‹ L'art de péterChapitre 10 sur 57 · RÉPONSE · texte numérisé non relu

RÉPONSE

C'est bien mal connoître le pet, que de le croire

si criminel et coupable de tant de grossièretés. Le vrai pet, ou le pet clair, n'a point d'odeur, ou du moins si peu, qu'elle n'a pas assez de force pour traverser l'espace qui se trouve entre son embouchure et le nez des assistans. Le mot latin crepitus, qui exprime le pet, ne signifie qu'un bruit sans odeur ; mais on le confond ordinairement avec deux autres ventosités mal-faisantes^ dont l'une attriste l'odorat et se nomme vulgairement vesse, ou, si l'on veut, pet muet, ou pet féminin ; et l'autre, qui présente le plus hideux spectacle, que l'on nomme pet épais, ou pet de maçon. Voilà le faux principe sur lequel se fondent les ennemis du pet ; mais il est aisé de les confondre, en leur montrant que le vrai pet est réellement distingué des deux monstres dont on vient de donner une notion générale.

Tout air qui s'entonne dans le corps, et qui après y avoir été comprimé, s'en échappe, se nomme ventosité; et par-là le pet clair, la vesse et le pet de maçon, conviennent entr'eux comme dans leur genre : mais le plus ou le moins de séjour qu'ils font dans le corps, le plus ou le moins d'aisance qu'ils trouvent à s'échapper, constituent leur différence et les rendent totalement dissemblables. Le pet clair, après s'être entonné dans le corps, parcourt sans obstacles les différentes parties internes qui se trouvent sur son passage, et sort avec plus ou moins de fracas. Le pet épais ou de maçon, après avoir tenté plusieurs fois de s'échapper, trouvant toujours les mêmes obstacles, re-

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