XII
Le prédicateur est le censeiu- du siècle; on ne lui pardon-
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m-niil pas d'en suivre les maxinies, «l'tni avuii- les manières. On dégoûte plus sùrojuenl du nioudi', ([uand ou eu i est dcgoùlé.
Mil.
Plus le prédicateur prouve l'oldigatiou qu'où ;i de régler ses mœurs, plus il se condamne lui-même, si les siennes sont décriées ; chacun lui renvoie lo? ti'aits qu'il lance. L'auditeur prévenu s'indigne contre celui qui ne l'ail pas ce qu'il dit.
Le prédicateur attcntii' aux mouvements cpie Dieu excite dans son cœur, les fait passer plus aisément dans celui des autres. Ce sont des impressions dont il a éprouvé la force : la gnVce qui les a fait naitre continue de les animer.
S'il se pouvait, le prédicateur ne devrait écrire que dans ces heureux moments, où, par une étude faite en esprit de prière, le cœur se remplit d'onction. La source des expressions est alors sanctifiée. Dieu se sert de ces pieux ouvriers, pour écrire sa loi dans les co3urs ; d'une autre main les traits seraient défigurés.
Ti L'éloquence évangéliquc tient de l'inspiration, elle perce l'.u- des traits vifs, elle remue, elle entraine. L'élégance du discours en peut souffrir; mais n'hnporte, si le zèle fait •^l'utir ù l'auditeur (|ue c'est Dieu qui parle.
Les talents les plus rares no sont jamais mieux cultivés que par la prière. Les Pères, chargés d'affaires, priaient longtemps, et prêchaient souvent.
La prière attire cet esprit intérieur, qui agit sur les cœurs, pendant (|ue la doctrine du salut frappe l'oreille. Le préilicateur rempli de cet esprit a le don de le transmettre. En vain on plante, on arrose, si l'Esprit-Saint ne donne l'accroissement. i