‹ L'art de peindre les fleurs a l'aquarelleChapitre 36 sur 76 · LIS DE SAINT-JACQUES · texte numérisé non relu

LIS DE SAINT-JACQUES

FAMILLE DES NARCISSÉES.

Si l’on ne jugeait que sur l'apparence, on pourrait croire que l’amaryllis est une Liliacée, et l’on aurait de la peine à se persuader qu'elle appartient à la même famille que le narcisse ; mais lorsqu'on l’examine avec un peu d'attention, on ne tarde pas à se convaincre qu'il existe entre ces deux plantes la plus parfaite analogie. Dans le lis de Saint-Jacques, les racines partent d’une bulbe arrondie, composée de tuniques emboitées les unes dans les autres; les feuilles sont longues, écroites, obtuses, presque planes; la hampe est simple, un peu comprimée, et d’un rouge brun; elle se termine par üne seule fleur, grande, irrégulière, pédonculée, penchée et accompagnée d’une spathe brunâtre et fendue, qui l’enveloppait avant son épanouissement. Le calice est monophylle, tubuleux à sa base (qui est intimement unie à l'ovaire), partagé dans le reste de son étendue en six divisions lancéolées,

ouvertes, roulées en dehors, et disposées sur deux Tangs :

trois de ces divisions sont extérieures, l’une est en haut, les deux autres en bas; trois divisions sont intérieures , plus étroites æt placées dans un ordre inverse, c’est-à-dire deux en haut et une en bas. Il y à six étamines attachées profondément en dedans du calice, dont la division inférieure et interne les embrasse à leur naissance : les filets sont fort longs, rouges, déclinés, barbus à leur base et terminés par une pointe blanche; les anthères sont d’abord rouges et très grandes (pl. 21, a); mais bientôt elles se rompent, diminuent considérablement de volume et prennent une couleur jaune soufre. L’ovaire b est infére, cylindrique, à trois loges ; le style c est fort long, de la nuance des filets des étamines, décliné de même et terminé par un stigmate trifide d, glanduleux et blanchâtre intérieurement. Cette amaryllis est d’un beau rouge carmin velouté; le tube et la partie voisine des divisions du calice sont verdâtres. Le fruit est, comme celui du narcisse et de la jonquille, une capsule à trois loges renfermant un certain nombre de graines.

La famille des Narcissées se compose de plantes bulbeuses dépourvues de corolle, ayant un calice monophylle à six divisions, six étamines portées par le calice, un ovaire infère à trois loges et un stigmate trifide. Elle ressemble aux Liliacées par le nombre des étamines, des stigmates, des loges de l'ovaire et des divisions du calice; mais elle s’en éloigne singulièrement par son ovaire infère, caractère qui la rapproche des Iridées.

Le ton local du lis de Saint-Jacques s'obtient avec du carmin mêlé d’un peu de gomme-gutte, et délayé dans une

r à CTI 7. ns cit CPC

grande quantité d’eau. Cette teinte plus ou moins détrempée est employée pour les clairs et la demi-teinte; elle doit être modifiée, pour les ombres, par l'addition du bleu de Prusse. On commence l’ébauche du calice par la pointe de la division qui est en haut, et l’on fait descendre la couleur devant soi, en imprimant toutefois au pinceau un mouvement presque transversal; ainsi l'on part de l’un des bords de la partie dont on s'occupe, et l’on va jusqu'au milieu, ou à peu près; on poche une autre touche en partant de l’autre bord, et l’on continue de la même manière, jusqu'à ce qu'on soit arrivé pres de oyaire : une division étant couverte, on passe à une seconde, pour laquelle on retourne le dessin si besoin est, et äinsi de suite. Une chose fort importante, c’est de bien ménager le blanc du vélin pour les nervures vertes qui se trouvent dans le milieu des divisions du calice : il est impossible d’enlever le carmin, même par des lotions réitérées, et si l’on avait négligé de se conformer au précepte que nous donnons, on serait obligé de gouacher, ce qui produirait un mauvais effet. On fait les étamines et le style avec la teinte générale de la fleur; laspathe, avec la même couleur, à laquelle on mêle un peu de vert de vessie ; les anthères, avec de la gomme-gutte; l'ovaire et les parties vertes du calice, avec de la gomme-gutte et du bleu de Prusse; on y ajoute de la sépia pour les feuilles, et du carmin pour la hampe : l’indigo remplace le bleu de Prusse dans les verts les plus foncés.

Tous les organes de cette plante se reprennent par des

hachures parallèles, et avec les couleurs de l’ébauche, aux- P ; ;

quelles on joint de l'encre de Chine pour les endroits som-

bres. On passe rapidement sur toute la fleur, lorsqu'elle est presque achevée, un léger glacis de gomme-sutte; on suit pour tout le reste les procédés ordinaires, et l’on termine par quelques traits de blanc léger, dont on rehausse les filets des étamines, le stigmate et certaines divisions du calice.

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