‹ L'art de precherChapitre 20 sur 81 · DES MŒURS · texte numérisé non relu

DES MŒURS

L'idée de l'orateur, chez les païens même, renfermait' celle de l'homme de bien. Nous n'avons garde de l'en ex-" dure. La réputation de vertu et le plus insinuant de tous les exordes.

La qualité d'iionnète homme ne suflit pas au prédicateur.

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il faut encore qii"il ait de la piété : c'est l'onction qui enseigne. Elle coule du sentiment intérieur des choses de Dieu. D'im cœiir desséché il ne sort que des paroles mortes, privées de l'espiùt de \ie.

Le prédicateur doit être pénétré des vérités qu'il veut persuader. Si le coeur n'anime la voix, elle n'est qu'un airain sonant. Les bonnes choses doivent se dire avec sentiment; et on ne dit rien de touchant, si l'on n'est touché.

La seule voix d'un homme persuadé par avance, et qu'on croit saint, réveille des idées pieuses, et donne du poids à ses pai'oles. Son exemple a déjà prouvé que le bien est possible. Où la raison n'a plus à délibérer, le préjugé enti*aine.

Le cœm' a des oreilles pour le langage du cœur. Celui de l'esprit a un accent tout difTérent. On ne s'y méprend guères. Le maiti'e intérieur parle, et en même temps se fait entendre.

C'est peu d'avoir dans ses recueils les plus grands sentiments de l'Ecriture et des Pères, il faut les avoir dans son cœur. Les lumières ébauchent la conversion, la piété vive et tendre l'achève.

Le monde ne se contente pas d'une vertu médiocre dans

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celui qui le prêche. 11 veut qu'irrépréhensible, il puisse «lire comme r.^pùtre : S(»(/e: wes ii/titateurs.

I/aiuliteuv n'aime pas la voie de discussion. Un exemple qui décide est plus de son goût, et nul exemple n'est plus à sa portée, que celui du prédicateur même. Le peuple ne ci-aint point de s'égarer en suivant celui qui le précède dans la voie du salut.

L'exemple forme des idées du bien, plus distinctes que la parole. La vie du prédicateur reprend sans offenser, elle convainc sans parler. Que dans cette nécessité de donner l'exemple, il craigne cependant d'affecter les œuvres trop éclatantes. ;

L'univers fut converti par un petit nombre d'ouvriers simjjles, grossiers, qui cherchaient Dii;u. Aujourd'hui des orateurs en foule, qui se cherchent eux-mêmes, ne conver tissent personne.

Un homme avide de gloire ne persuade pas l'amoiu' dtt mépris. Celui qui est attaché à ses intérêts n'inspire pas le • détachemerit. On prêche mal la mortification, vivant dans la mollesse. >i

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