‹ L'art de péterChapitre 5 sur 57 · PREMIERE PARTIE. y · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE. y

venteux ou d'alimens de même nature. On peut encore le définir : un air comprimé, qui, cliercbant à s'échapper, parcourt les parties internes du corps, et sort enfin avec précipitation quand il trouve une issue que la bienséance empêciie de nommer.

Mais nous ne cachons rien ici; cet être se manifeste par l'anus, soit par un éclat, soit sans éclat ; tantôt la nature le chasse sans efforts, et tantôt l'on invoque le secours de l'art, qui, à l'aide de cette même nature, lui procure une naissance aisée, cause de la délectation, souvent même de la volupté. C'est ce qui a donné lieu au proverbe, que

Pour vivre sain et longuement.

Il faut donner à son cul vent.

Mais revenons à notre définition, et prouvons qu'elle est conforme aux règles les plus saines de la philosophie, parce qu'elle renferme le genre, la matière et la différence, quià nempè constat gênera, materiâ et differentiâ, i° Elle renferme toutes les causes et les espèces; nous le verrons par ordre; 2° comme elle est constante par le genre, il n'y a point de doute qu'elle ne le soit aussi par sa cause éloignée, qui est celle qui engendre les vents, savoir la pituite, et les aliments mal atténués. Discutons ceci avec fondement, avant de fourrer le nez dans les espèces.

Nous disons donc que la matière du pet est attiédie et légèrement atténuée.

Car de même qu'il ne plut jamais dans les pays les plus chauds, ni dans les plus froids, la trop

grande chaleur absorbant, dans ces premiers climats, toutes sortes de fumées et de vapeurs, et l'excessive gelée empêchant, dans les autres, l'exhalaison des fumées ; comme au contraire il pleut dans les régions moyennes et tempérées (comme l'ont très-bien observé Bodin, Meth. hist., Scaliger et Cardan) : de même aussi lorsque la chaleur est excessive, non-seulement elle broyé et atténue les alimens, mais elle dissout et consume toutes les vapeurs, ce que le froid ne sauroit faire, et c'est ce qui l'empêche de produire la moindre fumée. Le contraire arrive lorsque la chaleur est douce et tempérée. Sa foiblesse l'empêche de cuire parfaitement les alimens; et ne les atténuant que légèrement, la pituite du ventricule et des intestins peut exciter beaucoup de vents qui deviennent plus énergiques en proportion de la ventosité des alimens, lesquels mis en fermentation par la chaleur médiocre, procurent des fumées fort épaisses et tourbillonnantes. On sent cela nettement par la comparaison du printems et de l'automne, avec l'été et l'hyver, et par l'art de la distillation au feu médiocre.

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