CHAPITRE l
Des pets muets, malproprement dits vesses. Diagnostic et prognostic.
Cessons d'articuler, et faisons-nous comprendre maintenant sans parler.
Les pets muets, vulgairement appelés vesses, n'ont pointde son, et se forment d'une petite quantité de vents très-humides.
On les appelle en latin visia^ du verbe visire; en allemand, feisten, et eu anglois, fiteh ou vetch.
Les vesses sont ou sèches ou foireuses. Les sèches sortent sans bruit et n'entraînent point avec elles de matière épaisse.
Les foireuses, au contraire, sont composées d'un vent taciturne et obscur. Elles emportent toujours avec elles un peu de matière liquide. Les vesses ont la vélocité d'une flèche ou de la foudre, et sont insupportables à la société, par l'odeur fétide qu'elles rendent : si l'on regarde dans sa chemise, on verra le corps du délit qu'elles y impriment ordinairement. C'est une règle établie par Jean
Despautere, qu'une liquide jointe à une muette dans la même syllabe, fait brève la voyelle douteuse ; ce qui signifie que l'effet de la vesse foireuse est très-prompt. Cv.m muta liquîdam tangens insyllabâ câdem, ancipitem poties vocalem quœ brevis esio. J'ai lu quelque part qu'un diable du pays Latin voulant un jour lâcher un pet, ne fit qu'une vesse foireuse, dont il emberna ses culottes ; et que maudissant la trahison de son derrière, il s'écria avec colère et indignation : Nusquam tuta fides; il n'y a donc plus de bonne foi dans le monde ! Ceux-là font donc très-bien, qui, craignant ces sortes de vesses, ont soin de mettre bas leurs culottes, et de lever leur chemise avant de les lâcher : je les appelle gens sages, prudenset prévoyans.