INSTRUCTION
Benedic, amma mea, Domino, et omnia quœ intra me siint nomini sancto ejus.
Bénis le Seigneur, ô mon âme, et que tout ce qui est en moi exalte son saint nom. {Psaume en).
Mes frères, comblé des bienfaits du Seigneur, le saint roi David s'écriait dans les transports de sa reconnaissance ; « Bénis le Seigneur, ô mon âme, et que tout ce qui est en moi exalte son saint nom ; loue le Seigneur, ù mon âme, et garde-toi d'oublier jamais ses bienfaits. C'est lui qui te pardonne tes fautes, qui a guéri tes infirmités, lui qui t'environne de sa miséricorde et de ses grâces ; c'est lui qui comble tes désirs, en versant sur toi tous ses biens... Bénis donc le Seigneur, ù mon âme, et que tout ce qui est eu moi exalte son saint nom. »
Comme cet hymne de la reconnaissance vous convient en ce jom", à vous, jeunes enfants, que ce matin Jésus-Christ a [tour la première fois nourris de sa chair sacrée!... Quel beau jour ! Quels doux souveuiis il devra laisser dans vos cœurs!...
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Dos l'aïuorc, votre âme impatiente souiiirait après ce bonheur qui vous était promis... A llieui'c du saint sacrilice, vous êtes venus vous asseoir dans ces places d'honneur. Puis quand le moment solennel fut arrivé, vous êtes allés deux, à deux vous agenouiller à la table sainte; et là, Jésus- Christ s'est donné à vous tout cnlier dans la sainte Eucharistie ; vous avez reçu son corps, son sang, son âme, sa divinité.... Heureux enfants ! Ah ! oui, vous avez compris la grandeur de ce bienfait; votre âme en bénit le Seignem', et tout ce qui est en vous exalte son saint nom.
Et vous, chrétiens, vous les pères, les mères, les parents de ces enfants, ce jour a été aussi pour vous un jour de bonheur. Comme vos yeiLX ce matin se lisaient sur ce lils chéri, sur cette fille si tendrement aimée !... Vos regards ne pouvaient s'en détoiu-ner ; vous partagiez sa joie et ses émotions les plus douces !...
Euiin, vous tous, lidèles, accourus en si grand nombre dans cette église, vous avez éprouvé quelque chose de ce bonheur; ce joui* vous en rappelait un que vous n'avez jamais oublié, celui où vous-mêmes vous étiez assis à la place où sont ces enfants. Jour précieux, jour de pur bonheur entre les jours de votre vie!.. . Ce souvenir' peut-être a attendri votre cœm' et fait couler vos larmes. Oui tous, nous avons été comblés des bienfaits du Seigneur. Que nos âmes donc bénissent aussi le Seigneur, et que toutes nos facultés exaltent son saint nom. Bcnedic (mima mca, etc.
Je me propose, mes chers enfants, de joindre quelques réllexions courtes et simples aux enseignements que tant de fois nous vous a^ ous donnés au catéchisme. Votre modestie, votre recueillement me répondent que vous les écouterez avec une religieuse attention. Je voudrais vous dire qu'après la grâce que vous avez reçue ce matin, vous devez être rccou-
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iKiissaut» et lidùlcs... Hecounaissaiits?... Mais c'est pour vous lia tlevoir sacré ; il nous sut'lira, i)Our Itieu vous le faire cumpreudre, tl'exaniincr ce que vous avez été jusqu'ici, et ce que vous êtes maintenant , ce sera la première partie. 1 idèles!.,. Ah! la iidélité c'est une des résolutions que vous prenez en ce beau jour.... Pour la confirmer nous tâcherons de savoir ce que vous serez un jour; ce sera la seconde partie.
Ce que vous avez été, ce que vous êtes, ce ffuc vous serez un jour? Trois pensées sur lesquelles je veux m'arrêter un instant.
Ce que vous avez été ? — 11 y a douze, treize, quatorze ans, vous n'étiez qu'un petit enfant qui venait de naître. Dieu vous avait donné l'existence, mais vous étiez souillés de la tache originelle ; vos parents chrétiens s'empressèrent de vous apporter dans cette église pour y recevoir le baptême. Vous sortiez donc purifiés de la tache originelle, couverts d'une robe d'innocence, les enfants de Dieu; et votre mère, à votre retour, embrassait un ange.
Vous avez grandi ; la raison, cet autre don de Dieu, s'est développée en vous. Mais dites-moi? chers enfants, quel usage en avez-vous fait?... Avons-nous toujours, avons-nous longtemps gardé cette robe d'innocence que nous avions reçue au baptême' ? Je ne veux rien exagérer; sans doute, il en est parmi vous, sur lesquels des mères pie. uses ont veillé avec sollicitude, et que leur tendresse a préservés des plus funestes influences du mal. Mais, hélas ! n'est-il pas vrai aussi pour ])lusieurs d'entre nous,que les mauvaises compagnies, les passions naissantes, de tristes exemples peut-être, ont bien vite
' On comprenclni facilement ce mélange fîu vom et du nous; il faut, dans telle circcnslancc burtout, adoucir loiil ce qui est dur,,.
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iiieliiié notre volonté vers le mal!... Le mensonge, les jurements, l'orgueil, la vanité, l'impureté et d'autres vices encore se sont précipités dans notre âme, comme on voit les oiseaux de basse-cour se précipiter dans une maison dont on a laissé les portes ouvertes. Bons parents ; ah ! oui, bien des fois nous vous avons désobéi, répomlu sans respect ; nous avons mécoinni vos soins, votre tendresse, votre amour. Que de fois nous avons désolé votre cœur par nos exigences, nos caprices, par notre paresse et nos mauvais penchants ... Mes enfants, vos parents vous ont pardonné, oh ! soyez-en sûrs, de leur part tout est oublié.... Ils vous aiment plus qu'ils ne vous ont jamais aimés.... Mais n'avons-nous pas aussi été ingrats envers un autre père, notre père qui est au ciel?... Lui qui nous avait donné la vie, rendu l'innocence, accordé la raison, nous avons blasphémé son saint nom, méprisé ses commandements, négligé de le prier.... Mais pourquoi m'arrèter siu' ce point?... Lui aussi il vous a pardonné, il a tout oublié, il vous aime plus qu'il ne vous a jamais aimés.... Voilà donc, mes enfants, ce que vous avez été jusqu'aux quelques jours qui ont précédé votre première connmmion, des enfants pécheurs, ingrats envers leurs parents, rebelles envers Dieu, leur père et leur créateur.... Remerciez donc le Seigneur c£ui, dans sa miséricorde, vous a tirés de cet état et vous a pardonné vos fautes.
Voyons maintenant ce que vous êtes ? — (Juol heureux changement s'est opéré en vous ! Aujourd'hui, tous nous vous regardons avec admiration, avec respect; car vous êtes les amis de Dieu. Oui, mes enfants, ce grand Dieu qui règne au ciel, qui fait souffler les vents, gronder le tonnerre, croître et mûrir les moissons ; ce grand Dieu cjui commande à tout l'univers , (qui aujourd'hui encore, faisait briller le soleil dans un ciel sans nuage, comme poiu' rendre cette
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cérémouie plus belle '); ce grand Dieu, vous êtes ses amis, il vous a fait asseoir à sa table, il a fait alliance avec vous, il vous regardeavec amour. (Vous connaissez la soiu'ce qui se trouve près de cette église; en vous penchant, vous voyez son eau pure et limpide réfléchir votre image ; ainsi Dieu, en contem[»lant votre âme, y retrouve ses traits parce que rien n'en trouble la pm'eté ^.) Amis de Dieu, les saints ont les yeux sm' vous, votre ange gardien se tient à vos côtés avec respect. Comme il est heureux, comme il vous aime davantage, comme il est lier d'avoir sous sa tutelle une âme devenue l'amie de Dieu !...
Mais il y a plus : vous êtes les temples de Jésus-Christ. Ce matin il est descendu dans votre cœur ; il y reste, c'est la demem-e, c'est le sanctuaire qu'il s'est choisi. Admirable miséricorde ! prodigieuse tendresse de ce Sauveur bienaimé !... Comment pourrai-je, ù mes enfants, vous faire bien comprendre ma pensée, vous dire l'hounem' que vous avez reçu?... Comment vous avez été sanctifiés, consacrés au Seigneur !... Voyez cette église, qui semble élever ses colonnes et ses voûtes jusque vers le ciel, cette église si belle avec ces guirlandes de verdure et ces ornements de fête s.... Jésus- Christ l'aime, puisqu'il y reste et le jour et la nuit*... Il vous aime davantage, vous êtes plus à ses yeux!... Considérez ce tabernacle placé au milieu de cet autel, les plus beaux ornements le décorent, l'or marie son éclat à celui des plus riches couleurs pour l'embellir; à l'intérieur, il est revêtu de
* * ' Exemples de détails qu'un peut saisir selon les circonstances. S'ils ne sont pas trop longs, ni niuUipliés outre mesure, ils inlére8f.cnt toujours.
* Rappelons... oh, rappelons souvent que Jésus Cliiist est là I... l'auvres cliers paroissiens, ils ont trop de leiidancc à ne pas t'en souvenir!...
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soie... Ce n'est pas assez dire encore; oiiM'Czce tabernacle, considérez l'augnste ciboire où Jésus-Christ repose. 11 est de l'argent le plus pur, et lor à l'intérieur vient rehausser sa beauté !... Llh bien ! chers enfanis, vous êtes plus précieux, plus chers, plus sacrés au cœur de Jésus!... Vous êtes pour lui un sanctuaire plus doux, plus agréable, où il repose avec plus de délices!... Si riches que soient nos tabernacles, si précieuses que soient nos coupes sacrées, elles ne peuvent pas lui dire : Bon Jésus, je vous aime; et vous, vous avez pu le lui dire, vous le lui avez dit souvent dans cet hciu'eux jour!. . . J'avais donc raison de dire que vous êtes les amis de Dieu, les temples chéris de Jésus-Christ. Ah ! vous comprenez sans doute que tant d'honneur, de joie, de bonheur vous obligent à témoigner à cet amoureux Sauveur votre reconnaissance... Omon tlme! oiù, bénis le Seigneur, etc. Beitedic anima etc.
Essayons de chercher ce que vous serez un jom-, alin de vous fortifier dans la résolution d'être fidèles.
Ce que vous serez, mes enfants?... Peut-être nenou.-: serat-il pas aussi facile de répondre à cette question qu'aux deux qui l'ont précédée.... Ce que vous serez.... Dieu lésait, mais si nous nous adressons à lui, il ne nous le dira pas. L'avenir est un secret qu'il s'est réservé.... Binons le demandons à nous-mêmes?.. .Ali ! sous la douce impression qui vous domine, encore tout rayonnants du bonheur que vous avez goûté ce matin, vous n'hésiterez pas à répondre : Oui, nous serons bons chrétiens, oui, nous serons fidèles à Dieu; et j'entends chacun de vous me dire ces paroles :
Plutôt que de souiller ma robe d'innocence, Et d'outrai^ei' le Dieu qui m'a daigné nourrir; deux, soyez-en témoins, terre, écouto. eu silence ! J'aimerais, j'aimerais cent fois mieux mourir.
Beaux sentiments, consolantes résolutions! . . . Pourquoi tuut-il
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qu'une triste expérience nous empêche de trop nous y conlier !... Hélas ! chers enfants; déjà nous en avons vu plusieurs, heureux comme vous l'êtes, pleins de ferveur comme vous, et comme vous aussi, animés des meilleurs sentiments, ne pas rester longtemps fidèles aux grâces de la première communion, et abandonner , les ingrats ! après un temps, hélas !bien court, le Dieu qui s'était donné à eux... Adorable Jésus, ah ! que ce cruel abandon a désolé votre cœur.,.. Vous, non sans doute, il n'en sera pas ainsi.... Mais, tout en comptant sur vos bonnes résolutions, nous ne sommes pas sans alarmes pour l'avenir....
C'est donc à vous, pères et mères de ces enfants, que nous oserons demander ce qu'ils seront un jom* ; vous seuls pouvez nous le dire... Oh ! je le sais, mes frères, il y en a un bon nombre parmi vous qui aiment la religion, qui savent qu'elle seule peut rendre une fille sage, un enfant soumis ; et ceux-là sans doute se feront un devoir de cultiver les heureuses dispositions dans lesquelles sout leurs enfants; ils écarteront d'eux les mauvais exemples; ils les laisseront sanctifier le dimanch'; ; ils veilleront à ce cju'ils assistent aux offices, et ce sera même pour eux un bonheur de les y accompagner.... Mais, n'en est^il pas aussi quelques-ims auprès desquels la piété, la foi de ces jeunes enfants ne trouvera pas l'appui, l'aide, les exemples dont elle aurait besoin, qui verront avec indifférence ces bonnes dispositions s'évanouir et se perdre?... N'en est-il pas qui, n'ayant pas le bonheur d'être bons et parfaits chrétiens, ne sauront pas apprécier assez tout ce qu'il y aurait de douceurs et de consolations pour leurs enfants, dans la conservation de cette foi vive, de ces bons sentiments qui les animent en ce jour... VA si par malheur il se rencontrait des parents assez mal iiLsi>irés pour eux-mêmes détourner leurs enfants de la pra-
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tique de la religion et pour les persécuter dans l'accomplissement de leurs devoirs!... Oh ! alors, Esprit-Saint, Esprit de force (pii avez soutenu le coiu-age des martyrs en face des hoiuTcaux, venez aussi soutenir ces pauvres enfants, et les rendre fermes contre tous les o])stacles... Mais non, pères et mères, il n'en est pas de ce genre parmi vous?... Car, quel père serait assez insensé, pour chercher à ébranler la foi de son lils?... Quelle mère serait assez dénaturée, pour détruire dans l'àme de sa tille les salutaires impressions de la religion?... Infortunés! que de douleurs ils se préparent, que d'amères déceptions leiu' réserve l'avenir!...
Mais non, je le repète avec conliance, il ne se trouvera point parmi vous de ces pai'ents aveugles et insensés, et j'entends, même les moins religieux d'entre vous me dire : Non, je ne contrarierai pas mon enfant dans tout ce qui concerne la religion, je le laisserai libre!... Entendons-nous, mes bien chers frères.... Vos enfants sont jeunes, ils vous aiment, c'est sur vous qu'ils jettent les yeux.... Votre exemple pèsera sur leur inexpérience de tout son poids.... Votre enfant sera-t-il libre d'assister à la sainte Messe le dimanche, quand il vous verra si facilement négliger ce devoir?... Sera-t-il libre de sanctitler le jour du Seignem", quand il vous verra vousmêmes travailler ce saint jour, et quand peut-être, vousmêmes lui commanderez de le faire?. . . Sera-t-il libre d'aimer, d'estimer, de pratiquer la religion, s'il voit que vous n'avez poiu" elle aucune, estime, et que vous ne la respectez, ni dans voti'e conduite, ni dans vos discours?... Votre fils pourra-t-il rester chrétien, votre tille pourra-t-elle demem'er sage, sous la funeste influence des mauvais exemples ou des compagnies perverses. Non, non, vos enfants ne seront plus libres; leur jeunesse, leur inexpérience a besoin d'appui, et ce sera votre exemple, quel qu'il soit, qui fera pencher la balance....
Ainsi donc, pouv savoir ce que seront vos enfants, il siiflit de savoirceque vous voulez èti-e vous-nièmes....01i! pères et mères, nous n'en doutons pas en ce joui', si beau pour- vous, en ce jour, où vous êtes heureux du bonlieui- de vos chers enfants; oui, vous vous proposez de leur donner tous les bons exemples qu'ils peuvent attendi"e de vous ; vous prierez fidèlement, et en vous voyant vous agenouiller le matin et le soir, devant notre Père du ciel, ils seront fidèles, eux aussi, à dire leurs prières; vous sanctifierez leilinianche,ceserapour vous un bonheur d'assister à la Messe, et vos enfants seront fidèles à vous y accompagner... Conserver en eux les fruits de la première communion,ce sera pom' vous un devoir sacré...
Écoutez en terminant une comparaison, une histoii'e... On raconte qu'un roi, qu'un prince puissant, avait un fils qu'il aimait tendrement. Obligé de partir pour des provinces lointaines, et ne pouvant emmener cet enfant, encore trop jeune, il le confia à un de ses amis : « Je vous remets, lui dit-il, ce que j'ai de plus cher ; veillez sur mon enfant, gardez-le soigneusement ; vous savez que j'ai de nombreux ennemis, ils chercheront à s'en emparer, à le faire périr. Déjouez lem's embûches, démêlez leurs pièges, écartez de lui les dangers, vous m'en répondrez. C'est à votre fidélité que je le confie.» Il dit, et part pour ces contrées éloignées. Mais, ô noircem", ô perfidie ! Cet ami, auquel ce prince avait confié ce qu'il avait de plus chc, était un misérable traitre, qui livra siu'-le-champ l'enfant confié à ses soins, commis à sa fidélité, qui le livra, dis-je, aux plus cruels ennemis de son prince. Ces ennemis s'en emparent avec une sorte de rage, ils l'humilient, ils l'avilissent et le font cruellement mourir... Quelle infamie! Qu'il fut coupable, le perfide qui trahit ainsi la confiance de son roi!.. Quels châtiments ne méritait-il pas ! . . . Eh bien ! mes ù'ères , oh bien ! pères et
nièi'cs (jiii in'écoulez, ce roi, co prince ; c'est mou Sauveur, c'est Jésus-Christ; ne pouvant veiller tous les jours, d'une manière visible, sur votre enfant, voici qu'il va ce soir le remettre entre vos mains, le contier à votre amour, comme un dépôt sacré.... Oh! gardez-le bien, cet ami, cet entant bien-aimé du Sauvem' Jésus !... De nomlîreux ennemis le menacent; les mauvaises compagnies, les exemples pervers, les passions naissantes chercheront à l'avilir, à dévorer le meilleur de son âme, et à tuer dans son cœur l'innocence et la foi... Et vous, vous prêteriez les mains à une pai-eille lâcheté, vous livreriez vous-mêmes voti'e enfant à ses cruels ennemis !... Non, non jamais! ce serait une trahison trop noire, votre cœur se refuse à une pareille pertidie.... Vous serez donc iidèles, mes chers enfants, oui vous serez de bons et fervents chrétiens. Dieu vous le commande, vos parents le désirent, ils veulent vous soutenir et vous aider. Et vous-mêmes, n'est-ce pas en ce moment le vœu le plus ardent de vos cœm's?,.. Oui, c'est la grâce que tous vous demandez à Dieu. Oui, ce sont les sentiments qui vous animent. . . J'en prends à témoin votre piété, votre recueillement ; j'en prends à témoiu ce bonheur que vous avez goûté ce matin, cette joie si douce qui inonde vos cœurs ; j'eTi prends à témoin la démarche solennelle que vous allez fau'e.... Vous allez, la main sm' les saints Évangiles, là, près de ces fonts saci'és, où vous êtes devenus chrétiens, vous allez jurer haine à Satan, à ses œuvres et à ses pompes, amour éternel àJésus-Chi'ist..,. Ces promesses, faites autrefois en votre nom, vous allez vous-mêmes les renouveler, les ratifier sous les regards de vos parents, de vos amis qui vous entourent; sous les regards de vos parrains et marraines, et de toute cette pieuse assistance, qui vous contemple avec une religieuse émotion; vous allez les renouveler sous les regards
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de vos anges gardiens, qui recueilleront vos serments.,.. , Allez donc, heureux enfants; oui, allez dans toute l'ardeur de votre foi, dans la ferveur de votre amour, jurer haine au démon, amour, attachement inviolable à Jésus-Christ, Promesses saintes et solennelles, puissiez-vous y être toujours fidèles, c'est la grâce que nous demandons pour vous, au nom du Père, etc.
AlXSl SOIT-IL.
Observation. Si l'on ne trouvait pas l'instruction précédente assez longue, et qu'on désirât terminer par un retour sur les auditeurs, on pourrait modifier ainsi la péroraison.
...Vous allez les renouveler, (ces promesses), sous les regards de vos anges gardiens, qui les recueilleront et les transcriront dans le ciel. Puissent ces promesses être fidèlement gardées, et ces serments être sans repcnth" !...
Et maintenant, mes frères, une dernière réflexion et je termine. Nous lisons dans l'histoire, ffue plus d'une fois, lorsque deux armées étaient en présence, avant de livrer le combat, le général, pour raviver l'ardeur de ses soldats, pom* mieux s'assurer de leur dévouement et de leur fidélité, les faisait renouveler leurs serments. Un autel est dressé au milieu du camp, on y dépose l'étendard de la patrie, une immense ceinture de guerriers l'environne ; chaque soldat s'avance, et la main levée sur ce signe sacré de l'honneur national, il jure de mourir plutôt que de l'abandonner jamais. Serment solennel prêté devant ses compagnons d'armes, honte à lui s'il venait à l'oublier... honte h lui si trop lâche au moment du combat, fuyant la mêlée, il jetait ses armes, désertait son drapeau... Oui. honte à lui, la loi le punirait de mort!.,. Eh bien, chers frères, nous aussi, avant
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de commencer les luttes sérieuses de la vie, au jom' de notre prenùère communion, nous avons prêté, un serment. . . Comme ces enfants, la droite étendue sur les fonts sacrés du Baptême, nous avons juré haine au démon, fidélité à Jésus-Christ... Nous avons promis de suivre le drapeau du chrétien, de ne l'abandonner jamais!,.. Au moment du combat, nous sommes-nous toujoiu's souvenu de nos promesses?... X'avonsnous jamais violé notre serment?... Avons -nous suivi constamment le chef <pie nous avions juré de suivre?... Pensons-y, frères bien-aimés, et dans ce jour, dans cette belle céréiuonie ijui nous rappelle à tous des engagements sacrés, renouvelons du fond du cœur la promesse d'être à Jésus-Christ. Oui, soyons à Jésus-Christ, au Dieu de notre première communion, au sauveur de nos âmes : soyons à lui à la vie, h la mort ; soyons à lui dans le temps et dans l'éternité...
Cette instruction, devant être dite aux Vêpres, est beaucoup i^lus longue (pie celle de la Messe, et dépasse au moins du double la longueur du prune habituel, qui doit l'arement durer plus de vingt minutes, et même le plus souvent rester en-deçà. Mon intention était d'abord de donner deux desseins d'homélies; mais toute réllexion faite, j'ai jugé plus utile d'insérer l'instruction qui précède, et l'allocution qui va suivre. levais eu donner la raison.
Albei't, respectable curé, instruisant aussi peu ses paroissiens cpi'il les attendrit souvent, en leur parlant chaque mois « de son dévouement, de sa place marquée au cimetière, à côté de leurs pères et mères, ces bons vieillards qui...» Bref, Albert faisait des preniières conununions ; désireux de l'entendre, je me rendis à la cérémo)iie du soir; le discours, comme je
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l'avais prévu, roula sur lui-même, « sur le soin, sur les fatigues qu'il avait eues, pour i>réparer ces chers enfants ; ils le rencontreraient un jour sur le chemin de la vie, et s'ils étaient infidèles, ils pourraient se dire, les ingrats ! voilà un prêtre qui m'a beaucoup aimé, voilà un prêtre dont j'ai désolé le cœur, etc. » Ressassée pendant trois quarts d'heure, et roucoidée d'un ton .^emi-hirmoyoïit , telle fut l'unique pensée dn discoixrs d'Albert '. Pourtant Jésus-Christ, qui s'était donné le matin à ces mêmes enfants, méritait bien, ce me semble, qu'on parlât quoique peu de lui... J'ai été, pour ma part, au moins cinq fois auditeur de pareilles niaiseries, dans des circonstances semblables... Jugeant de telles idées endémiques à cette belle cérémonie, j'ai voulu, mes jeunes amis, vous prémunir contre elles. Voilà pour une.
Passons à l'autre: voyageant assez loin de... Buénos-Ayres, je me trouvais un matin dans une église où allait se célébrer un mariage. Un brave curé, oncle du futur, devait naturellement prononcer l'allocution; avide de m'instruire, je restai pour l'entendre. Graiid Dieu ! ce souvenir m'agace encore... Eloge du curé lui-même et de toute sa famille, en remontant jusqu'à la quatrième génération; item au sujet de la famille de lajeunc fille!... Et cependant, outre certains autres accrocs, assez visibles, dans la tunique d'honorabilité don) il enveloppait les deux familles, nous savions (pic l'une avait son membre le plus important en pénilence quelque part, et pas pour les péchés d'autrui; nous savions aussi que le père
' Toutes les anecdotes racontées dans cet opuscule sont vraies quant au fond souleniont. Pour dépayser le loclcur et pour éviter toule personnalité, je clinnjfe les circonstances. Est-ce moi, estce un autre qui a été témoin ik; ce que je raconte, peu importe ; il surfit que les faits soient vrais. Peut-être suis-jc moi-môme Albert, Léonard, etc.
'lo la jeune épousée était mort trois mois auparavant, eu loftisant publit^uement les sacrements!... Des devoirs contraclés par le mariage, ilu sacrement lui-mr-me pas immot, pas un seul mot... C'est encore, comme préser\'atif contre des tendances trop communes, fpiand on marie ses neveux, ses nièces... ou des autres, que j'ai donné l'allocution suivante.
Ai.i.ocrTiON pofn r\ mariage.