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OEILLET

FAMILLE DES CARYOPHYLLÉES.

Toutes les variétés d’œillet peuventse rapporter à trois principales : l’œillet sauvage, l’œillet cultivé simple, l’œillet cultivé

double.

L'œillet sauvage est une plante grêle qui croît dans les endroits arides. Ses racines sont vivaces; ses tiges présentent de distance en distance des espèces de nœuds ou d’articulations d’où partent des feuilles opposées sessilles, unies base à base, entières , aiguës, creusées en gouttière , et assez petites dans les rameaux supérieurs pour ressembler à de simplés écailles. Les fleurs sont solitaires à l’extrémité des ramificätions : le calice est monophylle, tubuleux, cylindrique, à einq dents, accompagné de quelques bractées larges, pointues et imbriquées ‘, formant par leur ensemble un petit calice extérieur. La corolle est composée de cinq pétales portés, avec les

* Se recouvrant comme les tuiles d’un toit.

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organes de la fructification, par une sorte de disque en forme de colonne, qui les élève au-dessus du réceptacle (pl. 22 à); leur onglet est fort long et blanchâtre, leur lame est rouge, triangulaire et dentelée à l’un de ses bords. Il y a dix étamines d, dont les filets correspondent alternativement aux dents du calice et aux onglets des pétales, avec lesquels cinq d’entre eux sont soudés près de leur point d’attache. L'ovaire b est libre, un peu allongé et surmonté de deux grands styles c roulés en dehors à leur extrémité : les stigmates sont à peine distincts. Le fruit est sec, accompagné du calice; lorsqu'il est parfaitement mür, son sommet'se partage en plusieurs dents, et laisse échapper les graines qui.étaient attachées à un placenta central. Les tiges, les feuilles et les calices de l’œillet sont d’un, vert glauque ; ses fleurs répandent une odeur analogue à celle du girofle.

L’œillet cultivé simple diffère peu de l’œillet sauvage : on fait avec ses pétales, privés de leur onglet, un ratafia et quelques préparations médicinales.

L’œillet double, que l’on cultive pour la beauté de ses fleurs, est beaucoup plus grand que les précédents : ses racines sont plus grosses , ses tiges plus fortes, ses feuilles plus longues et plus larges, ses calices plus amples, ses pétales bien plus nombreux, à tel point qu’ils déchirent souvent le calice, et que la fleur crève, comme on dit vulgairement ; leur odeur est

moins pénétrante que dans les œillets simple, mais leur couleur, variable du plus beau blanc au rouge foncé presque noir,

tantôt unie, tantôt diversement panachée, compense bien ce.

léger désavantage. Les étamines restent ordinairement à l’état

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OŒILLET DES JARDINS. 95 rudimentaire; le pistil, au contraire, prend parfois un accroissement considérable, et présente de deux à quatre styles;

-'il paraît, dans ce dernier cas, formé de deux pistils soudés

ï : lun avec l’autre.

La famille des Caryophyllées renferme deux tribus quiont pour types, l’une le genre dianthus (œillet), l’autre le genre alsine (mouron des oiseaux). Les Caryophyllées de la première tribu (Dianthées ) ont les tiges noueuses et articulées ; les feuilles simples et opposées ; le calice monophylle * denté à son sommet; cinq pétales longuement onguiculés et portés par un disque ainsi que les étamines, dont le nombre est sujet à varier : l'ovaire est libre , à une ou plusieurs loges, surmonté de deux à cinq styles; le fruit est une capsule, ou plus rarement une baie; les graines sont attachées à un placenta central. Nous citerons parmi les plantes d'agrément qui appartiennent à cette famille le siléné à bouquet, silene armeria, la croix de Jérusalem, lychnis chalcedonica , la coquelourde des jardins, agrostemma coronaria, l'œillet de poète, dianthus barbatus, la mignardise, dianthus moschatus, enfin l’œillet des jardins, dianthus caryophyllus.

Nous avons pris dans cette dernière espèce les variétés que l’on peint le plus communément, l’œillet rouge uni et l’œillet panaché. Le premier s’ébauche avec du carmin alcalisé étendu d’eau, que l’on conduit du bord des pétales vers l'onglet, en ménageant bien les dentelures, et en se tenant d’abord audessous du ton. Les endroits pâles de l’œillet panaché se font avec du carmin extrêmement léger et violeté d’un peu d’ou-

‘ ILest polyphylle dans la seconde tribu (Alsinées).

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tremer ; les endroits foncés, comme les pétales de l’œillet uni. Pour les parties vertes, on emploie de la gomme-gutte, de la sépia et du bleu dé Prusse (que l’on fait dominer dans les tiges et dans les feuilles), et une pointe de carmin pour donner un ton paille aux calices extérieurs. Tous les organes se couchent de leur extrémité libre à leur point d’attache, en réservant les lumières.

Le fini de l’œillet est fort long et s’obtient par des touches petites et multipliées, dirigées longitudinalement dans le sens de la longueur de chaque partie : on mêle aux couleurs de l’ébauche de lencre de Chine pour les dessous, et l’on rehausse par quelques traits de blanc léger les endroits les plus lumineux.

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