‹ L'art de péterChapitre 4 sur 57 · CHAPITRE P · texte numérisé non relu

CHAPITRE P

Définition du pet en général.

Epet, que les Grecs nomment tto/sSv?;

les Latins, crepitus vontris ; l'ancien

Saxon, purten ou furten; le haut

k\\em2iVi(S,fartzen; etl'Anglois, fart,

; est un composé de vents qui sortent

tantôt avec bruit, et tantôt sourdement

et sans en faire.

Il y a néanmoins des auteurs assez bornés et même assez téméraires pour soutenir avec absurdité, arrogance et opiniâtreté, malgré Calepin et tous les autres dictionnaires faits ou à faire, que le mot pet, proprement pris, c'est-à-dire, dans son sens naturel, ne doit s'entendre que de celui qu'on

lâche avec bruit; et ils se fondent sur ce vers d'Horace qui ne suffit point pour donner l'idée coraplette du pet.

Nam displosa sonat quantum vesica pepedi.

Sàt. 8.

J'ai pété avec autant de tintamarre qu'en pourroil faire utie vessie bien soufflée.

Mais qui ne sent pas qu'Horace, dans ce vers, a pris le mot pedere, péter, da,ns un sens générique? et qu'étoit-il besoin, pour faire entendre que le mot pedere signifie un son clair, qu'il se restreignît à expliquer l'espèce du pet qui éclate en sortant? Saint-Evremond, cet agréable philosophe, avoit un idée du pet bien différente de celle qu'en a prise le vulgaire ; selon lui, c'étoit un soupir; et if disoit un jour à sa maîtresse devant laquelle il avoit fait un pet :

Mon cœur, outré de déplaisirs, Etoit si gros de ses soupirs, Voyant voire humeur si farouche, Que l'un d'eux se voyant réduit A n'oser sortir par la bouche. Sortit par un autre conduit.

Le pet est donc, en général, un vent renfermé dans le bas ventre, causé, comme les médecins le prétendent, par le débordement d'une pituite attiédie, qu'une chaleur foible a atténuée et détachée sans la dissoudre ; ou produite, selon les paysans et le vulgaire, par l'usage de quelques ingrédiens

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