‹ L'art de péterChapitre 25 sur 57 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Dos effets des pets et des vesses. Leur utilité particulière.

Après avoir parlé des causes des pets et des vesses, il ne nous reste plus qu'à dire quelque chose de leurs effets ; et comme ils sont de différente nature, nous les réduirons à deux genres, c'est-à-dire, à celui des bons et des mauvais.

Tous pets bons sont toujours très-salutaires par eux-mêmes, en tant que l'homme se débarrasse d'un vent qui l'incommode. Cette évacuation détourne plusieurs maladies, la douleur hypocondriaque, la fureur, la colique, les tranchées, la passion iliaque, etc.

Mais lorsqu'ils sont resserrés, lorsqu'ils remontent ou qu'ils ne trouventpasde sortie, ils allaquenl le cerveau par la prodigieuse quantité des vapeurs qu'ils y portent ; ils corrompent l'imagination, rendent l'homme mélancolique et frénétique, et l'accablent de plusieurs autres maladies très-fâcheuses. De là les fluxions qui se forment par la distillation des fumées de ces météores sinistres, et qui descendent dans les parties inférieures ; heureux lorsqu'on n'en est quitte que pour la toux, les catarrhes, etc. , comme les médecins le disent et le démon-

tient sans cesse. Mais, selon moi, le plus grand mal est dëlre incapable de toute application et d'être rebuté par l'étude et le travail. Appliquonsnous donc, cher lecteur, à nous débarrasser aussi-tôt de toute envie de péter, de tous vents tranchants, du moindre mal-aise, enfin, causé par les vents ; et au risque de faire tapage, chers concitoyens, rendons-les promptement, et lâchons-les plutôt que de nous incommoder et de nous exposer à devenir hypocondriaques, mélancoliques, frénétiques et maniaques.

Partez comme moi de ce principe, cher lecteur, qu'il y a une utilité particulière en pétant, qui regarde chaque individu ; vous en êtes convaincu par le bien que la présence du pet vous procure et vous le serez encore plus par les exemples que je veux vous citer de personnes qui ont été dangereusement incommodées pour avoir retenu leurs vents. Uue dame, au milieu d'une assemblée nombreuse, est tout à coup attaquée d'un mal de côté; alarmée d'un accident si imprévu, elle quitte une fête qui sembloit n'être que pour elle, et dont elle faisoit l'ornement. Tout le monde y prend part : on s'agite, on s'inquiète, on vole à son secours ; les disciples d'Hypocrate, requis précipitamment, s'assemblent, consultent, recherchent la cause du mal, citent force auteurs, s'informent enfin de la conduite et du régime que la dame a tenus : la malade s'examine, et se rappelle qu'imprudemment elle a retenu un gros pet qui lui demandoit son congé.

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