CHAPITRE IL
Des pets et vesses affectés et involontaires.
On donne aux uns et aux autres une même cause efficiente, relativement à la matière des vents qui sont engendrés par l'usage des oignons, des aulx, des raves, des navets, des choux, des ragoûts, des pois, des fèves, des lentilles, des haricots, etc. Ils sont aflfectés ou involontaires, et ils se rapportent tous aux espèces précédentes.
Le pet aflfecté ne se passe guère parmi les honnêtes gens, si ce n'est parmi ceux qui logent ensemble et qui couchent dans le même lit. Alors on peut affecter d'en lâcher quelques-uns, soit pour se faire rire, soit pour se faire pièce, et les pousser même si dodus et si distincts, qu'il n'y ait personne qui ne les prenne pour des coups de coulevrines J'ai connu une dame qui, se couvrant l'anus avec sa chemise, s'approchoit d'une chandelle récemment éteinte, et pétant et vessant lentement et par gradation, la rallumoit avec la dernière adresse ; mais une autre qui la voulut imiter ne réussit point, et réduisit la mèche en une poudre ardente qui se dissipa bientôt dans Tair,
«t se brûla le derrière, tant il est vrai qu'il n'est pas permis à tout le monde d'aller à Corinihe. Hais un amusement plus joli, c'est de recevoir une vesse dans sa main, et l'approcher du nez de celui ou de celle avec qui l'on est couché, et de les faire juger du goût ou de l'espèce. J'en connois qui n'aimeroient pas trop ce jeu-là.
Le pet involontaire se fait sans la participation de celui qui lui donne l'être, et arrive ordinairement lorsqu'on est couché sur le dos, ou qu'on se baisse, ou lorsque l'on fait de grands éclats de rire, ou enfin quand on éprouve de la crainte. Cette sorte de pet est ordinairement excusable.