit est composé de deux
capsules à une seule loge.
La famille des Apocynées tire son nom d’un genre appelé apocyn (apocynum). Les végétaux qui la composent ont des feuilles opposées, ou disposées trois par trois, comme dans le laurier-rose (nerium oleander); un calice à cinq divisions plus ou moins profondes; une corolle monopétale , attachée au réceptacle; cinq étamines tantôt distinctes , tantôtsoudées les unes avec les autres, mais toujours portées par la corolle; deux ovaires supères, renfermant ordinairement plusieurs
"Il y a une pervenche à fleurs blanches; c’est une variété de celle que nous venons de décrire : elles ne diffèrentl’une de l’autre que par la couleur.
ce
ÿe